{"id":319,"date":"2014-05-25T11:52:39","date_gmt":"2014-05-25T11:52:39","guid":{"rendered":"https:\/\/archipress.org\/reda2\/?page_id=319"},"modified":"2026-05-05T18:15:45","modified_gmt":"2026-05-05T17:15:45","slug":"lessor-casablancais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/reda.archipress.org\/?p=319","title":{"rendered":"&#8216;essor casablancais"},"content":{"rendered":"<h3 align=\"center\" id=\"mcetoc_1jnsi4gg70\"><a href=\"https:\/\/reda.archipress.org\/?page_id=292\" style=\"border: 0px; font-family: inherit; font-style: inherit; font-weight: inherit; margin: 0px; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: #117bb8;\"><strong style=\"border: 0px; font-family: inherit; font-style: inherit; margin: 0px; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline;\">Bidonville et recasement, modes de vie \u00e0 karyan Ben M&#8217;sik (Casablanca)<\/strong><\/a><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><cite>&#8220;Une base pour l&#8217;\u00e9tranger: telle fut la fonction historique de Casablanca (&#8230;) Sans l&#8217;\u00e9tranger, Casablanca serait sans doute rest\u00e9 un tout petit village, tout au plus un souk important&#8221;. F. Joly<\/cite><\/div>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><\/div>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>1. Une br\u00e8ve histoire de la ville<\/strong><br \/>\nCasablanca est une ville r\u00e9cente. Elle est contemporaine d&#8217;un choc (plus que d&#8217;une rencontre) de cultures et de sous-cultures. Ce qui ne veut pas dire que cette ville n&#8217;ait pas d&#8217;anc\u00eatre fondateur. Les historiens s&#8217;accordent \u00e0 nommer &#8220;Anfa&#8221; le site ancien de la ville. Aujourd&#8217;hui, Anfa d\u00e9signe un quartier r\u00e9sidentiel de luxe. Mais on retrouve \u00e9voqu\u00e9 le nom d&#8217;Anfa dans des textes du XI\u00e8me si\u00e8cle, faisant remonter ainsi sa fondation (par les Z\u00e9n\u00e8tes) \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque que celle de Sal\u00e9 . L\u00e9on l&#8217;Africain la mentionne \u00e9galement comme une petite ville, qui, au XV\u00e8me si\u00e8cle, pratiquait la course. En repr\u00e9sailles, les Portugais, \u00e0 la fin du si\u00e8cle, d\u00e9cident de l&#8217;attaquer, 50 navires et 10 000 hommes \u00e0 la charge. Les habitants d&#8217;Anfa, n&#8217;\u00e9tant pas en mesure de d\u00e9fendre la ville, la d\u00e9sertent d\u00e9finitivement pour Rabat et Sal\u00e9. La ville sera d\u00e9truite et restera inhabit\u00e9e pendant trois si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1770, le sultan de l&#8217;\u00e9poque d\u00e9cide de reconstruire cette place pour la pr\u00e9server d&#8217;un d\u00e9barquement de Portugais qui venaient de perdre alors la ville de Mazagan (El Jadida). La ville est appel\u00e9e <em>Dar El Beida<\/em> <strong><a href=\"\/reda\/#1%20%22Le\" name=\"1\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"1\">1<\/a><\/strong>. D&#8217;embl\u00e9e, le sultan Mohamed Ben &#8216;Abdallah la dote d&#8217;une mosqu\u00e9e, d&#8217;une medersa et d&#8217;un hammam pour la peupler en premier lieu de troupes militaires: la ville d\u00e8s sa fondation attire une population non citadine, originaire de diverses contr\u00e9es du Maroc, ce qui se refl\u00e9tera notamment dans certaines constructions <strong><a href=\"\/reda\/#2%20Les\" name=\"2\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"2\">2<\/a><\/strong>. S&#8217;il installe ses troupes, le sultan souhaite aussi faire de ce petit port un lieu de commerce international. Ce qui lui fait pr\u00e9f\u00e9rer le monopole espagnol de l&#8217;exportation de grains \u00e0 celui des G\u00e9nois. Cette vocation commerciale, bien qu&#8217;insuffl\u00e9e d\u00e8s la naissance \u00e0 la Maison Blanche et proc\u00e9dant d&#8217;une volont\u00e9 de l&#8217;\u00c9tat marocain (<em>Makhzen<\/em>) de s&#8217;ouvrir au commerce maritime, rencontrera beaucoup de difficult\u00e9s, \u00e0 l&#8217;image des vicissitudes de l&#8217;histoire marocaine du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Il faudra attendre 1831 pour que Dar El Beida renoue avec la vocation pressentie, mais cette fois-ci c&#8217;est G\u00eanes qui est destinataire des principales exportations marocaines. Le volume des activit\u00e9s commerciales reste, somme toute, mineur ; en 1836, 3% des exportations maritimes du Maroc transitent par le port de Casablanca <strong><a href=\"\/reda\/#3%20L%27aper%E7u\" name=\"3\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"3\">3<\/a><\/strong>. D\u00e8s la seconde moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle, la ville commence \u00e0 prendre place en tant que comptoir europ\u00e9en en Afrique du Nord. La France, par l&#8217;entremise de soci\u00e9t\u00e9s marseillaises, et l&#8217;Angleterre (qui a introduit le th\u00e9 au Maroc) sont les principaux partenaires \u00e9conomiques. La France importe massivement de la laine de la Chaou\u00efa et des c\u00e9r\u00e9ales, l&#8217;Angleterre s&#8217;int\u00e9resse \u00e0 la laine et au coton pour sa manufacture textile : d\u00e8s la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, des familles commer\u00e7antes de Fez s&#8217;installent comme repr\u00e9sentantes de maisons m\u00e8res \u00e0 Manchester. En 1906, Casablanca est le premier port d&#8217;exportation du Maroc et la ville se peuple en cons\u00e9quence ; de 700 habitants en 1836, elle passe \u00e0 25 000 en 1907 <strong><a href=\"\/reda\/#4%2025\" name=\"4\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"4\">4<\/a><\/strong>. Le Maroc est encore th\u00e9oriquement un pays souverain, mais \u00e0 Casablanca, le contr\u00f4le \u00e9conomique est entre les mains des entrepreneurs fran\u00e7ais et anglais ; ils d\u00e9tournent l&#8217;interdiction de la propri\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re par l&#8217;entremise complaisante d&#8217;autorit\u00e9s locales (ca\u00efdales) ou par l&#8217;association avec des Marocains (prot\u00e9g\u00e9s <a href=\"\/reda\/#5%20La\" name=\"5\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"5\">5<\/a>) du pays Chaou\u00efa. La mainmise \u00e9conomique est d&#8217;autant plus accentu\u00e9e qu&#8217;elle b\u00e9n\u00e9ficie de la coop\u00e9ration de certaines familles bourgeoises de Fez et de Rabat qui viennent commercer \u00e0 Casablanca et qu&#8217;elle est encourag\u00e9e par le Makhzen. Avant l&#8217;instauration officielle du Protectorat, existent les premiers signes du Casablanca des ann\u00e9es 30 et 40. Pr\u00e9sence d&#8217;\u00e9trangers dynamiques et des premi\u00e8res grandes familles citadines migrantes, exode de populations pauvres de la Chaou\u00efa, des Doukkala, Tadla, du Souss et du Dr\u00e2 suite aux ann\u00e9es de s\u00e9cheresse de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, la petite ville a ses aires p\u00e9riph\u00e9riques de huttes (<em>nouala<\/em>)<a href=\"\/reda\/#6%20%22On\" name=\"6\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"6\">6<\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Chaou\u00efa est d\u00e8s la naissance de Casablanca la premi\u00e8re r\u00e9gion d&#8217;\u00e9migration et ses tribus sont les premi\u00e8res \u00e0 mener la r\u00e9volte dans la ville. Par deux fois d\u00e9j\u00e0, et \u00e0 des moments symboliques de la crise de l&#8217;autorit\u00e9 makhzenienne, les tribus b\u00e9douines entrent en r\u00e9bellion et tentent d&#8217;assaillir Casablanca ; en 1794 et en 1795, les tribus s&#8217;\u00e9taient