Note de lecture de Yannick Prost

Réda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens, Le Pommier, 2017. Note de lecture de Yannick Prost, « Nouveautés », Revue internationale et stratégique, 2018/2 (N° 110), p. 179-190. URL : https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2018-2-page-179.htm

 

L’entreprise hardie de Reda Benkirane contribue à démontrer la possibilité d’un islam moderne qui démentirait les accusations de son immobilisme forcé par une théologie antirationnelle et autoritaire, et qui invaliderait la lecture normative et simplificatrice du texte sacré. La thèse de cet ouvrage savant repose sur le principe que le Coran n’est pas une loi réalisant un programme, mais une « guidance pour réaliser un projet » (p. 18) humain et spirituellement inspiré. La reconquête du sens passe donc par le basculement de la lecture.

En premier lieu, cette normalisation desséchante est un processus historique. L’enfermement dans une exégèse obligatoire et figée a provoqué, dans le monde musulman, un manque de repères aggravant la crise d’identité et la perte de sens face à une modernité occidentale triomphante. La tentative salafiste originelle, qui pointe à la fin du XIXe siècle pour renouveler la spiritualité musulmane, s’achève dans une « théologie de marché » qui privilégie l’expression d’une religion matérialiste et formaliste, simplifiée et écrasant les subtilités et le caractère équivoque de la révélation au profit d’un dogme propre à lutter contre l’anxiété de la perte de repères. Ainsi, le fondamentalisme salafiste débouche sur une sécularisation paradoxale, en réduisant la religion essentiellement à un projet politique s’exprimant d’abord par quelques rites sommaires, et rendant l’islam incapable de « percevoir, en tant que saisie globale et immédiate, la réalité complexe et multidimensionnelle de notre temps » (p. 137).

La deuxième partie de l’ouvrage offre des développements ardus qui cherchent à montrer la difficulté, pour l’islam, de saisir la complexité des sciences exactes, tout en montrant les atouts de cette pensée dans le changement de paradigme actuel les concernant. « L’Islam de sortie » doit « réinstaurer la primauté de l’esprit dans la production de sens au sein du plus grand nombre » (p. 137).

C’est par une prise de conscience de la nature de la révélation coranique (troisième partie) que celle-ci peut advenir. Loin d’être un programme délivré une bonne fois pour toutes dans un texte univoque, la révélation faite à Mahomet est une « révélation intermittente » (Jacques Berque), délivrée par flux discontinus et de manière désordonnée, produisant en définitive un livre d’une grande complexité, aux niveaux de compréhension multiples : « rien dans le Coran ne procède d’une unité thématique ou temporelle, d’une chronologie linéaire, d’une marche unilinéaire » (p. 327). Ainsi, contrairement aux détracteurs de l’islam, celui-ci nécessite un engagement intellectuel exigeant qui ne saurait s’arrêter au texte apparent, à tel point qu’un penseur comme Averroès considérait qu’il n’était pas possible de faire accéder certains niveaux de compréhension à la masse, et que seuls certains esprits pouvaient parvenir à cette science. Or, la grande force du salafisme postmoderne est de faire croire que tout le monde peut devenir un docteur de la foi et accéder au savoir. Défiguré par le milieu sociologique et historique dans lequel il a été plongé, l’islam est soupçonné d’être le terreau de régimes autoritaires, de sociétés patriarcales obsédées par la généalogie, la communauté et la séparation du pur et de l’impur. Il n’en est rien, assure l’auteur, et il faut désormais œuvrer pour que la pensée islamique soit une force d’innovation en prise avec son temps.

Revue de livre par Sylvie Taussig

Taussig Sylvie, « Reda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens. Paris, Éditions le Pommier, 2017, 512 p. », Archives de sciences sociales des religions, 2018/4 (n° 184), p. 193-196. URL : https://www.cairn.info/revue-archives-de-sciences-sociales-des-religions-2018-4-page-193.htm

 

C’est un défi de rendre compte de cet essai stimulant, du fait de sa langue inspirée, de sa profusion qui demande une agilité intellectuelle et la maîtrise de nombreux domaines – chacune de ses trois parties explore des univers différents – et, il faut le dire, de ses formulations parfois contournées. Pour autant, il faut estimer que le sujet – la complexité – implique un travail radical sur le langage, au risque d’une certaine opacité.

Les trois parties se répondent et instaurent une hétérogénéité dynamique et créatrice du point de vue du lieu du savoir où elles se placent. Reda Benkirane instruit une critique serrée de certaines interprétations actuelles de l’islam (à savoir les fondamentalistes salafistes et l’islam politique des Frères musulmans, mais il n’épargne pas les soufis marqués eux aussi par les caractéristiques de la raison religieuse dominante) ; pour lui, les crispations actuelles de l’islam sont précisément le signe de la sortie de l’islam. « Une histoire comparée des religions montre que la modernisation sociale peut passer par cette étape de crispation des croyances autour d’un socle originaire émergeant comme un effet-retour de l’alphabétisation de masse. De ce point de vue, la phase fondamentaliste apparaît comme la signature de la sortie de l’islam (en ce qu’elle essentialise l’accessoire et accessoirise l’essentiel) » (p. 82) – c’est un exemple entre cent de cette figure de style récurrente à la limite du jeu de mots, voire parfois à la limite de l’intelligibilité ; ces jeux de mots renvoient cependant à la permutation mathématique et à la logique, et se situent donc aux antipodes de l’usage propre aux traditionalistes et gens de la gnose. La seconde partie est la plus difficile à définir en une phrase : il s’agit de montrer que la pensée musulmane est plus en phase avec la pensée scientifique moderne, non pas dans un sens concordiste, mais à un niveau philosophique radical. La troisième partie, entendue comme une nouvelle exégèse du Coran, développe les apports de trois penseurs contemporains qui s’inscrivent dans cette démarche.

La thèse est que l’expérience de la rationalité chez les musulmans, c’est celle du mutazilisme, une expérience qui « n’a pas d’avenir et ne peut être rejouée », car elle a apporté son lot de massacres et de répression contre tous ceux qui n’y adhéraient pas. L’ambition de l’auteur est d’inventer une pensée religieuse qui ne soit pas celle de la Salafiya, tournée vers le passé (et disqualifiée d’avance), mais une rationalité qui puise dans le véritable don de l’islam à l’humanité, qu’il va tâcher de définir. Cette démarche est inversée par rapport à celle des fondamentalistes ou salafistes : eux regardent vers un passé figé, lui regarde vers l’avenir, un avenir pour tous – et tout est dans le Coran. La première partie, celle qui demande le moins de connaissances (l’auteur critique fortement au passage les universitaires actuels et prétendus experts de l’islam, qui, selon l’auteur, ne savent rien, à la différence de son maître Jacques Berque ; et il regrette l’orientalisme qui, contrairement à l’islamologie de ces trois dernières décennies, à son traitement réductionniste, politiste, de la réalité, apportait au moins des connaissances), retrace par une histoire bien documentée ailleurs, avec des descriptions et analyses qui se démarquent peu, ce que sont le salafisme et les Frères musulmans, leurs origines, leurs développements divers et variés et leur positionnement théologique et dogmatique. L’auteur énonce ce que ces fondamentalistes font de mal, poursuivant une foi et une religion qui n’a rien à voir avec la puissance spirituelle de l’islam. Fondamentalismes qui s’accommodent bien d’ailleurs du système capitaliste (il en faut pour preuve les malls de l’Arabie saoudite et des Ben Laden – il faut noter que l’ensemble du livre concerne le monde islamique « d’origine » et non pas les musulmans européens). Bref, c’est un islam désacralisé comme le démontre le Mecca Cola, qui est pour notre auteur le comble de la vulgarité, voire même désislamisé (par exemple, pour accueillir commercialement les pèlerins à la Mecque, on a détruit la maison de naissance de Mahomet). On met la piété à la place de l’anxiété, et pour l’auteur ainsi iront les choses tant que ne changera pas la structure de la famille arabe (ici il lit Todd, comme avant il a lu Marx et plus loin lira Deleuze). « Vue de près, la phase actuelle ressemble fort à un retour spectaculaire du religieux ; sur le long terme, c’est une sortie de l’islam menée en son nom qui est en train d’advenir sous nos yeux. Car lorsque les hommes sacralisent tout et son contraire, plus rien ne l’est finalement. Comme si vulgariser l’islam, pour mieux le vendre au plus grand nombre via (télé)prédicateurs et autres entrepreneurs de biens de salut, imposait également d’islamiser la vulgarité. Et cette sécrétion sociale de la vulgarité affleure partout là où il y a commerce et marchandisation » (p. 76). Après la Salafiya, on passe à l’islam politique – encore un jeu de mot : « depuis que s’est propagée cette publicité que “l’islam est la solution”, il s’avère que l’islam est devenu un problème » – et l’auteur décrit comme une novlangue les opérations sémantiques des islamistes. Il approuve cependant la dimension citoyenne et démocratique de ce mouvement. Encore des réflexions intéressantes sur la guerre (qui épargne les soldats et tue les civils) malgré la formule récurrente « le fanatisme des robots et de l’autre le robotisme des fanatiques » (p. 97) et sur la déshumanisation du djihad et du chahid (martyr) complètement sortis de leur signification primitive. Mais le réductionnisme est en miroir : « Sur le plan du rapport à la connaissance, on peut mettre en évidence un réductionnisme du regard chez celui qui observe et étudie une société donnée. Cela est particulièrement flagrant dans la transformation des études d’islamologie au cours de ces trois dernières décennies. Nous nous retrouvons ainsi face à un réductionnisme triomphant, né du jeu de miroir entre d’un côté l’islamisme et de l’autre l’islamologie » (p. 102). Il est temps de voir comment pourrait émerger une raison islamique éclairée, toujours en quête de science et nourrie de la rencontre avec la rationalité des nouvelles sciences.

