{"id":589,"date":"2014-05-27T07:17:27","date_gmt":"2014-05-27T07:17:27","guid":{"rendered":"https:\/\/archipress.org\/reda2\/?page_id=589"},"modified":"2014-05-27T07:17:27","modified_gmt":"2014-05-27T07:17:27","slug":"atlas-philosophie-des-reseaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/reda.archipress.org\/?p=589","title":{"rendered":"Atlas, philosophie des r\u00e9seaux"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<span style=\"color: #000000;\">par R&eacute;da Benkirane<\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" align=\"left\" alt=\"L'Opinion, Rabat\" border=\"0\" height=\"29\" hspace=\"1\" src=\"https:\/\/reda.archipress.org\/images\/stories\/logo\/opinion.gif\" style=\"color: #000000;\" title=\"L'Opinion, Rabat\" width=\"100\" \/><span style=\"color: #000000;\">&nbsp;<\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"color: rgb(0, 0, 0); line-height: 1.6em;\">3 f&eacute;vrier 1995<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Serres_Atlas\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1094\" height=\"240\" src=\"https:\/\/reda.archipress.org\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Serres_Atlas-192x300.jpg\" style=\"margin: 3px;\" title=\"\" width=\"154\" \/>Il y a en Michel Serres un marin et un marcheur infatigables. Le philosophe, gascon d&#39;origine, s&#39;est attach&eacute; au fil de ses livres &agrave; multiplier migrations et m&eacute;tissages. D&egrave;s ses d&eacute;buts en &eacute;criture, ce voyageur du savoir s&#39;est investi dans un projet d&eacute;mesur&eacute; : chercher les jonctions possibles entre les sciences exactes, &quot;dures&quot;, et les sciences sociales, &quot;douces&quot;. Fuyant la guerre qui a trop coll&eacute; &agrave; sa jeunesse, il avoue un amour sans bornes &quot;des humanit&eacute;s&quot;, et confesse que le souvenir d&#39;Hiroshima hante sa philosophie. Fils de paysan s&eacute;duit par l&#39;appel du large, &quot;cathare&quot; feignant de s&#39;ignorer, on retrouve chez lui cette qu&ecirc;te quasi sacr&eacute;e d&#39;une connaissance totale. Dans ses livres, l&#39;encyclop&eacute;diste ne manque jamais de faire l&#39;&eacute;loge du gaucher contrari&eacute;, parabole invitant l&#39;apprenti &agrave; &eacute;crire indiff&eacute;remment de la main droite ou de la gauche, &agrave; marcher sur ses deux pieds, penser avec les deux h&eacute;misph&egrave;res du cerveau. Inclassable dans les &eacute;coles de pens&eacute;e, il go&ucirc;te peu aux colloques, et reste peu visible &agrave; l&#39;&eacute;cran cathodique. L&#39;acad&eacute;micien porte excellemment son nom, strict invariant qu&#39;il s&#39;&eacute;crive &agrave; l&#39;endroit, ou de droite &agrave; gauche.\n<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\">\n\tDans son Atlas, Michel Serres nous entra&icirc;ne une fois encore dans ses errances savantes et chaotiques. Destination : ces nouveaux mondes en gestation dans notre vie quotidienne. L&#39;atlas&nbsp;fonctionne comme une sorte d&#39;agenda &eacute;sot&eacute;rique du troisi&egrave;me mill&eacute;naire, pour ceux qui cherchent du recul &agrave; leurs voyages instantan&eacute;s et &agrave; leurs objets nomades. L&#39;individu contemporain, press&eacute; par le syst&egrave;me &eacute;conomique, stress&eacute; par un emploi &quot;chronom&eacute;trique&quot; du temps , parcourt le monde en l&#39;ignorant. Le philosophe cherche &agrave; lui signifier les extensions ambivalentes du r&eacute;el. Ses lecteurs connaissaient son culte du dieu messager Herm&egrave;s, pour lui avoir vou&eacute; un ouvrage en cinq tomes &eacute;tal&eacute; sur plus d&#39;une d&eacute;cennie. La Communication est v&eacute;cue chez Michel Serres comme une communion. Dans son dernier livre, on retrouve cette ferveur particuli&egrave;re, o&ugrave; la valeur d&#39;&eacute;change consiste en l&#39;&Eacute;change lui-m&ecirc;me.<\/p>\n<p>\n\t\t&quot;Doux, dur, tiers, fondations, flux, turbulence, bifurcations, messageries, &eacute;changeurs, flammes, nuages, ch&eacute;rubins&quot;&#8230; Le langage est familier aux th&eacute;oriciens du Chaos, mais il participe depuis toujours aux terminaisons qui innervent l&#39;oeuvre, du<em>&nbsp;Passage du Nord-Ouest<\/em>&nbsp;&agrave; la&nbsp;<em>L&eacute;gende des Anges<\/em>, et qui aident &agrave; parcourir le monde &quot;&agrave; la vitesse de la pens&eacute;e&quot;.