r\u00e9volt\u00e9es dans tout le pays Chaou\u00efa et avaient attaqu\u00e9 Dar El Beida, qui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9fendue et sauv\u00e9e par les Espagnols. En 1907, la mainmise fran\u00e7aise <strong><a href=\"\/reda\/#7%20Des\" name=\"7\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"7\">7<\/a><\/strong> sur Casablanca ne semble plus faire de doute. L&#8217;\u00e9meute g\u00e9n\u00e9rale paraissant imminente, la France et l&#8217;Espagne se mettent d&#8217;accord pour d\u00e9p\u00eacher des troupes \u00e0 Casablanca afin d&#8217;assurer la s\u00e9curit\u00e9 de leurs ressortissants. Et le d\u00e9barquement des hommes du Galil\u00e9e en ao\u00fbt 1907 provoque une r\u00e9bellion sanglante <strong><a href=\"\/reda\/#8%20Parmi\" name=\"8\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"8\">8<\/a><\/strong>. Il faudra alors s&#8217;enfoncer de plus en plus dans les plaines c\u00f4ti\u00e8res pour &#8220;pacifier&#8221; les tribus de la Chaou\u00efa. Tout le Maroc est entr\u00e9 en dissidence ouverte (<em>siba<\/em>), alors que l&#8217;autorit\u00e9 politique est en d\u00e9composition ; le fr\u00e8re du souverain r\u00e9gnant prend alors la t\u00eate du pays, mais la siba s&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, et Moulay Hafid pour imposer \u00e0 tout prix son autorit\u00e9, n&#8217;a d&#8217;autre alternative que d&#8217;en appeler, comme son fr\u00e8re, \u00e0 l&#8217;aide de la France. Le 30 mars 1912 est sign\u00e9 le trait\u00e9 de Fez, par lequel la France s&#8217;est impos\u00e9e en douceur, quoiqu&#8217;inexorablement, au Maroc; c&#8217;est d\u00e9sormais l&#8217;\u00e8re du Protectorat <strong><a href=\"\/reda\/#9%20La\" name=\"9\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"9\">9<\/a><\/strong>. C&#8217;est donc par les villes que le colonialisme p\u00e9n\u00e8tre au Maroc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le contexte socio-politique du Maroc est indissociable de l&#8217;histoire de Casablanca, car la population marocaine de la ville vient de toutes les r\u00e9gions, des cr\u00eates du Rif aux confins du <em>Dr\u00e2<\/em>. Elle a v\u00e9cu tous les soubresauts \u00e9conomiques et politiques que le Maroc a travers\u00e9, et sa venue \u00e0 Casablanca, outre la cons\u00e9quence \u00e9pisodique des ann\u00e9es de s\u00e9cheresse, s&#8217;explique pour une part par les p\u00e9rip\u00e9ties historiques qui allaient amener le syst\u00e8me colonial. Dar El Beida devient Casablanca, par l&#8217;<em>infitah<\/em> \u00e9conomique que les acteurs \u00e9conomiques et les grandes banques fran\u00e7aises (Schneider, Banque de l&#8217;Union Parisienne, Banque de Paris et des Pays-Bas) d\u00e9cideront.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>2. Casablanca \u00e0 la veille du Protectorat<\/strong><br \/>\nLa cit\u00e9 d&#8217;avant le Protectorat fran\u00e7ais n&#8217;est qu&#8217;une petite ville, r\u00e9partie en trois quartiers distincts :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; la m\u00e9dina, aujourd&#8217;hui vieille ville (<em>medina qadima<\/em>) de Casablanca, c&#8217;est le site qu&#8217;a choisi de ressusciter le Prince en 1790, en fortifiant les murs qui donnent sur la mer par une place des canons (sqala). Situ\u00e9e sur la partie Est et Nord-Est de la ville, la m\u00e9dina recueillait b\u00e2timents administratifs (tribunal, douane, consulats \u00e9trangers) et demeures citadines (r\u00e9sidences du Gouverneur, des Europ\u00e9ens, des fonctionnaires et principaux commer\u00e7ants de la ville). La topographie de cette partie musulmane de la ville est conforme au type urbain de la m\u00e9dina arabe, \u00e0 savoir des ruelles plut\u00f4t que des rues, des impasses plut\u00f4t que des