La seconde partie, « Quête de science » venant après le diagnostic de la première partie du livre, « Quête de sens », comme le passage d’une crise identitaire à une voie permettant d’explorer le monde, est assez ardue : finalement elle propose de définir ce que peut être une raison islamique pour ce siècle, qui ne soit pas la raison occidentale dénoncée comme réductionniste et comme n’ayant pas pris le tournant de la science (en dehors de Deleuze et quelques autres, la pensée philosophique ne pense pas les mathématiques modernes, l’incertitude, etc.). Benkirane propose une sorte de rationalité mystique de l’islam avec tout un éclairage sur mathématique et islam – en commençant par l’exemple très concret de l’architecture et de la calligraphie. Dans sa construction, l’auteur propose une très captivante monographie de Mohammed Iqbal, pour montrer les liens entre philosophie, science et poésie. L’idée est que le poète et philosophe pakistanais (et R. Benkirane a cofondé un atelier de recherche qui porte son nom) a bien compris ce qui s’est noué au tout début de l’islam. « Aucune religion, aucune civilisation n’a eu de relations plus symbiotiques avec le monde du savoir et des sciences qui lui était contemporain que l’islam » (p. 118). Une rationalité religieuse est nécessaire, parce qu’elle est biologique (puisque la nécessité de croire est en l’homme biologique : « Il y a indubitablement une “croyance flottante” dans le religieux qui correspond à une réalité biologique de l’humain », p. 207) et surtout parce que la science moderne est incapable de se comprendre dans le seul cadre de la science. La philosophie et la poésie peuvent permettre de retisser la continuité nécessaire (et rompue) entre science et religion. Et la rationalité islamique (c’est-à-dire la théologie musulmane non enkystée dans le salafisme) est appelée à le faire à cause de ses spécificités, difficiles à saisir par l’esprit grec étant donné la nature « anti-classique » du Coran. L’auteur critique cependant Iqbal pour n’avoir pas vu que les musulmans ont manqué l’aspect empirique des Grecs le plus immédiat, celui du rapport au pouvoir, de la démocratie, du citoyen debout s’exprimant au milieu de l’agora, alors que, pour le reste, la pensée musulmane s’est nourrie de pensée grecque. Pour l’auteur l’explication est anthropologique. Le pouvoir a eu raison de l’esprit du Coran : « La pensée islamique de la réforme ne cesse d’orbiter autour de la question du politique et de l’autorité ; une question au sujet de laquelle la rencontre helléno-arabe n’a pas eu lieu et pour laquelle Iqbal reste, sur un plan pratique et empirique, de peu d’utilité vis-à-vis de notre projet de reconstruction. Nul ne peut ignorer combien la monarchie (à travers le califat, l’imamat, le sultanat, l’émirat) a pris possession du système sociopolitique en islam » (p. 145). Pour Iqbal, « on a beau se connecter avec les sciences de pointe et les philosophies les plus subtiles de notre temps, rien ne changera en termes de rationalité si la question du rapport au pouvoir et à l’autorité n’est pas traitée » (ibid.). Pour l’auteur, c’est surtout que la raison islamique est loin des concepts grecs. Mais c’est vers cette abstraction et idéalité que se sont tournés les salafistes, pour qui le Coran est devenu une idée mythifiée. On est tombé dans la fixité, au lieu de prendre en compte la création continue du monde, qui est l’esprit de l’islam dans le mot « tawhid » unité, qui ne veut pas dire unité fixe, mais marche vers l’unité. L’échec de la rencontre avec la pensée grecque a permis le développement de la pensée islamique autour du mouvant. Ensuite, en quittant Iqbal, on pénètre dans des passages ardus : mathématiques et mystiques ; dimension transcendantale des mathématiques (leur nature platonicienne permet à l’auteur de traiter pareillement la question de la nature incréée du Coran), explorée dans un fascinant luxe de détails et d’insights : il s’agit de développer une philosophie pour les non euclidiens que nous sommes devenus, car la géométrie classique a montré son incapacité à intégrer la connaissance perceptuelle. Benkirane propose un riche développement sur la calligraphie, l’architecture, et surtout sur la Qabaa (dans des passages mathématico-mystiques). Le tawhid est ce qui peut articuler les nouveaux paradigmes sur l’incertitude, l’incomplétude, l’inconnaissable avec les relations qu’entretiennent entre elles cultures, civilisations et religions. Comme le fait entendre le terme de maktoub, Dieu, malgré ce qu’en a dit Einstein, joue aux dés. Conjuguant monadologie et coranologie, il invente ce beau néologisme, la « magnifiscience » (p. 265).

Dans la troisième partie, l’auteur montre que le Coran par sa construction même, ses modes rhétoriques, sa polysémie sémantique qui allie les contraires, etc., n’est pas un « Livre-Stock » mais essentiellement une parole vive et un flux constant de signes. Il ne faut plus y chercher des significations préexistantes mais faire advenir des sens jaillissant par leur mise en acte. « Rien dans le Coran ne procède d’une unité thématique ou temporelle, d’une chronologie linéaire, d’une marche unidirectionnelle. Sous la poussée vertébrale du leitmotiv affirmant la toute-puissance et miséricorde de Dieu, les versets affleurent sans prévenir et fusent incontestablement dans tous les sens. Plutôt que d’en chercher la signification, c’est-à-dire des déterminismes ramenés au Commandement, nous posons la question privilégiée par le philosophe Gilles Deleuze : “Comment cela fonctionne ?” » (p. 327). Il propose aussi une histoire de Mahomet, telle que la « descente par étoilement » du Coran ressemble à une « percolation » au sens scientifique du terme (et il veut que cela ne soit pas une métaphore, p. 302) ; ainsi qu’une histoire de l’oralité et de la mise par écrit du texte à la lumière de la théorie de l’information (au fond, dit-il, les recherches modernes, en dépit de leurs affirmations hautaines, ne font que confirmer la relative fiabilité des moyens de transcription dont a usé la tradition islamique – et nul n’a jamais affirmé la sacralité du texte écrit, mais du texte oral). Dans la dernière partie du livre, il va même reprendre l’hypothèse sous-entendue par certains orientalistes et islamologues, « sceptiques » et « révisionnistes », que Mahomet aurait une « psyché névrosée » ou une « psyché de la déviance » ; il explore avec Iqbal cette hypothèse d’un « psychopathe » (par opposition aux salafistes qui seraient des paranoïaques) : « Nous sommes en présence d’un régime discursif erratique émanant d’un schizoïde “délirant le monde” selon l’expression consacrée par le philosophe Gilles Deleuze et le psychanalyste Félix Guattari. Mais la question demeure : comment un psychopathe – selon le terme utilisé par Mohammed Iqbal – jusque-là modeste, discret et en retrait, a-t-il pu imposer une raison religieuse, sa voie et sa loi sans même être le roi-despote que ses disciples auront vite fait d’introduire à la tête de l’État arabe dont il fut tout de même à l’origine ? […] Le questionnement de Iqbal rejoint d’une certaine manière les affirmations de Deleuze et Guattari sur le fait que dans la scène psychique le délire n’est pas familial (œdipien) mais mondial (racial, civilisationnel). […] Iqbal comme Deleuze et Guattari sublime ainsi la psychopathologie pour ce qu’elle fait émerger des soubassements créatifs et régénératifs de l’ordre social et de l’imaginaire collectif » (p. 384 sq.). Les paranoïaques ce sont les experts et les religieux. L’auteur va présenter trois penseurs majeurs ayant proposé un travail critique sur les raisons islamique, arabe et coranique : Mohammed Arkoun, Mohammed Abed Al-Jabri, Muhammad Shahrour, avant d’annoncer la couleur de la fin : « Que nul n’entre ici s’il n’est pas POÈTE. » Le Coran est rhizomique et suit une logique de la sensation, vibratile, celle de l’oralité, qui entre en contraste avec la rationalité grecque : « Grammaire systématique et logique vibratile des racines ». Telles sont les deux transcendances du Coran. Il y a des choses très belles sur la grammaire arabe, les spécificités de l’alphabet consonantique ainsi que l’architecture sémantique des langues sémitiques (immortalité et sacralité des significations contenues dans les racines verbales).

Le chapitre final expose comme en apothéose un jeu sur les mots – « De l’intellection fragile à la raison agile » – qui, pour être virtuose, n’a rien ici de pompeux : c’est bien la non linéarité du Coran qui est en jeu, sa complexité fondamentale. La position de l’auteur est de s’insurger radicalement contre les courants actuels qui constituent une dogmatique de l’islam. Sur le désenchantement, le réductionnisme, le matérialisme, il est très convaincant. Il est très convaincant aussi sur la façon dont il ouvre les concepts islamiques et les fait vivre dans une philosophie des sciences repensées. L’auteur écrit avec fièvre, notamment dans la critique de ce qui se trame de nos jours, où « la profondeur évoque les nappes en sous-sol, la géologie, les énergies fossiles et toute la géopolitique qui en découle. Pétrole et Amérique, sous-sol et puritanisme. Nous disions qu’au tout début de cette histoire la révélation coranique descendait du plan céleste par un système de percolation. Aujourd’hui, depuis ces juteux sous-sols, ces nappes de bitume remontent en surface pareillement par percolation : elles entachent toute l’étendue et l’horizon. Cette pollution majeure sur le monde vaut peut-être son “pesant d’or” mais elle donne à voir comment l’hypocrisie s’origine toujours dans la profondeur, les fondations : elle est essentiellement un métabolisme dysfonctionnel du sous-sol. L’hypocrisie accentue donc le hiatus [sic] entre l’énonciation théologique et ses effectuations mentales et comportementales, entre juridiction religieuse et pratique, entraînant une décohérence du réel » (p. 447-448). Cette verve, valant juxtaposition d’analyses rigoureuses, intensément suggestives, et de propositions envolées, lâches ou lâchées, constitue une sorte d’obstacle à la lecture – comme pensée ésotérique – tout en faisant l’unité du livre, qui travaille le langage et veut l’union spirituelle avec la poésie et, par-là, renoue avec un dogmatisme paradoxal, fort différent de celui des acteurs théologico-politiques qu’il combat.

 

Radicalisation et violence au Sahel. Approche sociologique

Conférence donnée au Club 44, La Chaux-de-Fonds, 4 juin 2019

Comment la radicalisation et la violence sont-elles perçues par les populations du Sahel qui y sont confrontées ? Dans le cadre d’une étude menée en 2015-2016 par le Centre HD pour le dialogue humanitaire (Genève) pour le compte des Nations Unies, une enquête de terrain sans précédent a été menée dans huit pays du Sahel. Près d’une centaine de personnes ont été mobilisées pour recueillir les témoignages d’environ 800 habitants. À travers leurs récits de vie, leurs perceptions, les mots qu’ils utilisent et les faits relevés, ils nous proposent une autre vision que les récits consacrés que l’on déroule habituellement sur ces thèmes. Le concepteur et directeur de cette enquête exposera les principaux résultats, les observations clés qui nous permettent de mieux comprendre les enjeux de cette vaste zone soumise à une forte expansion démographique.

Réda Benkirane, sociologue, consultant international à Genève, est l’auteur de Islam, à la reconquête du sens (Le Pommier, 2017), Démographie et géopolitique. Étude critique des travaux d’Emmanuel Todd (Hermann, 2015), La Complexité, vertiges et promesses. Dix-huit histoires de sciences (Le Pommier, 2013) et Le Désarroi identitaire. Jeunesse, islamité et arabité contemporaines (Cerf, 2004).

 

Sortie de la violence: approche comparative des bonnes pratiques – prévention et réinsertion

Colloque international Violence et sortie de la violence en Afrique méditerranéenne et subsaharienne, FMSH – UIR (Chaire CSFR),
Université internationale de Rabat, 18 avril 2019

Panel 6. Approche comparative des bonnes pratiques – prévention et réinsertion

Modération : Reda Benkirane, Sociologue, Institut de hautes études internationales et dudéveloppement – Suisse

  • Laila Fathi, Spécialiste Research, Monitoring and Evaluation a Search For Common Ground – Maroc
  • Djibrilo Koné, Acteur de terrain Touareg – Mali
  • Claude Mbowou, Politiste, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – France
  • Khalid Rhazzali, Sociologue, Université de Padoue – Italie
  • Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute-African : Center for Peace Studies -Sénégal
  • Ndèye Sagar Tall, Présidente d’Entente féminine des Sicap – Sénégal

Femmes, libertés et droits en islam

Femmes, libertés et droits en islam
Colloque international organisé à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon,
site Descartes, salle D2 128, 28-29 mars 2019
Organisateurs: Makram Abbès et Réda Benkirane

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Argumentaire

Organisée par le laboratoire Triangle/ENS Lyon, et la Fondation Orient Mont Pèlerin de Genève (atelier de recherche Iqbal, https://iqbal.hypotheses.org/), la rencontre internationale « Femmes, libertés et droits en Islam» ambitionne de traiter un sujet d’une actualité toujours renouvelée, qui se fait pleinement l’écho des interactions entre religion et société, droit et politique, herméneutique des textes sacrés et valeurs humaines. La question revient de manière lancinante sur le plan sociopolitique, et, au-delà de son traitement médiatique, il y a une réelle demande de connaissances fondamentales et élaborées sur la question du statut de la femme en Islam en ce début du XXIe siècle. La condition de la femme fournit en effet un indice précis de la situation d’une société donnée. Partout dans le monde, les données démographiques et économiques, les indices de développement humain et culturel montrent que là où la condition féminine s’améliore, elle contribue également et quasi mécaniquement à la promotion de la société dans son ensemble.