\n\t<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;unique r&eacute;f&eacute;rence g&eacute;ographique de l&#39;&quot;Atlas&quot; r&eacute;side dans la d&eacute;dicace du livre. D&egrave;s lors nous quittons l&#39;espace trivial pour les espaces virtuels. Pour passer dans le virtuel, c&#39;est-&agrave;-dire &quot;au voisinage du r&eacute;el&quot;, Michel Serres met &agrave; jour l&#39;image v&eacute;cue par les &quot;errants&quot;. Toute travers&eacute;e entre deux rives se d&eacute;compose en trois parties. Lorsqu&#39;un migrant parvient au &quot;mi-lieu&quot; de son trajet, il traverse un &quot;espace des passages, transparent et virtuel&quot;. Ce &quot;couloir neutre&quot; a la triple caract&eacute;ristique d&#39;&ecirc;tre &eacute;quidistant de toutes les rives, fronti&egrave;res, identit&eacute;s, idiomes, d&#39;annuler par l&agrave; m&ecirc;me toute leur diff&eacute;rence, et aussit&ocirc;t de toutes les r&eacute;unir en m&eacute;tissage. Dans cet espace blanc, il y a de la place pour de la nouveaut&eacute;. Car l&agrave; au point exact du milieu, le philosophe entend qu&#39;il se construit un espace &quot;tiers&quot; entre le local et le global. Michel Serres se demande alors si ce n&#39;est pas lui, ce lieu v&eacute;ritablement universel, &quot;que nous peuplons de r&eacute;seaux&quot;. A partir de l&agrave;, l&#39;auteur entame un va et vient entre l&#39;Aquitaine de son enfance et un paysage japonais qu&#39;il observe adulte. A son extase devant un site printanier, un costume traditionnel, il &eacute;met que &quot;l&#39;autre illumine le m&ecirc;me ou l&#39;&eacute;loign&eacute; le prochain&quot;, avant d&#39;en revenir retourn&eacute; par ce qu&#39;il portait d&eacute;j&agrave; quand &quot;le m&ecirc;me illumine l&#39;autre, et le proche le lointain!&quot;.\n\t<\/p>\n<p>\n\t\tLorsqu&#39;il arpente la gamme des espaces et du temps &quot;impliqu&eacute;s&quot;, le penseur se rep&egrave;re &agrave; l&#39;aide de ses boussoles usuelles. La langue fran&ccedil;aise, repos&eacute;e sur ses&nbsp;fondations gr&eacute;co-latines, habille la d&eacute;monstration scientifique, qui elle reste en retrait, comme ultime et solide rempart au cas o&ugrave; l&#39;ex&eacute;g&egrave;se s&eacute;mantique ferait d&eacute;faut. Quel public croirait ici &agrave; l&#39;annonce du fran&ccedil;ais d&eacute;clinant? Michel Serres m&egrave;ne des voyages totalement d&eacute;sorganis&eacute;s &agrave; partir de sa langue, belle, libre, exub&eacute;rante, difficile pour son traducteur, stimulante pour le lecteur. Liant &quot;du po&egrave;me au th&eacute;or&egrave;me&quot;, le verbe-lierre de Michel Serres s&#39;&eacute;pand et s&#39;&eacute;prend de tous les sens possibles, g&eacute;ographique, &eacute;tymologique, artistique. Une fois c&#39;est l&#39;&eacute;crivain et la &quot;langue usuelle&quot; qui d&eacute;-couvrent la science, une autre fois, le scientifique enclenche le processus inverse. Ce logos &eacute;trange parce qu&#39;au fond anim&eacute; d&#39;un&nbsp;raisonnement math&eacute;matique&nbsp;s&#39;articule gr&acirc;ce &agrave; la cha&icirc;ne des pr&eacute;positions: ces particules f&eacute;tiches chez l&#39;auteur dessinent des cartes &agrave; partir de leur maillage de l&#39;espace. Les &quot;pr&eacute;-positions&quot; sont des &eacute;changeurs de voyages.\n\t<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;ouvrage r&eacute;pertorie entre autre les mondes virtuels qui logent dans le pli (!), qui &quot;permet de passer du lieu &agrave; l&#39;espace&quot;, parce qu&#39;autant l&agrave; &quot;r&eacute;side le secret du gigantisme et de la miniaturisation&quot;. Ce faisant, il est d&eacute;licatement sugg&eacute;r&eacute; une autre &eacute;pist&eacute;mologie, non r&eacute;ductrice, qui &quot;d&eacute;plie&quot; l&#39;univers plut&ocirc;t qu&#39;elle ne le d&eacute;coupe. Le livre rapporte dans la m&ecirc;me perspective le vol impr&eacute;visible de la mouche qui &quot;expose, &ocirc; merveille, la raison et la sagesse du monde&quot;. Se pose ensuite la question de savoir pourquoi l&#39;histoire des sciences trie les oeuvres selon l&#39;obsession d&#39;une rationalit&eacute; pure, quand &quot;elle fait semblant d&#39;ignorer que l&#39;alchimie constitue le principal en volume de celles de Newton&quot;.