places, et une structure compacte, concentrique plut\u00f4t que celle lin\u00e9aire ; or, notre m\u00e9dina est contemporaine, pr\u00e9c\u00e9dant de justesse l&#8217;urbanisation r\u00e9cente&#8230;comment donc expliquer la r\u00e9f\u00e9rence, en tous cas m\u00e9di\u00e9vale, du mod\u00e8le citadin, d&#8217;autant que, rappelons-le, son \u00e9dification n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 le fait d&#8217;une population citadine ? La seule explication historique de cette co\u00efncidence serait que la m\u00e9dina du si\u00e8cle dernier se serait faite sur les vestiges de la cit\u00e9 portuaire d&#8217;Anfa, sur le suivi des traces de la ville pr\u00e9c\u00e9dente. Dans ce cas-ci de l&#8217;hypoth\u00e8se historique, nous aurions alors affaire \u00e0 une cit\u00e9 d&#8217;essence traditionnelle, constituant pour la premi\u00e8re et derni\u00e8re fois une r\u00e9f\u00e9rence historique \u00e0 la ville d\u00e9mesur\u00e9e d&#8217;aujourd&#8217;hui. Ainsi pour Andr\u00e9 Adam, la vieille m\u00e9dina repr\u00e9senterait donc le noyau ancien de la ville d&#8217;Anfa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; le mellah, situ\u00e9 au Sud et Sud-Ouest de la ville, accueillait la population juive marocaine. Il n&#8217;en subsiste actuellement qu&#8217;une petite partie, contigu\u00eb \u00e0 la m\u00e9dina. La tendance des migrations de juifs d&#8217;Azemmour, de Rabat, et d&#8217;autres villes c\u00f4ti\u00e8res, amorc\u00e9e au si\u00e8cle dernier a connu une acc\u00e9l\u00e9ration particuli\u00e8re durant le premier tiers du XX\u00e8me si\u00e8cle. Longtemps avant la cr\u00e9ation d&#8217;Isra\u00ebl, les juifs marocains ont quitt\u00e9 leurs terroirs d&#8217;origine, attir\u00e9s par les activit\u00e9s mercantiles des villes portuaires et les possibilit\u00e9s qui en d\u00e9coulaient ; leur r\u00f4le traditionnel d&#8217;intercesseurs <strong><a href=\"\/reda\/#10%20Le\" name=\"10\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"10\">10<\/a><\/strong> entre acheteurs europ\u00e9ens et commer\u00e7ants musulmans a trouv\u00e9 l\u00e0 un terrain de pr\u00e9dilection, d&#8217;autant que le droit de protection <a href=\"\/reda\/#11%20Conjugu%E9\" name=\"11\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"11\">11<\/a> \u00e9tait susceptible de les concerner directement. Le mellah de Casablanca n&#8217;a bient\u00f4t plus suffit, car d\u00e8s 1926, Casablanca devient la premi\u00e8re ville juive du pays <strong><a href=\"\/reda\/#12%20La\" name=\"12\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"12\">12<\/a><\/strong> ; La m\u00e9dina (intra-muros) et les quartiers qui lui sont contigus (ancienne m\u00e9dina extra-muros) recueillent alors une population mixte, form\u00e9e d&#8217;isra\u00e9lites et de musulmans, qui n&#8217;habite pas encore les quartiers europ\u00e9ens, et qui fait bon m\u00e9nage jusqu&#8217;en 1947-1948. Apr\u00e8s cette date, la migration vers Casablanca n&#8217;est plus qu&#8217;une \u00e9tape pour Isra\u00ebl, le nouvel \u00c9tat proclam\u00e9 en Palestine : le mouvement d\u00e9clench\u00e9 par la colonie de peuplement ainsi constitu\u00e9e aura pour cons\u00e9quence d&#8217;absorber une des plus anciennes populations du Maroc. En termes de flux migratoires et de mouvement dans la ville, la migration des juifs marocains vers Casablanca a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 celle de leurs compatriotes musulmans, et celle vers Isra\u00ebl devance le d\u00e9part de la population europ\u00e9enne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; le quartier de bidonvilles n&#8217;existe pas encore, mais la baraque se retrouve sous sa forme initiale, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;habitation rurale. C&#8217;est