Autour de la citoyenneté et des travaux les plus récents sur la thématique du genre, le colloque croisera réflexions théoriques et comptes rendus des évolutions en cours dans plusieurs sociétés du monde islamique. L’effort théorique durant ce colloque consistera à analyser la nature et l’ampleur des relations entre prescriptions et proscriptions de nature religieuse et réalités sociologiques contemporaines. A partir de là, les participants identifieront les expériences de redéfinition du statut féminin et de lutte contre l’oppression de genre. L’accent sera mis sur les débats religieux contemporains autour de cette question ainsi que sur le rôle de la religion dans cette lutte pour la libération et la citoyenneté des femmes.

Le fait de consacrer toute une rencontre à la thématique proposée permettra de produire des exposés et des échanges à caractère scientifique sur un sujet généralement mal appréhendé ou traité de manière trop souvent démagogique. Ce serait aussi l’occasion d’avoir la maîtrise, au sein de la scène académique française et européenne, de la réflexion critique et informée sur la question du genre en Islam et de révéler au public les travaux récents de nombreux chercheurs et chercheuses du monde islamique. Dans ce cadre, il s’agit de montrer que ce sujet n’est pas une considération spécifiquement occidentale ou européo-centrée, mais bien un souci des hommes et des femmes engagés à l’université ou au sein du monde associatif à travers différentes expériences et dans divers pays dans lesquels se posent les questions du changement au niveau des droits humains, des positions sociales et politiques, voire des représentations et mentalités liées aux femmes.

Aborder adéquatement le sujet suppose au préalable d’éviter un double écueil. D’une part, dès que la question de la femme est posée, on se trouve immédiatement confronté à un réflexe apologétique qui cherche systématiquement à montrer l’aspect innovateur, prévoyant et protecteur des prescriptions juridico-religieuses énoncées au VIIe siècle. Face au retard social en matière de droit et d’égalité des genres, plutôt que d’invoquer le relativisme culturel, cette approche mettra en évidence le fait que le Coran, ses exégètes et les spécialistes du droit (fuqahâ’) étaient toujours en avance sur le temps historique. Or, ce discours ne fait que ressasser une littérature conservatrice, et fait l’impasse sur les changements historiques ayant affecté les différentes sociétés qui, finalement, n’ont plus grand-chose à voir avec celles de l’Arabie du VIIe siècle. L’autre écueil, affleurant tout aussi immédiatement, réside dans la critique occidentale systématique d’un droit jugé archaïque, désuet et inapte à évoluer.

Cette dernière critique montre que les sociétés socialement les plus avancées tendent à refouler le fait que l’émancipation féminine est chez elles toute récente (droit de vote, mixité du travail, interruption volontaire de grossesse). Réfléchir sur la question de la femme arabe ou musulmane, ses libertés et ses droits au XXIe siècle impose donc de cheminer le long d’une crête difficile pour éviter ces deux écueils. C’est cette voie, pratiquée par un certain nombre de chercheurs, d’auteurs et d’observateurs participants, qu’il s’agit d’emprunter au cours de ce colloque international.

S’il est actuellement admis que la réalité sociologique n’a plus rien de comparable avec la situation ayant prévalu dans l’Antiquité tardive ou au début du Moyen-Âge, le recours à une tradition sacralisée ou considérée comme telle exerce en revanche une influence prononcée au sein des sociétés contemporaines. Se ressourcer dans le passé est une caractéristique de plusieurs discours construits à propos de la réforme en Islam, mais c’est aussi une posture rhétorique postmoderne : son efficacité est d’œuvrer à une mytho-genèse reconstructive de l’identité par le souci de revenir à une pratique scrupuleuse et rigoureuse pour imiter les « pieux ancêtres » (c’est-à-dire les toutes premières générations de musulmans). Pour aller au-delà de cette reconstitution identitaire, et ne pas être prisonnier de modes de pensée ou d’arguments d’un autre âge, les intervenants tenteront de traiter d’un certain nombre de questions qui sont au cœur de la citoyenneté contemporaine. Plutôt que de considérer les textes religieux comme des écrits immuables en matière de production de normes juridiques et sociales, il s’agira d’envisager la manière de les lire ou de les faire évoluer sur des aspects liés à l’égalité devant la loi civile, à la vie civique, aux spécificités culturelles des nations ainsi qu’aux changements d’époque.

Alliant l’approche de textes très anciens et d’autres relevant de l’extrême contemporain, les interventions ne sont pas seulement théoriques mais contiennent aussi des études de cas qui mettent l’accent sur les réalités historiques et les situations concrètes révélatrices d’émancipation et de libération observées dans différents pays, du Sénégal à l’Inde. Tout récemment, deux États nous rappellent les conséquences pratiques de ces questionnements. En Tunisie par exemple, un débat vient d’être lancé à l’initiative du chef de l’État pour appliquer dans le domaine de l’héritage un principe inscrit dans la Constitution, et qui est l’égalité des droits et devoirs entre hommes et femmes. Rappelons que dans le droit musulman traditionnel, il est question d’une inégalité juridique qui attribue à l’homme le double de la part de la femme en matière d’héritage. La même démarche a conduit à initier une réflexion sur la dépénalisation du mariage de la femme tunisienne avec un non musulman, point que le conseil européen des oulémas vient de contester en se positionnant pour le maintien du consensus des clercs établi depuis plusieurs siècles. De même, en Inde, le parlement a interdit en août 2017 la pratique dite du triple talaq, forme de divorce irrévocable pratiqué par l’homme. Cette coutume a occasionné des répudiations immédiates ayant exposé les femmes musulmanes indiennes à diverses formes d’arbitraire et de discrimination. Le changement législatif montre la présence d’un combat pour la défense des droits des femmes, et de la lutte contre les différentes formes d’injustice et de précarisation.

Axes du colloque

I. Sociologie du genre et féminisme islamique

Héritiers de la pensée postcoloniale dont il se réclame fortement, le féminisme islamique a développé de nombreuses pistes de réflexion sur la manière d’être moderne, sans forcément reproduire l’image que l’Occident voulait donner du statut de la femme musulmane à l’époque coloniale et au-delà. Ce refus des savoirs hégémoniques ayant une certaine prétention à une normativité universelle a produit de nombreux arguments en faveur de l’amélioration de la condition de la femme musulmane, principalement articulés autour de la question de sa liberté et sa dignité. Malgré leur diversité, les courants du féminisme islamique sont toutefois tombés à plusieurs reprises dans les discours relativistes, justifiant ainsi des attitudes ou des conduites censées incarner une norme religieuse, alors qu’elles peuvent constituer une limitation des libertés et des droits. Comment donc envisager un discours qui ne soit pas enfermé dans les questions identitaires, et la constitution de nouvelles normes qui puissent véritablement incarner les valeurs de liberté et d’égalité dans les espaces dominés par les cultures de l’Islam.

II. Les femmes entre théologie, tradition et histoire

Cet axe est dédié aux énoncés coraniques et chariatiques portant sur la liberté individuelle et le statut de la femme. Certains chercheurs pensent en effet que l’islam a inauguré une nouvelle ère pour la femme, mais s’en tiennent aux transformations qui ont eu lieu il y a plusieurs siècles, tombant ainsi dans le double écueil de l’apologie et de l’anachronisme, alors que d’autres estiment que la religion en Islam fonctionne aujourd’hui comme une « antique servitude » (Spinoza) qui fait pâtir la femme, en particulier, d’un état de subordination sociale, juridique et politique. Tout en abordant ces aspects, cet axe explore aussi les nouvelles pistes herméneutiques permettant de comprendre autrement les énoncés du texte sacré ou d’en mieux contextualiser les enjeux. Si, par définition, la matière du droit change et s’étoffe au fil du temps, la question qui se pose en ce siècle d’explosion des connaissances, est de savoir si la charia est une « voie » ou une « loi » susceptible d’évolution dynamique.

III. Etudes de cas

Parler de la femme arabe ou musulmane en général peut être trompeur et induire en erreur, tant le statut des femmes diverge selon les pays et en fonction des traditions nationales ou régionales. Parfois, au sein d’un même pays, des oppositions entre ruralité et urbanité, centre et périphérie, sont plus pertinentes pour les sociologues car elles affectent beaucoup plus ces statuts que les simples généralités formulées à propos de la culture arabe ou celle de l’Islam. L’étude de cas est donc salutaire pour se prémunir contre les visions essentialistes, et voir concrètement de quelle manière la condition a pu évoluer ou régresser à l’époque contemporaine. Comment aujourd’hui les femmes subissent, assument ou transforment leur statut d’un pays à un autre, selon qu’elles vivent au Sénégal, en Mauritanie, au Maroc ou en Inde ? Telle est la question qui va guider les interventions insérées dans cet axe, et qui conduira à obtenir une image précise des évolutions décisives portées par les Etats et les citoyens concernés par de tels changements.


Programme

Première journée : 28 mars 2019

8h45 : Accueil des participants

9h : Allocutions d’ouverture:

Claude Gautier, Directeur du laboratoire Triangle (sous réserve)

Hassan Ghaziri, Président de la Fondation Orient Mont-Pèlerin (Genève)

9h10 : Introduction thématique: Réda Benkirane (atelier de recherche Iqbal, Genève), Féminiser la rationalité en islam

Matinée : Sociologie du genre et féminisme islamique Président de séance: Réda Benkirane

9h30 : Hélé Béji (écrivain, Collège international de Tunis), Tradition et liberté

11h : Hasna Hussein (Sociologue des médias et du genre, Centre Émile Durkheim, Bordeaux), Femmes, journalisme et rôles de genre dans le monde arabe

11h45 : Débat et pause déjeuner

Après-midi : Entre théologie, tradition et histoire Président de séance: Hassan Ghaziri

14h : Mouna Hachim (écrivain, Maroc), L’émancipation par la connaissance : femmes savantes à travers l’histoire

14h45 : Cyrille Moreno al Ajamî (théologien, docteur en littérature et langue arabes de l’université de Strasbourg), Le Coran est-il la source du sexisme en Islam ?

15h30 : Débat et pause café

16h : Bruno Nassim Aboudrar (professeur, université de Paris III – Sorbonne Nouvelle), Le voile s’expose : figures de femmes voilées dans l’art contemporain

16h45 : Makram Abbès (professeur, ENS Lyon), Le voile du point de vue de la philosophie des normes

17h30 Débat et clôture de la journée

Deuxième journée : 29 mars 2019

9h15 : Accueil des participants

Matinée : Etudes de cas Président de séance: Makram Abbès

9h30 : Asma Lamrabet (médecin et écrivain, Maroc), L’égalité hommes- femmes au Maroc: entre le référentiel religieux et l’impératif réformiste

10h15 : Sophie Bessis (historienne, chercheuse associée à l’IRIS), L’histoire du féminisme tunisien et le facteur religieux

11h : Chahla Chafiq (écrivain, Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, HCE), Politique, religieux et féminisme : que nous apprend l’expérience iranienne

11h45 : Débat et pause déjeuner

 

Après-midi : Etudes de cas

14h : Myriam Ababsa (chercheuse associée, IFPO, Amman), L’exclusion des femmes de l’héritage et de la propriété foncière en Jordanie : droit et normes sociales

14h45 : Iman Hajji (chercheuse associée au laboratoire Triangle (UMR 5206)), Khayriyya Ibn Ayâd et son livre La femme turque, sa vie sociale et le harem

15h30 : Débat et pause café

16h : Zakia Soman, (féministe, Inde) Le Mouvement des femmes musulmanes indiennes (Bharatiya Muslim Mahila Andolan, BMMA) – communication vidéo

17h15 Débat et clôture de la journée

 


 