\n\t<\/p>\n<p>\n\t\tInventaire ouvert des nouvelles mappemondes, le livre se m&eacute;tamorphose progressivement et aboutit finalement en outil &quot;multis-m&eacute;dia&quot; de la litt&eacute;rature mondiale. Retournez &agrave; la Gr&egrave;ce antique pour sonder le champ virtuel de l&#39;Odyss&eacute;e, o&ugrave; Ulysse n&#39;en finit pas de d&eacute;river sur la mer d&#39;&Eacute;g&eacute;e, tout comme n&#39;en finit pas de se faire et d&eacute;faire la toile de P&eacute;n&eacute;lope. Puis revenez bri&egrave;vement &agrave; la science-fiction de Jules Verne, admirez la prospective de ses Voyages extraordinaires. Go&ucirc;tez au Horla, nouvelle de Mauppassant, cherchez-y la tension entre le &quot;hors&quot; et le &quot;l&agrave;&quot;, peut-&ecirc;tre saisirez-vous que &quot;l&#39;exc&egrave;s de voisinage &eacute;quivaut &agrave; un &eacute;loignement&quot;. Glissez enfin sur les pentes dessin&eacute;es de Tintin au Tibet, &agrave; la recherche de l&#39;abominable homme des neiges : vous ne serez pas au bout de vos surprises. Le lecteur se retrouve &agrave; son insu entr&eacute; dans l&#39;&eacute;criture en trois dimensions, v&eacute;rifiant le livre interactif.\n\t<\/p>\n<p>\n\t\tComme &agrave; son accoutum&eacute;e, l&#39;auteur consacre un espace &agrave; la d&eacute;nonciation de la violence, pour ce qu&#39;elle &quot;r&eacute;duit la sagesse au silence&quot;. P&eacute;dagogue, il opte pour une utilisation optimale des r&eacute;seaux tiss&eacute;s par c&acirc;ble et satellite. Il est dit que le virtuel &quot;annule la distance&quot; et qu&#39;il ne co&ucirc;te pas cher: l&#39;enseignement et la formation si justement dits &agrave; distance sont donc plus que jamais possibles &agrave; l&#39;intention des pauvres, eux qui constituent l&#39;ordinaire r&eacute;alit&eacute; de la plan&egrave;te. Voil&agrave; le projet de soci&eacute;t&eacute; auquel le philosophe se prend &agrave; r&ecirc;ver, s&#39;engageant s&#39;il le faut jusque dans les b&acirc;tisses des Nations Unies. Lui dirons-nous que celles-ci se l&eacute;zardent chaque jour un peu plus? Contre vents et mar&eacute;es, Serres, navigateur solitaire, soutient qu&#39;il est messager d&#39;esp&eacute;rance.\n\t<\/p>\n<\/div>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\">\n\t&nbsp;\n<\/div>\n<div align=\"right\" style=\"color: #000000;\">\n\tR&eacute;da Benkirane\n<\/div>\n<div align=\"right\" style=\"color: #000000;\">\n\t&nbsp;\n<\/div>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\">\n<p>\n\t\t<strong>Serres: Points de vue sur le monde<\/strong>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>les Etats-Unis<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Belle nature, laide culture&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>la Russie<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Laide nature, belle culture&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>l&#39;Europe<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Belle nature, belle culture&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>le Sud<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Le tiers monde est promis &agrave; la mort : mort de faim, mort de maladie, mort de tr&egrave;s peu d&#39;esp&eacute;rance de vie (&#8230;) Le plus grand probl&egrave;me de la philosophie, et donc le plus grand probl&egrave;me de notre temps, c&#39;est celui de la mis&egrave;re. Dans le cri d&#39;horreur du tiers monde, j&#39;entends quelque chose de beaucoup plus humain que notre post-modernit&eacute;, qui me para&icirc;t souvent tr&egrave;s d&eacute;risoire&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>le Nord<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot; Nous n&#39;avons pas encore dig&eacute;r&eacute; la soci&eacute;t&eacute; de consommation. Nous ne sommes pas rendu compte de l&#39;enchantement dans lequel nous sommes. Car nous sommes enchant&eacute;s au sens de Merlin : nous sommes pris dans le gel, dans la drogue o&ugrave; la civilisation nous a plac&eacute;s&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>les rapports Nord\/Sud<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Pour simplifier, il y a sur la plan&egrave;te les mis&eacute;rables et les drogu&eacute;s&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>le lib&eacute;ralisme, la croissance et la comp&eacute;tition socio-&eacute;conomiques<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;Quel pays peut parier aujourd&#39;hui qu&#39;il