le quartier des <em>tnaker<\/em> <strong><a href=\"\/reda\/#13%20La\" name=\"13\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"13\">13 <\/a><\/strong>o\u00f9 vit au Nord et Nord-Ouest de la ville la majorit\u00e9 de la population marocaine, dans quelques maisons en terre, des cabanes en roseaux et une multitude de huttes (nouala). L&#8217;espace de la ville est a\u00e9r\u00e9 par beaucoup de jardins et de vergers. Les tnaker accueillent les populations migrantes. La ruralit\u00e9 de cette zone d&#8217;habitat <strong><a href=\"\/reda\/#14%20%22Les\" name=\"14\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"14\">14 <\/a><\/strong>est \u00e9vidente, tout autant que son imminente prol\u00e9tarisation : le quartier industriel naissant \u00e0 Roches Noires appelle une main-d&#8217;oeuvre bon march\u00e9, non qualifi\u00e9e qui sera encadr\u00e9e par les ouvriers espagnols, italiens, fran\u00e7ais&#8230; Avant donc la mise en place d&#8217;une politique d&#8217;urbanisme, la ville \u00e9quivaut \u00e0 l&#8217;ensemble de trois quartiers (medina-mellah-tnaker), plus la zone r\u00e9serv\u00e9e aux Europ\u00e9ens constitu\u00e9e de camps militaires (1907) et le souq. Mais tr\u00e8s vite ce noyau sommaire de ville va s&#8217;\u00e9tendre, sp\u00e9culation aidant <strong><a href=\"\/reda\/#15%20A.\" name=\"15\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"15\">15<\/a><\/strong>, enclench\u00e9e par les d\u00e9buts de l&#8217;industrie et l&#8217;arriv\u00e9e de plus en plus nombreuse d&#8217;Europ\u00e9ens.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>3. Urbanisme colonial ; l&#8217;approche Lyautey<\/strong><br \/>\nLe premier acte d&#8217;urbanisme colonial \u00e0 Casablanca est l&#8217;agrandissement du port, l&#8217;ann\u00e9e m\u00eame de l&#8217;instauration du Protectorat. Cette d\u00e9cision est prise par Lyautey, et le choix ne doit pas beaucoup \u00e0 la g\u00e9ographie du site casablancais mais surtout \u00e0 l&#8217;essor du grand capital fran\u00e7ais au Maroc. Le projet doit aboutir \u00e0 un port de 140 hectares avec deux jet\u00e9es longues de plus de 1500 m\u00e8tres. Le choix du port indique une fois encore l&#8217;option strictement capitaliste <strong><a href=\"\/reda\/#16%20%22Pour\" name=\"16\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"16\">16<\/a><\/strong> de la France dans la construction de la ville; en effet, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence \u00e0 Casablanca de la plus importante communaut\u00e9 fran\u00e7aise du Maroc, c&#8217;est Rabat qui est choisie pour le si\u00e8ge (politique) de La R\u00e9sidence <strong><a href=\"\/reda\/#17%20%22La\" name=\"17\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"17\">17<\/a><\/strong>. Le transfert de la capitale politique du royaume de F\u00e8s \u00e0 Rabat va de pair avec le choix de la capitale \u00e9conomique casablancaise. L&#8217;axe Casablanca-Rabat va en outre s&#8217;\u00e9tendre jusqu&#8217;\u00e0 la r\u00e9gion du Gharb par la cr\u00e9ation de Port Lyautey (aujourd&#8217;hui K\u00e9nitra), destin\u00e9 \u00e0 abriter une base militaire. C&#8217;est \u00e0 partir de ce moment l\u00e0 que le Maroc va conna\u00eetre un d\u00e9s\u00e9quilibre structurel, \u00e9tant donn\u00e9 la concentration croissante de population sur une superficie repr\u00e9sentant moins de 1% du territoire national.