Intervenant(e)s

1. Ababsa, Myriam, chercheuse associée à l’Institut Français du Proche Orient à Amman, travaille sur les questions de géographie sociale et d’impact des politiques publiques sur les développements régionaux et urbains de Jordanie et Syrie. Elle est l’auteur de Amman de pierre et de paix (Autrement, 2007), Raqqa, territoires et pratiques sociales d’une ville syrienne (Beyrouth Ifpo, 2009) et a dirigé Atlas of Jordan. History, Territories, Society (Beirut, Ifpo 2013), Cities, Urban Practices and Nation Building in Jordan (avec Rami Daher, Ifpo, 2011) et Housing and Urban Land Tenure in the Middle East (avec Baudouin Dupret et Eric Denis, University of Cairo Press, 2012). web : http://www.ifporient.org/myriam-ababsa/ / email : m.ababsa@ifporient.org

2. Abbès Makram, membre du laboratoire Triangle, ancien membre junior de l’Institut Universitaire de France (IUF, 2010-2015), est professeur d’études arabes à l’École Normale Supérieure de Lyon. Spécialiste de la philosophie arabe, il a consacré de nombreux travaux aux arts de gouverner, à la pensée de la guerre et au problème théologico-politique en Islam. Il est l’auteur de Islam et politique à l’âge classique (Presses universitaires de France, 2009), Trésors dévoilés : anthologie de l’islam spirituel, (Avec Leili Anvar, Seuil, 2009), il a introduit, traduit et commenté Al-Mawardi, De l’éthique du Prince et du gouvernement de l’Etat (Les Belles Lettres, 2015). web : http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article191 / email : makram.abbes@ens-lyon.fr

3. Aboudrar, Bruno-Nassim, écrivain et théoricien de l’art, enseigne à l’université de Paris III. Il est l’auteur de plusieurs livres dont les plus récents sont Comment le voile est devenu musulman (Flammarion, 2014), Qui veut la peau de Vénus ? : le destin scandaleux d’un chef-d’œuvre de Velázquez (Flammarion, 2016). web : http://www.univ-paris3.fr/aboudrar-bruno-nassim-29276.kjsp / email : bruno-nassim.aboudrar@sorbonne-nouvelle.fr

4. Béji, Hélé, écrivain, préside le Collège international de Tunis. Elle est l’auteur de plusieurs livres dont Le Désenchantement national, essai sur la décolonisation (Maspéro 1982), L’Imposture culturelle (Stock, 1997), Nous, décolonisés (Arléa, 2007) et Islam Pride. Derrière le voile (Gallimard, 2011). web : http://www.college-international.org/le-college-international-de-tunis.html / email : hele.beji@gmail.com

5. Benkirane, Réda, sociologue, docteur en philosophie de l’université de Lyon, dirige l’atelier de recherche Iqbal consacré à la pensée critique en islam. Il est l’auteur de Islam, à la reconquête du sens (Le Pommier, 2017), Démographie et géopolitique. Étude critique des travaux d’Emmanuel Todd (Hermann, 2015), La Complexité, vertiges et promesses. Dix-huit histoires de sciences (Le Pommier, 2013, 2006, 2002) et Le Désarroi identitaire. Jeunesse, islamité et arabité contemporaines (La Croisée des chemins, 2012, Cerf, 2004). web : j / email : matimi.anass@gmail.com

6. Bessis, Sophie, historienne et chercheuse associée à l’IRIS, est l’auteur de nombreux essais sur les rapports Nord-Sud, le Maghreb ainsi que sur la question féminine ; Les Arabes, les femmes, la liberté (Albin Michel,2007), La Double Impasse : l’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchand (La Découverte, 2014), Les Valeureuses : cinq Tunisiennes dans l’histoire (Tunis, Elyzad, 2017) et Histoire de la Tunisie de Carthage à nos jours (Tallandier, 2019). web : http://www.iris-france.org/chercheurs/sophie-bessis/ / email : sophie.bessis@orange.fr

7. Chafiq, Chahla, écrivain et féministe franco-iranienne, est membre du Haut Conseil à l’égalité (France). Elle est l’auteur de La Femme et le retour de l’islam (Paris, Éditions du Félin, 1991), Femmes sous le voile ; face à la loi islamique (en collaboration avec Farhad Khosrokhavar. Éditions du Félin, 1995), Le Nouvel Homme islamiste. La prison politique en Iran (Éditions du Félin, 2002), Islam, politique, sexe et genre (Paris, PUF, 2011)et Le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir (Editions iXe, 2019). web : https://chahlachafiq.com/ / email : chahla.chafiq@gmail.com

8. Ghaziri, Hassan, président de la Fondation Orient Mont-Pèlerin (Genève), co-fondateur de l’atelier de recher Iqbal, il dirige le Beirut Research and Innovation Center(BRIC), un centre de recherche/action pluridisciplinaire, monté en partenariat avec plusieurs universités et institutions internationales. Spécialiste des systèmes d’information et de connaissances, chercheur en intelligence artificielle, il a été notamment professeur à l’Université Américaine de Beyrouth et professeur invité à l’Université de Kyoto, l’INSEAD (Fontainebleau) et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et est co-auteur de Knowledge Management (Pearson Education Inc., Prentice Hall, 2004). web : http://orientmontpelerin.ch/ / email : hassan.ghaziri@epfl.ch

9. Hachim, Mouna, écrivain et chercheuse en histoire, titulaire d’un DEA en littérature comparée de l’université de Casablanca, est l’auteur de Histoire inattendue du Maroc (Erick Bonnier Editions, 2018), du Dictionnaire des noms de famille du Maroc (Casablanca, Autoédition, 2007 et Édition Le Fennec, 2011), de Les Enfants de la Chaouia (Casablanca,‎ Autoédition, 2004) et d’une série documentaire, La route des origines (Tariq al asl, télédiffusion: TV Medisat 1, 2014). Son dernier livre à paraître prochainement est un roman historique consacré à la biographie d’un lettré morisque, Les manuscrits perdus (Erick Bonnier Editions, 2019). web : http://mounahachim.wordpress.com / email : hachimmouna1@gmail.com

10. Hajji, Iman, islamologue, docteur en Linguistique, littérature et civilisation arabes, est chercheuse associée au laboratoire Triangle à l’ENS de Lyon. Elle est spécialiste de l’orientalisme allemand et l’auteur du premier livre en langue allemande portant sur Tahar Haddad et sa pensée réformatrice au sujet des droits des femmes : Ein Mann spricht für die Frauen. at-Tâhir al-Haddâd und seine Schrift “Die tunesische Frau in Gesetz und Gesellschaft”, Klaus Schwarz Verlag, Berlin, 2009. web: http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article5408 / email : iman.hajji@gmail.com

11. Hussein, Hasna est sociologue des médias et du genre. Chercheuse associée au Centre Émile Durkheim (UMR 5116, Bordeaux), elle travaille actuellement sur les processus de radicalisation des femmes et des jeunes. Elle anime le carnet de recherche Contre-discours radical. web : https://cdradical.hypotheses.org/ / email : hasna.hussein@hotmail.com

12. Lamrabet, Asma, médecin biologiste de formation, a dirigé leCentre des études féminines en Islam au sein de l’Association des oulémas du Maroc, est responsable de la chaire genre et religions à la fondation euro-arabe de l’université de Grenade. Elle est auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Le Coran et les femmes : une lecture de libération (Éditions Tawhid, 2007), L’Islam. Occident: chemins vers l’universel (Séguier, 2011), Femmes et hommes dans le Coran: quelle égalité? (Paris, Éditions Al Bouraq, 2012), Croyantes et féministes, un autre regard sur les religions (La croisée des chemins 2018) et Islam et femmes, les questions qui fâchent (Gallimard Folio, 2018). web : www.asma-lamrabet.com / email: lamrabetasma2@gmail.com

13. Moreno al Ajamî, Cyrille, docteur en médecine, docteur en Littérature et langue arabes, est islamologue et coranologue. Théologien et spécialiste de l’exégèse du Coran, il a consacré l’essentiel de ses travaux à l’établissement d’un sens littéral non-herméneutique du Coran. L’ensemble de ses recherches est publié sur le site Que dit vraiment le Coran. web : https://www.alajami.fr/ / email : alajami@msn.com

14. Soman, Zakia, anciennement professeur d’anglais et de communication des affaires à l’université de Gujarat, Inde, est une féministe qui a cofondé le Mouvement des femmes musulmanes indiennes (Bharatiya Muslim Mahila Andolan), une « organisation de masse conduite par des musulmanes, autonome, séculière, démocratique combattant pour la justice de genre et les droits de citoyenneté ». Elle est co-auteur de Reclaiming Sacred Spaces : Muslim Women’s Struggle for Entry into Haji Ali Dargah(avec Noorjehan Safia Niaz, Chennai, Notion Press, 2017). web: https://bmmaindia.com/ / email: zakiasoman@gmail.com


Women, liberties and rights in Islam

International symposium held at the Ecole Normale Supérieure of Lyon, Descartes site , room D2 128, 28-29 March 2019 Organizers: Makram Abbès & Reda Benkirane

Abstract

Organized by the Triangle / ENS Lyon laboratory, and the Orient Mont Pelerin Foundation of Geneva (http://orientmontpelerin.ch/)/Iqbal research workshop (https://iqbal.hypotheses.org/), the international conference “Women , liberties and rights in Islam “aims to treat a subject of a constantly renewed topicality. It is fully echoing the interactions between religion and society, law and politics, hermeneutics of sacred texts and human values. The question comes back in a nagging way on the socio-political level, and, beyond its media treatment, there is a real demand for fundamental and elaborated knowledge on the question of the status of women in Islam at the beginning of the twenty-first century. The condition of the woman provides indeed a precise index of the situation of a given society. Around the world, demographic and economic data, indices of human and cultural development show that, where the condition of women is improving, it also contributes, almost mechanically, to the promotion of society as a whole.

Around citizenship and the most recent work on the theme of gender, the conference will combine theoretical reflections and reports of developments in progress in several societies of the Islamic world. The theoretical effort will be to analyze the nature and level of the relationship between prescriptions and proscriptions of a religious nature and contemporary sociological realities. From there, participants will identify experiences of redefining the status of women and combating gender oppression. The focus will be on contemporary religious debates as well as on the role of religion in the struggle for the liberation and citizenship of women.

Devoting a whole meeting to the proposed theme will allow producing scientific presentations and exchanges on a subject that is generally misunderstood or too often demagogically treated. It would also be an opportunity to master, within the French and European academic scene, critical and informed reflection on the issue of gender in Islam and to reveal to the public the recent work of many researchers in the Islamic world. In this context, it is a question of showing that this subject is not a specifically Western or European-centric consideration, but rather a concern for the men and women engaged in the university or in the associative world through different experiences and in various countries where the question of change in terms of rights, social and political positions, and even behavior and mentalities related to women are raised.

Addressing the subject adequately presupposes first avoiding two difficulties. On the one hand, as soon as the question of the woman is posed, one is immediately confronted with an apologetic reflex that seeks systematically to show the innovating aspect, foreseeing and protecting the legal-religious prescriptions stated in the seventh century. Given the social backwardness of law and gender equality, rather than invoking cultural relativism, this approach will highlight the fact that the Qur’an, its exegetes and legal scholars (fuqahâ ‘) were always in advance on historical time. However, this discourse only rehashes a conservative literature, and ignores the historical changes that have affected the different societies that ultimately have little to do with those of seventh-century Arabia. . The other difficulty, just as immediately apparent, lies in the systematic Western criticism of a law judged archaic, obsolete, and unfit to evolve.

This last criticism shows that socially advanced societies tend to repress the fact that women’s emancipation is quite recent (right to vote, mixed work, voluntary abortion). Reflecting on the question of the Arab or Muslim woman, her liberties and her rights in the twenty-first century, make it necessary to walk along a difficult ridge to avoid these two pitfalls. This is the path, practiced by a certain number of participating researchers, authors and observers, that will be adopted during this international conference.