ne sera pas sous-d&eacute;velopp&eacute; dans vingt ans ? Quel homme peut parier qu&#39;il ne sera pas ch&ocirc;meur demain ? La concurrence &agrave; tout prix, c&#39;est ce qui nous rapproche le plus des animaux. (&#8230;) Elle s&#39;apparente trop souvent au darwinisme social. C&#39;est-&agrave;-dire &agrave; l&#39;application de la th&eacute;orie de Darwin aux humains. Or, le malheur des b&ecirc;tes est d&#39;avoir &eacute;t&eacute; darwiniennes&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>la modernit&eacute; occidentale<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;tr&egrave;s avanc&eacute;e du point de vue rationnel et si archa&iuml;sante du point de vue des conduites g&eacute;n&eacute;rales&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>l&#39;information<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;nous sommes aujourd&#39;hui dans l&#39;espace des signes, des r&eacute;seaux, de la communication. Tous les grands affrontements, les grandes appropriations de v&eacute;rit&eacute; se situent d&eacute;sormais sur ce terrain, davantage qu&#39;au niveau des faits. (&#8230;) Du moment que les m&eacute;dias cr&eacute;ent un nouveau r&eacute;el, on a l&#39;impression que le r&eacute;el vrai fout le camp. En d&#39;autres termes, mes contemporains ne prennent plus le parapluie le matin en regardant le ciel, mais la t&eacute;l&eacute;vision. Donc le ciel est dans la t&eacute;l&eacute;&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>le savoir et l&#39;&eacute;ducation<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;L&#39;ancien sch&eacute;ma de vie supposait l&#39;arr&ecirc;t de la formation &agrave; douze, seize ou trente ans. Il est obsol&egrave;te. On le remplacera par la formation continue, de la naissance jusqu&#39;&agrave; la mort, avec beaucoup d&#39;occupations professionnelles. Cela suppose une transformation totale de la p&eacute;dagogie, de l&#39;&eacute;ducation&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>l&#39;usage du fran&ccedil;ais<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Actuellement, les savants, les publicistes, les journalistes parlent anglais. On voit sur les murs de Paris beaucoup plus de mots anglais qu&#39;on ne voyaient de mots allemands pendant l&#39;occupation. Tous les gens qui ont une quelconque responsabilit&eacute;, dans mon pays, ne parlent plus ma langue. Par cons&eacute;quent, j&#39;appelle le fran&ccedil;ais &quot;&nbsp;la langue des pauvres&nbsp;&quot;. Et je la soigne comme je soigne en g&eacute;n&eacute;ral les id&eacute;es que j&#39;ai sur les pauvres&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>la philosophie<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Si la philosophie vaut une heure de peine, il faut qu&#39;elle soit pour tout le monde. Sinon, elle devient instrument de pouvoir&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>le pouvoir<\/strong><span style=\"font-family: Arial;\">&nbsp;: &quot;&nbsp;Quand une chose est du c&ocirc;t&eacute; du pouvoir, elle est mal partie&nbsp;&quot;.<\/span>\n\t<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;\n\t<\/p>\n<p align=\"right\">\n\t\t<span style=\"font-family: Arial;\">Extraits d&#39;un entretien paru dans<em>&nbsp;Le Nouveau Quotidien<\/em>, Lausanne, 1er novembre 1992<\/span><span style=\"font-family: Arial; font-size: xx-small;\">.<\/span>\n\t<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par R&eacute;da Benkirane &nbsp; 3 f&eacute;vrier 1995 Il y a en Michel Serres un marin et un marcheur infatigables. Le philosophe, gascon d&#39;origine, s&#39;est attach&eacute; au fil de ses livres &agrave; multiplier migrations et m&eacute;tissages. D&egrave;s ses d&eacute;buts en &eacute;criture, ce voyageur du savoir s&#39;est investi dans un projet d&eacute;mesur&eacute;&#8230; <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/reda.archipress.org\/?p=589\">Lire plus \/ Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-589","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/589","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=589"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/589\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=589"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=589"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=589"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}