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette division des villes selon l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique, la d\u00e9cision politique et l&#8217;imp\u00e9ratif militaire pr\u00e9sente une symbolique de premi\u00e8re importance ; jusqu&#8217;\u00e0 nos jours cette question de primat de statut (politique sur l&#8217;\u00e9conomique) des villes fait probl\u00e8me, bien au-del\u00e0 d&#8217;une classification socio-culturelle des villes en cit\u00e9s<em>hadaria<\/em> et <em>makhzania<\/em> : m\u00eame la population \u00e9trang\u00e8re \u00e0 Casablanca en arrive \u00e0 se r\u00e9volter en 1913, du d\u00e9sarroi provoqu\u00e9 par le d\u00e9labrement d&#8217;une petite ville mal lotie, constamment en chantier, et sans hygi\u00e8ne publique&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1914, la premi\u00e8re l\u00e9gislation en mati\u00e8re d&#8217;urbanisme est promulgu\u00e9e par d\u00e9cret (dahir), elle pr\u00e9c\u00e9dera en cela la r\u00e9glementation fran\u00e7aise qui ne verra le jour qu&#8217;en 1919 (Loi Cornudet).<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>3.1. Le plan Prost<\/strong><br \/>\nAvec le protectorat, il fallait d\u00e9sormais construire pour la population europ\u00e9enne, en m\u00eame temps qu&#8217;ordonner le b\u00e2ti d\u00e9j\u00e0 existant. Lyautey choisit l&#8217;exp\u00e9rience de l&#8217;urbaniste Prost <strong><a href=\"\/reda\/#18%20Avant\" name=\"18\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"18\">18<\/a><\/strong> pour concevoir le plan d&#8217;urbanisme de Casablanca. Ce plan devait ob\u00e9ir au principe que Lyautey recommandait sur la question des villes au Maroc : fort de son exp\u00e9rience alg\u00e9rienne, d&#8217;un sens esth\u00e9tique marqu\u00e9 par l&#8217;exotisme orientaliste et de la n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse d&#8217;administrer efficacement les villes marocaines, il tenait fermement \u00e0 maintenir une s\u00e9gr\u00e9gation des types d&#8217;habitat, de mani\u00e8re \u00e0 ce que coexiste au sein d&#8217;une m\u00eame ville, deux cit\u00e9s, l&#8217;europ\u00e9enne et l&#8217;indig\u00e8ne. Ce principe lyauteyen, selon lequel il fallait faire \u00e9voluer de mani\u00e8re duale deux soci\u00e9t\u00e9s culturelles, s&#8217;argumentait de facto par un respect de la culture autochtone <strong><a href=\"\/reda\/#19%20%22Nous\" name=\"19\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"19\">19<\/a><\/strong>. Il trouvait \u00e9galement une solide argumentation dans le courant culturaliste de l&#8217;urbanisme. Mais le fameux respect, invoqu\u00e9 dans la conjoncture du moment colonial, avait une valeur d\u00e9monstrative incontestable <strong><a href=\"\/reda\/#20%20%22L%27architecture\" name=\"20\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"20\">20<\/a><\/strong> ; l&#8217;action poursuivie devait aboutir \u00e0 transformer l&#8217;\u00e9lite traditionnelle en l&#8217;attirant autrement que par la r\u00e9pression \u00e0 la civilisation du &#8220;progr\u00e8s&#8221;. En un sens cela r\u00e9ussit, mais la r\u00e9action attendue fut tout \u00e0 fait diff\u00e9rente de celle escompt\u00e9e <strong><a href=\"\/reda\/#21%20%22Si\" name=\"21\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"21\">21<\/a><\/strong>; au lieu d&#8217;\u00eatre subjugu\u00e9s, les Marocains \u00e9taient r\u00e9volt\u00e9s, et allaient lancer le mouvement de lutte national qui, \u00e0 l&#8217;instar du fait colonial, partait de la ville. N\u00e9anmoins, ce principe d&#8217;urbanisme colonial au Maroc impliquait une strat\u00e9gie g\u00e9o-culturelle de premi\u00e8re importance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prost appliqua la consigne de la &#8220;s\u00e9paration compl\u00e8te des agglom\u00e9rations europ\u00e9enne et indig\u00e8ne&#8221; dans son plan, mais dans sa r\u00e9alisation n&#8217;y r\u00e9ussit pas. Il d\u00e9cida de fixer d\u00e9finitivement l&#8217;emplacement des zones <strong><a href=\"\/reda\/#22%20C%27est\" name=\"22\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"22\">22<\/a><\/strong>d&#8217;activit\u00e9s