It is now accepted that the sociological reality is no longer comparable to the situation that prevailed in late antiquity or the early Middle Ages. Even though, referring to a tradition that is sacred or considered as such, exerts a deep influence on contemporary societies. Inspiration from the past is a feature of several discourses constructed about reform in Islam, but it is also a postmodern rhetorical stance: its effectiveness is to work towards a reconstructive mytho-genesis of identity through return to a scrupulous and rigorous practice to imitate the “pious ancestors” (that is, the very first generations of Muslims). To go beyond this reconstitution of identity, and not be trapped in ways of thinking or arguments of another age, the speakers will attempt to address a number of issues that are at the heart of contemporary citizenship. Rather than considering religious texts as immutable writings in the production of legal and social norms, it will be necessary to consider how to make them evolve on aspects related to equality before the civil law, to public life, the cultural specificities of nations as well as changing era.

Combining the approach of very old texts and contemporary ones, the interventions are not only theoretical but also contain case studies that will focus on the historical realities and concrete situations revealing emancipation and liberation as observed in different countries, from Senegal to India. Just recently, two states remind us of the practical consequences of these questions. In Tunisia for example, a debate has just been launched on the initiative of the Head of State to apply in the field of inheritance a principle embedded in the Constitution, and stating the equality of rights and duties between men and women. Recall that in traditional Muslim law, there is a question of a legal inequality that attributes to man the double of the share of the woman in inheritance. The same approach led to a reflection on the decriminalization of Tunisian women’s marriage with a non-Muslim, a point that the European Council of Ulema has just challenged by positioning itself to maintain the consensus of clerics established for several centuries. Similarly, in India, the parliament banned in August 2017 the practice known as triple talaq, a form of irrevocable divorce practiced by the man. This custom led to immediate repudiations exposing Indian Muslim women to various forms of arbitrariness and discrimination. The legislative change shows the presence of a fight for the defense of women’s rights, and the fight against the various forms of injustice and precariousness.

Themes of the conference

I. Sociology of gender and Islamic feminism

Heirs of postcolonial thought which he claims strongly, Islamic feminism has developed many lines of thought on how to be modern, without necessarily reproducing the image that the West wanted to give the status of Muslim women during the colonial era and beyond. This rejection of hegemonic knowledge with a certain claim to universal normativity has produced many arguments in favor of improving the condition of the Muslim woman, mainly articulated around the question of her freedom and dignity. Despite their diversity, the currents of Islamic feminism have fallen repeatedly in relativistic discourses, thus justifying attitudes or behaviors that are supposed to embody a religious norm, while they may constitute a limitation of freedoms and rights. How then to envisage a discourse that is not locked in the questions of identity, and the constitution of new norms that can truly embody the values of freedom and equality in the spaces dominated by the cultures of Islam.

II. Women between law and theology

This theme is dedicated to Qur’anic and Shari’a statements concerning the individual freedom and status of women. Some scholars believe that Islam has ushered in a new era for women, but stick to the transformations that have taken place several centuries ago, falling into the double pitfall of apology and anachronism, while others believe that religion in Islam today functions as an “ancient servitude” (Spinoza) in which women are suffering a state of social, legal and political subordination. While addressing these aspects, this axis also explores new hermeneutical avenues to otherwise understand the statements of the sacred text or to better contextualize the issues. If, by definition, the subject of law changes and expands over time, the question that arises in this century of explosion of knowledge, is whether Shari’a is a “path” or a “law” susceptible of dynamic evolution.

III. Case studies

Talking about Arab or Muslim women in general can be misleading as the status of women differs from country to country and according to national or regional traditions. Sometimes, within the same country, oppositions between rurality and urbanity, center and periphery, are more relevant to sociologists because they affect these statutes much more than simple generalities formulated about Arab culture or that of the Islam. The case study is thus salutary to guard against essentialist visions, and to see concretely how the condition could evolve or regress in contemporary times. How do women today suffer, assume or transform their status from one country to another, depending on whether they live in Senegal, Mauritania, Morocco or India? This is the question that will guide the interventions included in this axis, and that will lead to obtain a precise image of the decisive evolutions brought by the States and the citizens concerned by such changes.

 


النساء، الحريات والحقوق في الإسلام

الملتقى الدراسي الدولي بالمدرسة العليا المعلمين في مدينة ليون

أيام 28 و29 مارس 2019 المنظمون : مكرم عباس ورضا بنكيران [ محاور الملتقى /البرنامج / تقديم المشاركين والمشاركات ]

من تنظيم

Laboratoire Triangle (Ecole Normale Supérieure Lyon) Orient Mont Pèlerin de Genève Atelier de recherche Iqbal (Genève)

يرمي هذا الملتقى الدولي حول « النساء والحريات والحقوق في الإسلام » إلى معالجة موضوع ما فتئ يتجدد باستمرارمثيرا بذلك التفاعلات القائمة بين كل من الدين والمجتمع والقانون والسياسة وتأويل النصوص الدينية والقيم الإنسانية. وسيتطرق الملتقى إلى مجموعة من القضايا والإشكاليات المتعلّقة بأحوال النساء وأوضاعهن في المجتمعات العربية والإسلامية الراهنة، ومن أبرزها الوضعية التشريعية والقانونية ومسألة المواطنة.

فالوضعية التشريعية والقانونية للمرأة تعتبر مؤشرا دقيقا عن حالة أي مجتمع، إذ تبيّن المعطيات الديموغرافية والاقتصادية ومؤشرات التنمية البشرية والثقافية في العالم أجمع أنه حيثما يتم النهوض بوضعية المرأة، فإن ذلك ينعكس آليّا بشكل إيجابي على تنمية المجتمع بكامله.

كما سيعمل هذا الملتقى الدولي على عرض مختلف الأفكار النظرية والتقارير المتعلقة بقضايا النساء وأوضاعهن وربطها بالتحوّلات الجارية في العديد من المجتمعات العربية الراهنة. وسينصبّ الجهد النظري على تحليل طبيعة العلاقات بين الواجبات والمحرّمات الدينية من جهة، والواقع الاجتماعي المعاصر من جهة أخرى. وبناء على ذلك، سيعمل المشاركون على تحليل التجارب المتعلقة بإعادة تعريف الوضعية التشريعية والقانونية للمرأة في الإسلام، والرامية إلى مقاومة مختلف أنواع القهر والتعسف التي مرّت بها. كما سيتم التركيز على النقاشات والمقاربات الدينية المعاصرة لهذا الموضوع، وعلى دور الدين في هذا الكفاح الرامي إلى تحرير المرأة وإقرار حقوقها في المواطنة.

وتكمن أهمية هذا الملتقى العلمي الدولي حول قضايا النساء العربيات أو المسلمات وحرياتهن وحقوقهن في كونه يتعرّض لموضوع حسّاس ومعقّد غالباً ما يساء فهمه أو يتم تناوله بطريقة يغلب عليها عادة الطابع الديماغوجي. كما سيمثل اللقاء مناسبة لاقتراح معالجات نقدية نابعة من داخل الحقل الأكاديمي الفرنسي والأوروبي وغيرهما يقوم بها مختصون متمكننون من المادة ولديهم القدرة على إطلاع العموم على الأعمال الحديثة للعديد من باحثات وباحثي العالم الإسلامي.

وفي هذا الإطار تجدر الإشارة إلى أن هذه المضامين لا تخضع لاعتبارات خاصة بالعالم الغربي أو بالمركزية الأوروبية، بل إنها تعتبر كذلك محط اهتمام بالنسبة للنخبة الجامعية والمثقفة في العديد من الدول، فضلا عن اهتمام مختلف شرائح المجتمع المدني بها. ويبرز ذلك من خلال التجارب المختلفة التي تطرح فيها مسألة التغيير على مستوى القوانين والحقوق، والمواقف الاجتماعية والسياسية، وحتى على مستوى التمثلات والتصورات الذهنية لوضعية المرأة.

ويقتضي التطرق السليم لهذا الموضوع أن نتفادى مسبقاً الوقوع في مطبين. المطب الأول هو أنه بمجرد ما تطرح قضية المرأة، فإنه تتم مواجهتها برد فعلي دفاعي يعمل على إبراز الجانب الإيجابي للتعاليم الدينية التشريعية ، اعتبارا لكونها حاملة لتشريع إلاهي حكيم يعصم الناس من الخطأ والزلل. وبدل استدعاء نسبية القوانين والتشريعات، ستحرص هذه المقاربة ، على إبراز أسبقية النصوص الدينية والمدونات الفقهية في إقرار حقوق المرأة والدفاع عنها وتحسين وضعيتها. غير أن هذا الخطاب لا ينفك عن اجترار أدبيات محافظة، ويتجاهل تماماً التغيرات التاريخية التي طالت مختلف المجتمعات التي أضحت في نهاية المطاف تختلف تماما عما كانت عليه الجزيرة العربية خلال القرن السابع الميلادي.

أما المطب الثاني، فيتمثل في الانتقاد الغربي الثابت والعنيد لتشريع ماضوي أكل عليه الدهر وشرب وأضحى مستعصيا عن التطور. وهذا الانتقاد الأخير ينطلق من نقطة مفادها أنّ المجتمعات الأكثر تقدما على المستوى الاجتماعي تنزع إلى إخفاء حداثة عهد هذا التحرر النسائي لديها (مثل حق التصويت وفتح مجال الشغل أمام الجنسين والإيقاف الإرادي للحمل، وهي حقوق لم تكتسبها المرأة في الغرب إلا مؤخرا). وعليه يقتضي التساؤل حول قضية النساء العربيات أو المسلمات والتأمل في حرياتهن وحقوقهن في القرن الحادي والعشرين سلوك مسار يمكّن من تفادي هذين المطبين.

وإذا كان من المسلم به اليوم أن الواقع الاجتماعي لا يشبه بتاتا الحالة التي كانت سائدة خلال العصور القديمة أو خلال بداية القرون الوسطى، فإن للجوء الى تراث مقدس أو يعتبر مقدسا، تأثيرا واضحا جدا في المجتمعات المعاصرة.

فهذا النكوص إلى الماضي خاصية تتميز بها الكثير من الخطابات المؤسسة للإصلاح في الإسلام، لكنه يعبر في نفس الوقت عن الحالة البلاغية لما بعد الحداثة، وتتمثل فعاليته في العمل على خلق أسطورة تعيد بناء الهوية، متوخية العودة إلى سلوك شديد الاستقامة والصرامة يهدف إلى تقليد السلف الصالح.

ولتجاوز هذه الإعادة لبناء الهوية، والتخلص من أنماط التفكير أو البرهنة التي تعود لعصر مضى، سيحاول المشاركون في الملتقى التعرض لجملة من القضايا التي تمسّ المواطنة المعاصرة. وبدلا من اعتبار النصوص الدينية ثابتة فيما يتعلق بالمعايير القانونية والاجتماعية، فإنه سيتم بالأحرى النظر في كيفية جعل فهمها يتطور وفق الجوانب المتصلة بالمساواة أمام القانون المدني، وبالحياة المدنية، وبالخصوصيات الثقافية للأمم، وكذلك حسب التحولات التي نمر بها في هذا العصر.

ستجمع هذه العروض بين مقاربة نصوص موغلة في القدم، ومقاربة نصوص أخرى أكثر حداثة، دون أن تنحصر في الأداء النظري، حيث أنها ستتضمن دراسات لحالات واقعية سيتم التركيز من خلالها على الوقائع التاريخية والحالات الفعلية المعبّرة عن مسائل التحرر والتحرير التي عرفتها مختلف الدول ذات الغالبية المسلمة من السنغال إلى الهند. ومنذ زمن غير بعيد، ذكرتنا دولتان بالتداعيات العملية لمثل هذه التساؤلات.

ففي تونس، مثلاً، تم مؤخراُ، بمبادرة من رئيس الدولة، إطلاق نقاش يهدف إلى تطبيق مبدأ منصوص عليه في الدستور متعلق بالإرث ومتمثل في المساواة بين الرجل والمرأة من حيث الحقوق والواجبات. ويجدر التذكير بهذا الخصوص، أن الشريعة الإسلامية التقليدية تتضمن قانونا يمنح للرجل من الميراث ضعف ما تحصل عليه المرأة. ولقد دفع نفس المسعى إلى بداية التفكير في إلغاء تجريم زواج المرأة التونسية بغير المسلم وهو الأمر الذي اعترض عليه مؤخراً المجلس الأوروبي للعلماء مقررا الإبقاء على هذه الخصوصية القانونية لأنه تم الإجماع عليها من طرف الفقهاء منذ عدة قرون.

وفي الهند حظر البرلمان، في شهر أغسطس 2017، الطلاق بالثلاث وهو نوع من الطلاق البائن يقرره الرجل بمفرد إرادته ويصير غير قابل للإلغاء. وكانت هذه العادة قد أدت إلى عمليات طلاق فورية عرضت العديد من النساء الهنديات المسلمات إلى ألوان شتى من التعسف والاضطهاد. وتنم التغييرات التشريعية عن وجود مساع للدفاع عن حقوق النساء، والنضال ضد الأشكال المختلفة للظلم والقهر.

محاور الملتقى

سوسيولوجيا النوع و الحركة الأنثوية الإسلامية .I

تعتبر حركة الأنثوية الإسلامية وريثة فكر مرحلة ما بعد الاستعمار، الذي تتبناه وتستند إليه بقوة. ولقد طوّرت هذه الحركة مسارات كثيرة للبحث في طريقة تمكّن الفرد من أن يكون حداثياً دون أن يعيد بالضرورة إنتاج الصورة التي كان الغرب يريد إعطاءها للوضعية القانونية للمرأة إبان المرحة الاستعمارية وما بعدها. ولقد أنتج هذا الرفض للمعارف المهيمنة التي تدّعي لنفسها أحقية تحديد المعايير الكونية الكثير من الحجج المتعلقة بقضية الحرية والكرامة والتي يمكن اعتمادها لتحسين وضعية المرأة المسلمة.

ورغم تنوعها، وقعت التيارات الأنثوية، عدة مرات، في الخطابات النسبوية، مبررة بذلك المواقف والسلوكيات المفترض فيها أن تجسد معياراً دينياً، في حين يمكنها أن تمثل تقييداً للحريات والحقوق. فكيف يمكن إذن أن نتصور خطاباً لا يكون منحصرا في القضايا المتصلة بالهوية، وكيف يتسنى لنا بناء معايير جديدة تمكن فعلياً من تجسيد قيم الحرية والمساواة في الفضاءات الخاضعة لثقافات الإسلام ؟

النساء بين الدين والتراث والتاريخ .II

سيركز هذا المحور على النصوص القرآنية والشرعية المتعلقة بالحرية الفردية والوضعية القانونية للمرأة. ينطلق بعض الباحثين من مصادرة مفادها أنّ الإسلام قد فتح عهداً جديداً للمرأة، لكنهم يتمسكون بالتحولات التي حدثت قبل عدة قرون، مما جعلهم يواجهون عائقي التسويغ والمفارقة التاريخية. في المقابل، يرى باحثون آخرون أن الدين في الإسلام يتصرف اليوم وكأنه “استعباد عتيق” على حد قول اسبينوزا وهو ما يجعل المرأة تعاني من حالة تبعية اجتماعية وقانونية وسياسية مريرة.

يعمل هذا المحور على البحث في مسالك تأويلية تسمح بفهم مضامين النصوص القرآنية والإسلامية بشكل مختلف، أو بوضع تأويلات هذه النصوص في سياقها. إذا كان من طبيعة المادة القانونية أن تتغير وتتوسع مع مرور الزمن، فإن السؤال الذي يطرح في هذا القرن الموسوم بتدفق هائل للمعلومات يتمثل في معرفة ما إذا كان بإمكان الشريعة أن تشكل “مساراً” أو “قانوناً” قابلاً للتطور المستمر.

.

دراسة حالات محددة .III

قد يكون الحديث عن النساء العربيات أوالمسلمات أمرا مضللاً بسبب اختلاف الوضعية القانونية للمرأة تبعاً للتقاليد الوطنية أو المحلية. وأحيانا تكون الاختلافات قائمة داخل البلد الواحد بين ما هو قروي وما هو حضري، و بين المركز والهامش. وتعتبر هذه الثنائيات أكثر إفادة بالنسبة لعلماء الاجتماع، لأنها تصف بدقة الحالات الاجتماعية بل وأحسن مما تفعله العموميات البسيطة التي يتم تداولها حول الثقافة العربية أو الإسلامية. وبالتالي، تعتبر دراسة حالات فعلية محددة مفيدة جداً لتجنب الوقوع في الرؤى النمطية، وللتعرف بشكل ملموس على إمكانيات تطوير وضعية المرأة في العصر الحديث.

كيف تعيش النساء اليوم وضعيتهن أو تتحملها أو تعمل على تغييرها، سواء أكنّ مقيمات في السينغال أو موريتانيا أو المغرب أو الهند؟ هذا هو السؤال الذي سيوجه المداخلات التي سيتضمنها هذا المحور من الملتقى، في محاولة للكشف عن التطورات الحاسمة التي تمس الدول والمواطنين المعنيين بمثل هذه التغييرات.

 


البرنامج

الجلسة الافتتاحية 28 مارس صباحا

كلمة الافتتاح: كلود كوتيي Claude Gautier مدير مختبر Triangle حسن غازيري Hassan Ghaziri رئيس مؤسسة Orient Mont-Pèlerin (Genève)

الندوة العلمية

مقدمة حول موضوع الندوة: رضا بنكيران (مختبر البحث ”إقبال”، جنيف)، تأنيث العقلانية في الإسلام

المحور الأول : سوسيولوجيا النوع والأنثوية الإسلامية (28 مارس قبل الظهر)

التراث والحرية ،(كاتبة، الكلية الدولية بتونس العاصمة Collège international de Tunis) هيلي بيجي

النساء ،الصحافة وأدوار النوع في العالم العربي ،(متخصصة في علم الاجتماع المتعلق بوسائط الإعلام والنوع، مركز إميل دورخايم Émile Durkheim ، بمدينة بوردو Bordeaux ) حسناء حسين

المحور الثاني : بين الدين والتراث والتقاليد ( 28 مارس بعد الظهر)

منى هاشم (كاتبة، المغرب)، التحرير من خلال المعرفة: نساء عالمات عبر التاريخ

هل القرآن مصدر التحيز ضد المرأة ؟ ،( متخصص في علم اللاهوت، دكتوراه في الأدب واللغة العربيين من جامعة سترازبورغ Strasbourg) سيرييل مورينو العجمي

الحجاب يتضح : أشكال نساء محجبات في الفن المعاصر ،(أستاذ، جامعة باريس III- السوربون الجديدة) برونو نسيم أبودرار

الحجاب من وجهة نظر فلسفة المعايير ،(أستاذ، المدرسة العليا للمعلمين ليون Lyon) مكرم عباس

 

المحور الثالث: دراسة حالات محددة (29 مارس قبل الظهر)

 

أسماء المرابط (طبيبة وكاتبة، المغرب)، المساواة بين الرجال والنساء في المغرب: بين المرجعية الدينية وضرورة الإصلاح

تاريخ الحركة الأنثوية التونسية والعامل الديني (مؤرخة، وباحثة مشاركة في معهد العلاقات الدولية والاستراتيجية l’IRIS) Sophie Bessis صوفي بيسيس

الساسي والديني والأنثوي. ماذا تعلمنا التجربة الإيرانية ؟ ،(كاتبة، المجلس الأعلى للمساواة بين الرجال والنساء، HCE) شهلة شفيق

 

المحور الثالث: دراسة حالات محددة (29 مارس بعد الظهر)

حرمان النساء من الإرث والملكية العقارية في الأردن: الحقوق والمعايير الاجتماعية ،(باحثة مشاركة في المعهد الفرنسي للشرق الأدنى (IFPO)، عمان) مريم عبابسة

إيمان حاجّي، باحثة ملحقة بمركز الأبحاث “المثلث”، ليون، خيرية بن عيّاد وكتابها “المرأة التركية، حياتها الاجتماعية والحريم”

حركة النساء الهنديات المسلمات – مداخلة عن طريق الفيديو (Bharatiya Muslim Mahila Andolan, BMMA, الحركة الأنثوية، الهند) زكية صومان


 

تقديم المشاركين والمشاركات

عبابسة ، مريم، باحثة مشاركة في المعهد الفرنسي للشرق الأدنى في عمان. تشتغل حول قضايا الجغرافية الاجتماعية، وتأثير السياسات العمومية على التنمية الجهوية والحضرية في الأردن وسوريا

: صدر لها كتابي

Amman de pierre et de paix (Autrement, 2007) Raqqa, territoires et pratiques sociales d’une ville syrienne (Beyrouth Ifpo, 2009)

وتولت (مع رامي ظاهر ، Ifp ، 2011) إدارة :

Atlas of Jordan. History, Territories, Society (Beirut, Ifpo 2013), Cities, Urban Practices and Nation Building in Jordan

وإدارة Housing and Urban Land Tenure in the Middle East (مع Baudouin Dupret و Eric Denis، جامعة القاهرة بريس، 2012)

web : http://www.ifporient.org/myriam-ababsa/

email : m.ababsa@ifporient.org

عباس مكرم، أستاذ الدراسات العربية في المدرسة العليا للمعلمين بمدينة ليون. ولقد كرس، باعتباره متخصصا في الفلسفة العربية ، عدة أعمال لفنون ممارسة السلطة، والفكرالحربي والقضايا الدينية-الساسية في الإسلام

: صدر له كتابي

Islam et politique à l’âge classique (Presses universitaires de France, 2009) Trésors dévoilés : anthologie de l’islam spirituel, (Avec Leili Anvar, Seuil, 2009)

: وقام بتقديم وترجمة وشرح

Al-Mawardi, De l’éthique du Prince et du gouvernement de l’Etat (Les Belles Lettres, 2015)

web : http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article191 /

email : makram.abbes@ens-lyon.fr

 

أبودرار برونو- نسيم، كاتب ومُنَظِّر في الفن، مدرس بجامعة باريس

: صدرت له عدة كتب، من أحدثها

Comment le voile est devenu musulman (Flammarion, 2014) Qui veut la peau de Vénus ? : le destin scandaleux d’un chef-d’œuvre de Velázquez (Flammarion, 2016). web : http ://www.univ-paris3.fr/aboudrar-bruno-nassim-29276.kjsp email : bruno-nassim.aboudrar@sorbonne-nouvelle.fr

بنواكشوط ، موريتانيا، وفي مركز (CEROS) بابا أحمد، مريم، وهي عالمة أنثروبولوجيا، وباحثة مشاركة في مركز الدراسات والبحوث حول غرب الصحراء

بجامعة لشبونة ، البرتغال. CAPSAHARA-CRIA

: أعدت أطروحة دكتوراه بعنوان

« Mobilité sociale du statut servile en Mauritanie: Espaces et Discours: De la stratégie du soit ! à la conscience de soi »

: وكتبت ، تقريرا وطنيا للبحث حول موريطانيا ، بعنوان

Radicalisation et citoyenneté. Ce que disent 800 sahéliens,

وكان ذلك بطلب من برنامج الأمم المتحدة للتنمية PNUD ، ومركز HD بجنيف.

web : http://capsahara-cria.org/mariem-baba-ahmed/ email : mariem.baba@gmail.com

  • باجي ،هيلي ، كاتبة، تترأس الكلية الدولية بتونس العاصمة.

: صدرت لها عدة كتب، من بينها

Le Désenchantement national, essai sur la décolonisation (Maspéro 1982) L’Imposture culturelle (Stock, 1997) Nous, décolonisés (Arléa, 2007) Islam Pride. Derrière le voile (Gallimard, 2011)

web :http://www.college-international.org/le-college-international-de-tunis.html email : hele.beji@gmail.com

 

بنكيران، رضا، عالم اجتماع، دكتور في الفلسفة من جامعة ليون، يدير ورشة البحث إقبال، المهتمة بالفكر النقدي في الإسلام

: صدرت له المؤلفات التالية

Islam, à la reconquête du sens (Le Pommier, 2017) Démographie et géopolitique. Étude critique des travaux d’Emmanuel Todd (Hermann, 2015) La Complexité, vertiges et promesses. Dix-huit histoires de sciences (Le Pommier, 2013, 2006, 2002) Le Désarroi identitaire. Jeunesse, islamité et arabité contemporaines (La Croisée des chemins, 2012, Cerf, 2004)

web : j email : matimi.anass@gmail.com

 

(IRIS، مؤرخة، وباحثة مشاركة في معهد العلاقات الدولية والاستراتيجية) Sophie Bessis صوفي بيسيس

أعدت عدة بحوث حول العلاقات بين الشمال والجنوب، والمغرب الكبير، وقضية الأنثوية؛

: صدر لها

Les Arabes, les femmes, la liberté (Albin Michel, 2007) La Double Impasse : l’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchand (La Découverte, 2014), Les Valeureuses : cinq Tunisiennes dans l’histoire (Tunis, Elyzad, 2017) Histoire de la Tunisie de Carthage à nos jours (Tallandier, 2019) web : http://www.iris-france.org/chercheurs/sophie-bessis/ email :sophie.bessis@orange.fr

شفيق، شهلة، كاتبة وأنثوية فرنسية-إيرانية؛ عضو في المجلس الأعلى للمساواة (فرنسا).

: صدر لها

La Femme et le retour de l’islam (Paris, Éditions du Félin, 1991) Femmes sous le voile ; face à la loi islamique (en collaboration avec Farhad Khosrokhavar. Éditions du Félin, 1995) Le Nouvel Homme islamiste. La prison politique en Iran (Éditions du Félin, 2002) Islam, politique, sexe et genre (Paris, PUF, 2011) et Le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir (Editions iXe, 2019)

web : https://chahlachafiq.com/ email : chahla.chafiq@gmail.com

،غازيري، حسن، رئيس مؤسسة شرق مون بلران من مؤسسي ورشة البحوث إقبال

Beirut Research and Innovation Center (BRIC) يدير مركز ،وهو مركز للبحث والعمل، متعدد التخصصات، تم تأسيسه بشراكة مع عدد من الجامعات والمؤسسات الدولية

،وأستاذازائرا في جامعة كيوتو، وفي وغازيري متخصص في أنظمة الإعلام والمعارف، وباحث في الذكاء الاصطناعي. ولقد عمل، على الخصوص، أستاذا في الجامعة الأمريكية ببيروت Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) و l’INSEAD (Fontainebleau) وشارك في تأليف:

Knowledge Management (Pearson Education Inc., Prentice Hall, 2004).

web : http://orientmontpelerin.ch/ email : hassan.ghaziri@epfl.ch

هاشم، منى، كاتبة وباحثة في التاريخ، وحاصلة على دبلوم للدراسات المعمقة في الأدب المقارن من جامعة الدار البيضاء

: صدر لها

Histoire inattendue du Maroc (Erick Bonnier Editions, 2018)

Dictionnaire des noms de famille du Maroc (Casablanca, Autoédition, 2007 et Édition Le Fennec, 2011)

Les Enfants de la Chaouia (Casablanca,‎ Autoédition, 2004)

(TV Medisat 1, 2014) كما أعدت سلسلة من الأفلام الوثائقية : طريق الأصل

:وآخر كتبها الذي سيصدر قريبا، عبارة عن رواية تاريخية مخصصة لعالم موريسكي، بعنوان Les manuscrits perdus (Erick Bonnier Editions, 2019).

web : http://mounahachim.wordpress.com email : hachimmouna1@gmail.com

 

12– حسين، حسناء، متخصصة في علم الاجتماع المتعلق بوسائل الإعلام وبالنوع. باحثة مشاركة في مركز

Émile Durkheim (UMR 5116, Bordeaux) ، وتشتغل حاليا على تطور عمليات التطرف عند النساء والشباب. تشرف على أشغال دفتر البحوث Contre-discours radical.

web : https://cdradical.hypotheses.org/ email : hasna.hussein@hotmail.com

إيمان حاجي باحثة مختصة في العلوم الإسلامية وملحقة بمركز الأبحاث “المثلث”، ليون. وهي متحصلة على الدكتوراه في مجال اللغة والآداب والحضارة العربية، وتشتغل أساسا على مدرسة الاستشراق الألمانية. نشرت إيمان حاجي العديد من الدراسات المرتطبة بمجال عملها ونخص بالذكر منها بحثا تناولت فيه فكر الطاهر الحداد في ألمانيا في بداية القرن العشرين. web: http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article5408 email : iman.hajji@gmail.com

 

13-المرابط، أسماء، طبيبة ذات تكوين إحيائي؛ تولت إدارة مركز الدراسات المتعلقة بالمرأة في الإسلام، داخل جمعية علماء المغرب؛ وهي مسؤولة على كرسي النوع والأديان في المؤسسة الأورو-عربية في جامعة غرناطة.

: صدرت لها عدة مؤلفات، من بينها

Le Coran et les femmes : une lecture de libération (Éditions Tawhid, 2007) Femmes . L’Islam. Occident: chemins vers l’universel (Séguier, 2011) Femmes et hommes dans le Coran: quelle égalité? (Paris, Éditions Al Bouraq, 2012) Croyantes et féministes, un autre regard sur les religions (La croisée des chemins 2018) Islam et femmes, les questions qui fâchent (Gallimard Folio, 2018)

web : www.asma-lamrabet.com email : lamrabetasma2@gmail.com

مورينو ألعجمي، سيرييل، حاصل على دكتوراه في الطب، ودكتوراه في الأدب واللغة العربيين؛ متخصص في الإسلام والقرآن؛ خبير بالقضايا الدينية ومتخصص في تفسير القرآن؛ كرس أهم أعماله لوضع معنى حرفي وليس تأويلي للقرآن وكل أعماله منشورة في موقع Que dit vraiment le Coran

web : https://www.alajami.fr/ email : alajami@msn.com

صومان، زكية، أستاذة سابقة للغة الإنجليزية والتواصل المتعلق بالأعمال، بجامعة جوراجات بالهند ؛ تنتمي إلى الحركة النسوية، وقد شاركت غي تأسيس حركة النساء الهنديات المسلمات وهي منظمة جماهيرية تقودها مسلمات، مستقلة، علمانية وديمقراطية، تناضل من أجل عدالة النوع وحقوق المواطنة (Bharatiya Muslim Mahila Andolan)

: شاركت في تأليف

Reclaiming Sacred Spaces : Muslim Women’s Struggle for Entry into Haji Ali Dargah (avec Noorjehan Safia Niaz, Chennai, Notion Press, 2017).

web: https://bmmaindia.com/ email: zakiasoman@gmail.com


 

Le grand délire de possession du monde

Lectures, Le Temps, 30 juin 2018

Dany_Robert_Delire_occidentalDany-Robert Dufour, Le délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne: travail, loisir, amour, Presses Pocket, 2018.

Et si le Grand Récit occidental n’était, au bout du compte, que l’histoire d’un Grand Délire poussant irrémédiablement à la démesure depuis cinq siècles? Telle est la question explorée, minutieusement documentée de ce livre citoyen sur la nature illimitée du marché et la consommation/consumation des objets, des êtres et du monde.

L’auteur, philosophe et psychanalyste œuvre, essai après essai, à saisir autant l’esprit religieux que l’ingénierie des passions et pulsions à l’origine du capitalisme en tant que système total affectant les registres de la croyance, de la production et de la marchandisation.

«La fable des abeilles»

Tout serait parti, depuis les Pays-Bas, haut lieu du premier capitalisme, de la vision de René Descartes appelant les hommes à devenir véritablement «maîtres et possesseurs de la nature». L’autre idée (im)morale ayant nourri la (dé)raison occidentale est la maxime libératrice de Bernard de Mandeville extraite de sa Fable des abeilles (1714) où «les vices privés font la vertu publique». L’articulation de ces deux idées – maîtrise de la nature d’une part et libre cours à l’ego et à la pulsion individuelle d’autre part – aura rendu possible l’expansion du capitalisme. De nos jours, le Délire occidental se répandrait sur l’ensemble de l’humanité en aliénant tout particulièrement le travail, le loisir et l’amour.

Ainsi le travail demeure ce processus pénible et «ig-noble» lié à la division dans la Grèce antique entre libres et esclaves/métèques, et dans le monde latin entre arts «libératoires» (impliquant raisonnement, abstraction) et arts «mécaniques» (serviles). Le salariat, affiné depuis les chaînes d’assemblage fordiste et tayloriste jusqu’à la production toyotiste à flux tendus du «juste à temps», tend aujourd’hui vers un «précariat».

Fétichisme de la marchandise

Le loisir fait aussi l’objet d’un «investissement» où le temps «libre» est entièrement consacré à la consommation. Le fétichisme de la marchandise se poursuit, euphorisant l’individu autour de produits aliénants vantés comme libérateurs. L’amour enfin est mis en danger par l’injonction de «jouir sans désir», par l’usage généralisé de la pornographie en guise d’érotisme, par le déni du sexe au profit du genre: nous irions ainsi «vers une société unisexe sans amour».

«Voici donc un système qui se croit rationnel alors qu’il est fou en son cœur.» Selon l’auteur, l’Europe a propagé sa «peste» aux autres continents, les pays du Sud ne réalisent pas encore qu’elle concourt à la «dévastation du monde». Mais après le temps de la démesure (hubris) viendra inévitablement celui du châtiment (nemesis).

Réda Benkirane

 

 

Epopée de la guerre à l’ère post-humaine

Lectures, Le Temps, 18 août 2018

Percy Kemp, La promesse d'Hectore, Les Belles Lettres, 2018Percy Kemp, La promesse d’Hector, Les Belles Lettres, 2018.

Auteur anglo-libanais écrivant en français, Percy Kemp est un agent double: érudit orientaliste et expert du renseignement (son cœur de métier). Son œuvre ancienne est à caractère savant, tandis que ses romans et essais récents ont pour toile de fond un enjeu géopolitique ou sécuritaire. Comparé à son aîné John Le Carré pour son style désabusé, il s’en éloigne par son inclination à nourrir des réflexions philosophiques sur l’espionnage et les tensions internationales. Dans La promesse d’Hector, il recourt à la mythologie grecque pour signifier combien nous avons changé de monde.

Lettre testamentaire, chant funèbre, mythologie rétrospective de la guerre: le livre se présente sous la forme d’une lettre qu’un soldat écrit à son fils tenté d’embrasser la carrière militaire poursuivie filialement sur huit générations. Le père lui raconte, comme lorsqu’il était enfant, des épisodes de la mythologie grecque. Y a-t-il des récits plus enchanteurs, symboliques et marquants que l’Iliade et l’Odyssée? Le chant homérique se mêle ici à des méditations sur les formes nouvelles de combat armé… et de civilisation.


Eradication pure et simple
Blessé, décoré, après avoir combattu sur trois continents, le père jette un regard désabusé sur les affrontements militaires asymétriques et déterritorialisés. Il goûte peu les guerres high-tech récurrentes et les expéditions punitives où la vie du soldat impérial est sanctuarisée quand celle du civil est promptement ôtée à coups de missiles discrets et de drones téléguidés.

Les guerres ne se font plus contre des ennemis mais contre des menaces, mutantes et virales. Comment combattre un virus? Par le logiciel! L’adversaire est liquidé par un téléopérateur risquant au pire quelques palpitations. Voici venu le temps de la pensée systémique «fondée sur l’éradication pure et simple».


Risquer sa vie
Pétri de principes et d’idéaux, ce chant crépusculaire passe toutefois sous silence la puissance de massacre des deux guerres – classiques – mondiales aux dizaines de millions de morts. L’officier gentleman a tué et risqué sa vie pour propager et imposer une vision platonicienne, celle d’Athènes et de sa démocratie. Il n’a en tête qu’Homère, Thucydide et Hérodote et ne se soucie point de la sous-humanité servile – pour chaque Athénien libre et debout, combien d’esclaves? – mais plutôt de la post-humanité numérique se profilant à l’horizon.

Le père dit assister à l’émasculation de toute une société, à l’image du drone, ce «bourdon non reproducteur» qui ne peut «ni polliniser ni coloniser» et fait la guerre sans que ceux qui la décident «jouent leur peau». Il rappelle combien la guerre est moins «épreuve de force» que «de volonté»: «n’est vaincu que celui qui admet sa défaite». Il soutient encore qu’une bataille est affaire d’intelligence rusée (mètis): c’est Ulysse, le plus rusé des héros grecs, «tombeur de Troie», qui eut l’idée d’une attaque au cheval piégé.


Esprit de chevalerie
Le fils ne s’exprime jamais ici, mais son mutisme laisse place à un entendement proprement renversant. Face au drone de guerre infertile, l’éthique martiale que le père énonce, ressourcée dans un passé mythifié et glorifié, se retrouve finalement aujourd’hui chez le radicaliste suicidaire et nihiliste. Lui seul la revendique désormais face à l’Empire. Comme si l’aspirant martyr faisait siennes les valeurs que le père déclame à l’imparfait ou au passé antérieur: jouer sa peau, volonté de combattre (infiniment plus fort que soi), recours à l’esprit rusé et esprit de chevalerie. Le cheval de Troie triomphe toujours, comme métaphore informatique et algorithme consacrant le règne invasif de la robotique et de l’intelligence artificielle. Cheval et drone se valent ainsi, non par essence mais par essaim.


Réda Benkirane

 

Islam, à la reconquête du sens

Critique du théologico-politique – Invention de la modernité et esquisse d’une raison islamique du 21e siècle

 

Réda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens, Paris, Le Pommier, 2017Réda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens. Paris, Le Pommier, 512 pages, 2017.
Nouvelle édition, Casablanca, La Croisée des Chemins, 544 pages, 2021.

« Ce livre expose la vision d’un islam sécularisé et d’une rationalité pleinement engagée dans ce siècle et les temps à venir. Il explore les germes et les termes d’une révolution intellectuelle en islam. Il donne à voir une approche radicalement neuve, libératrice et créatrice du Coran, et, ce faisant, éclaire diverses questions imbriquant sacré et profane, islam et politique, foi et raison, religion et science.

Ce livre est aussi l’aboutissement d’un long parcours de recherche, d’écriture et d’innombrables rencontres et entretiens avec des lettrés religieux, des intellectuels, des journalistes, des leaders d’opinion, des militants associatifs et politiques des deux rives de la Méditerranée. »

Présentation de l’éditeur:

Comment les musulmans d’aujourd’hui pourraient-ils donner du sens à leur foi ? Peut-on envisager une pensée islamique véritablement innovante, en prise avec son temps, et sauver une culture religieuse de ses propres démons ainsi que des manipulations et profanations dont elle fait continuellement l’objet (politisation, militarisation, marchandisation) ?

Reda Benkirane propose une voie prometteuse car inexplorée jusque-là : repenser la religion à la lumière des sciences de la complexité – ces sciences qui, justement, échappent à tout réductionnisme. Et cette renaissance passe par un bouleversement des rapports au pouvoir et au savoir, pour permettre une émancipation intellectuelle et spirituelle, via la production d’idées neuves.

À une époque où l’accès au savoir s’universalise, l’islam a tout à gagner à croiser son Grand Récit avec celui tissé par les sciences du vivant, de la matière et du calcul. Libéré de son formalisme et de sa normativité, l’islam se révèle alors espace de créativité, au diapason avec le défi majeur de la complexité du monde.

Ce livre trace ces nouveaux chemins de science et de connaissance.

 

L’auteur:

Sociologue, docteur en philosophie, Réda Benkirane a entrepris depuis une trentaine d’années des travaux ambitieux autour de l’urbanité, de la complexité, de l’islamité et de la radicalité. Chercheur associé au Centre sur les conflits, le développement et la paix (CCDP) de l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, membre de l’lnstitut de recherches philosophiques de Lyon (Irphil, université de Lyon), il dirige l’atelier de recheche Iqbal (http://iqbal.hypotheses.org) consacré à une pensée critique et créatrice en islam. Il est également l’auteur de Démographie et géopolitique (Paris, Hermann, 2015), La Complexité, vertiges et promesses (Paris, Le Pommier, 2013, première édition 2002), et Le Désarroi identitaire, jeunesse, arabité et islamité contemporaines (Paris, Cerf, 2004).

 

Sommaire:

Introduction à la pensée de l’iqbal.  Une profession de foi philosophique.

Première partie  La quête de sens.  Physique de la religion 
Chapitre I. L’avancée vers le passé
Chapitre II. La perte de sens et d’identité
Chapitre III. Un problème théo-géo-politique

Deuxième partie  La quête de science.  Métaphysique de la religion 
Chapitre IV. Science et religion en islam. Sur la voie d’Iqbal
Chapitre V. Un sacre fragile. La codification de la raison mathématique
Chapitre VI. Spiritualité mathématique et sagesse dans l’écart à l’équilibre
Chapitre VIII. L’in-quiétude créatrice

Troisième partie  Signe et bruissement de signes. La Complexité coranique
Chapitre IX. Phénoménologie coranique
Chapitre X. Surface critique, membrane profonde
Chapitre XI. De l’intellection fragile à la raison agile

Annexes
Bibliographie
Index

 

Revues de livre: 

Mouna Hachim, « A la reconquête du sens. Pour une raison agile en islam »Maroc diplomatique, 19 juillet 2021.

Sylvie Taussig, « Reda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens. Paris, Éditions le Pommier, 2017, 512 p. »Archives de sciences sociales des religions, 2018/4 (n° 184), p. 193-196.

Yannick Prost, Note de lecture, « Nouveautés », Revue internationale et stratégique, 2018/2 (N° 110), p. 179-190.

 

 Commander le livre:

fnac.com /  amazon.fr /chapitre.com / laprocure.com / renaud-brey.com (Canada)

Réda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens, Paris, Le Pommier, 2017Réda Benkirane, Islam, à la reconquête du sens. Paris, Le Pommier, 512 pages, 2017.
25,00 € / ISBN : 978-2-7465-1608-3 / Date de parution : 10/11/2017

Entretiens filmés

Entretiens libres et semi-directifs de chercheurs 
filmés et produits par Reda Benkirane pour l’atelier de recherche Iqbal 

 

Abdelouahed Houria, Du féminin élevé au surpouvoir masculin en islam, Paris, 16 décembre 2014, 35 minutes.
URL : http://iqbal.hypotheses.org/2832

Aït Laamim Mohammed, Les belles-lettres (adab), nécessité impérieuse pour l’éducation des peuples et l’illumination des esprits, en arabe ( محمد آيت لعميم. الادب : ضرورة كبرى في تربية الشعوب و تنوير العقول), Marrakech, 20 avril 2015, 61 minutes.
URL : http://iqbal.hypotheses.org/2975

Avon Dominique et Elias Amin, Autour d’un penseur critique et réformiste : Gamal Al Banna, Beyrouth, 7 septembre 2014, 18 minutes.
URL :  http://iqbal.hypotheses.org/2580

Avon Dominique, Histoire religieuse contemporaine, modernité et relations internationales, Beyrouth, 7 septembre 2014, 18 minutes.
URL :  https://iqbal.hypotheses.org/2611

Baba Ahmed Mariem, Expression religieuse et changement social en Mauritanie, Nouackchott, 16 juillet 2015, 28 minutes. Non disponible.

Bayart Jean-François, L’islam républicain selon trois Etats. Turquie, Iran, Sénégal, Genève, 16 mars 2016, 30 minutes.
URL :  https://iqbal.hypotheses.org/3710

Bayart Jean-François, D’un monde d’empires à la constellation d’États-nations, Genève, 16 mars 2016, 45 minutes.
URL :  https://iqbal.hypotheses.org/3707

Bayart Jean-François, Mécanismes de la construction étatique à base ethno-confessionnaliste, Genève, 16 mars 2016, 34 minutes.
URL :  https://iqbal.hypotheses.org/3704

Bernard Anna, Rhetorics of Belonging. Secular and Religious Narratives on Palestine and Israel, Lyon, 16 mai 2014, 24 minutes.
URL: http://iqbal.hypotheses.org/2572

Bouyerdene Ahmed, Abdelkader, Emir du Jihad et de l’Ijtihad, Chambéry, 15 novembre 2016, 57 minutes.
URL: https://iqbal.hypotheses.org/3839

Casmoussa Georges, Quand l'accessoire en religion devient substantiel, en arabe (جرجس القسموسى. عندما يصبح الثانوي في الدين جوهريا), Beyrouth, 6 novembre 2013, 6 minutes.
URL: https://iqbal.hypotheses.org/1667

Casmoussa Georges, Nous devons être capables de critiquer nos Textes, Beyrouth, 6 novembre 2013, 9 minutes.
URL: https://iqbal.hypotheses.org/1663

Cissé Blondin, L’individu et la communauté. De la logique fusionnelle à l’énergie fissionnelle, Saint-Louis, Sénégal, 30 mai 2015, 32 minutes.
URL : http://iqbal.hypotheses.org/3468

Clément Jean-François, L'islamisme comme forme d'athéisme, Essaouira, 9 septembre 2013, 21 minutes.
URL : https://iqbal.hypotheses.org/1593

Delorme Christian, Sur l’Emir Abdelkader, l’entre-connaissance et le dialogue inter-religieux, Alger, 30 mai 2013, 14 minutes.
URL : https://iqbal.hypotheses.org/1261

De Vos Idris, L’amour, un cheminement spirituel, Genève, 2 décembre 2014, 19 minutes.
URL : http://iqbal.hypotheses.org/2760

Devji Faisal, On Terrorist's Humanity, Gandhi's Non-Violence and Muslim Zion, Genève, 15 novembre 2013, 50 minutes.
URL : https://iqbal.hypotheses.org/1681

Devji Faisal, Iqbal and the Cosmopolitan Horizon of Muslim Societies, Genève, 18 octobre 2013, 19 minutes.
URL : https://iqbal.hypotheses.org/1609

Diagne Souleymane Bachir, Un philosophe de la traduction, Genève, 30 avril 2014, entretien audio uniquement, 65 minutes.
URL : https://iqbal.hypotheses.org/2296

Diene Mbaye, Religion, éducation et société au Sénégal. Point de vue d’un responsable associatif, Dakar, 8 juillet 2015, 26 minutes,
URL : https://iqbal.hypotheses.org/3797

El Bachiri Leïla, Vérité-Sacré-Violence : le triangle anthropologique de Mohammed Arkoun, Genève, 22 décembre 2014, 18 minutes.
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