et de r\u00e9sidence : le commerce et l&#8217;industrie allaient avoir leurs quartiers implant\u00e9s \u00e0 l&#8217;est tandis que les quartiers r\u00e9sidentiels seraient localis\u00e9s \u00e0 l&#8217;ouest. Entre les deux p\u00f4les de la cit\u00e9 moderne devaient se situer les zones d&#8217;habitat de la population musulmane. Comme la m\u00e9dina ancienne \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9e, des quartiers extra-muros s&#8217;\u00e9tendaient vers l&#8217;ouest en m\u00eame temps que l&#8217;axe de la route de Marrakech \u00e9tait occup\u00e9 par une quantit\u00e9 de commerces et d&#8217;ateliers d&#8217;artisanat. En 1917, Prost envisageait de construire une nouvelle m\u00e9dina (<em>medina jadida<\/em>) proche du palais dont le roi projetait la proche construction. L&#8217;emplacement de cet ensemble est un vaste terrain priv\u00e9 <strong><a href=\"\/reda\/#23%20L%27op%E9ration\" name=\"23\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"23\">23<\/a><\/strong> dont la cession allait acc\u00e9l\u00e9rer l&#8217;\u00e9dification de cette partie de la ville. Mais, hormis le quartier du roi (<em>derb sidna<\/em>) <strong><a href=\"\/reda\/#24%20Et\" name=\"24\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"24\">24<\/a><\/strong>, l&#8217;am\u00e9nagement de la ville a surtout concern\u00e9 les quartiers d&#8217;habitat europ\u00e9en. D&#8217;un point de vue d&#8217;ensemble, le plan Prost projetait l&#8217;am\u00e9nagement d&#8217;une ville sur un domaine de 1000 hectares, pr\u00e9vu pour une population de 150 000 habitants. Ce qui avait paru hors de proportion en 1914-1918, allait bient\u00f4t s&#8217;av\u00e9rer insuffisant ; d\u00e8s 1921, Casablanca atteignait une population globale de 97 000 habitants dont 62 000 Marocains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1923, Prost quitte le Maroc. Ses options resteront pour autant valables du point de vue du Service de l&#8217;Urbanisme. Mais sur le terrain casablancais, la conjoncture de l&#8217;entre- deux guerres marqu\u00e9e par la crise \u00e9conomique de 1929, et le d\u00e9ferlement des petits paysans vers la ville, rendront rapidement caduques les pr\u00e9visions de Prost. Au niveau des extensions pr\u00e9vues par le plan Prost, rien n&#8217;aura \u00e9t\u00e9 respect\u00e9 : la sp\u00e9culation sur les terrains g\u00e8le l&#8217;espace interm\u00e9diaire entre des lotissements situ\u00e9s en bordure de mer et l&#8217;int\u00e9rieur des terres. Il s&#8217;en suit alors une dispersion des lotissements priv\u00e9s. D&#8217;o\u00f9 un accroissement d\u00e9mesur\u00e9 et chaotique de la ville <strong><a href=\"\/reda\/#25%20%22L%27organisation\" name=\"25\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"25\">25<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;entre-deux guerres voit s&#8217;amplifier la tendance \u00e0 l&#8217;exode rural, coupl\u00e9, jusqu&#8217;en 1936, principalement \u00e0 la colonisation agraire (men\u00e9e de mani\u00e8re extensive <strong><a href=\"\/reda\/#26%20%22Lyautey\" name=\"26\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"26\">26<\/a><\/strong>) et \u00e0 la construction des villes nouvelles ; les petits propri\u00e9taires terriens voient leur terres expropri\u00e9es, rassembl\u00e9es et constitu\u00e9es en vastes domaines qui transforment une agriculture de subsistance en instrument de production \u00e0 grande \u00e9chelle. S&#8217;ils ne se convertissent pas en ouvriers ruraux ou au m\u00e9tayage, ils \u00e9migrent massivement en ville o\u00f9 l&#8217;\u00e9dification de quartiers europ\u00e9ens n\u00e9cessite une main-d&#8217;oeuvre abondante et bon march\u00e9. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;emplacement des bidonvilles &#8220;spontan\u00e9s&#8221; qui se situent en g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e8s des lieux nouvellement construits. Condamn\u00e9s par la loi (dahir du 8 juillet 1938) les grands bidonvilles, tels ceux de Ben M&#8217;sik ou Carri\u00e8res Centrales, sont issus de d\u00e9placements puis regroupements des petites zones d&#8217;habitat pr\u00e9caire <strong><a href=\"\/reda\/#27%20%22L%27administration\" name=\"27\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"27\">27<\/a><\/strong> ; pis encore, ces grands ensembles de bidonvilles sont eux m\u00eames d\u00e9plac\u00e9s par les autorit\u00e9s publiques, suivant que la ville s&#8217;\u00e9tend (Karyan Ben M&#8217;sik quatre fois jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;Ind\u00e9pendance) ou se densifie (Karyan Centra quatre fois \u00e9galement). Ainsi, par exemple, le premier emplacement du bidonville de Ben M&#8217;sik se trouvait dans les ann\u00e9es 20 en lieu et place du quartier des Habous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De 1936 \u00e0 1952 le mouvement vers la ville prend encore plus d&#8217;importance, en raison des ann\u00e9es de s\u00e9cheresse (1936, 1937, 1939 et 1945) et de la reprise de l&#8217;investissement urbain apr\u00e8s la seconde guerre mondiale <strong><a href=\"\/reda\/#28%20%22La\" name=\"28\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"28\">28<\/a><\/strong> . Que reste-t-il du plan Prost ? &#8220;Sa marque ne s&#8217;\u00e9tend gu\u00e8re au-del\u00e0 du p\u00e9rim\u00e8tre 1920 d&#8217;une ville qui depuis a multipli\u00e9 par 6 sa population&#8230;&#8221; <strong><a href=\"\/reda\/#29%20%281955%29\" name=\"29\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"29\">29<\/a><\/strong><\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><strong>3.2. La vision d&#8217;\u00c9cochard<\/strong><\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8220;Si l&#8217;on en juge par ses ambitions, son aspect social et sa vision globaliste des probl\u00e8mes, le plan \u00c9cochard \u00e9tait un chef-d&#8217;oeuvre.&#8221; M&#8217;hamed Dryef, <em>\u00c9dification d&#8217;un \u00c9tat moderne. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faudra attendre l&#8217;apr\u00e8s-guerre pour que soit tent\u00e9e une entreprise urbanistique significative et r\u00e9gulatrice de l&#8217;urbanisation pl\u00e9thorique de Casablanca. Les administrateurs du Protectorat font appel \u00e0 un homme, qui, d\u00e8s sa venue va bouleverser les id\u00e9es re\u00e7ues sur la ville. M. \u00c9cochard d\u00e9barque \u00e0 Casablanca en 1945, empreint des recommandations de la Charte d&#8217;Ath\u00e8nes et du courant progressiste de l&#8217;urbanisme&#8230; Il la quittera en 1953, alors qu&#8217;il n&#8217;a pas fini sa t\u00e2che, tout en ayant pris la peine de lui consacrer un livre, un rapport entrepris comme roman d&#8217;une ville&#8230; A Casablanca, on n&#8217;a pas pardonn\u00e9 \u00e0 l&#8217;urbaniste une vision globale, prospectrice (en d&#8217;autres termes, po\u00e9tique ) de l&#8217;espace urbain qui allait \u00e0 l&#8217;encontre des int\u00e9r\u00eats d&#8217;un lobby tout puissant, celui des sp\u00e9culateurs immobiliers. Et c&#8217;est ce qui pr\u00e9cipitera le d\u00e9part d&#8217;\u00c9cochard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9cochard propose un plan d&#8217;am\u00e9nagement qui doit tenir compte de la croissance d\u00e9sordonn\u00e9e de la ville ainsi que du cours g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;urbanisation au Maroc <strong><a href=\"\/reda\/#30%20%22En\" name=\"30\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"30\">30<\/a><\/strong>. Priorit\u00e9 est donn\u00e9e d&#8217;abord aux villes moyennes et aux agglom\u00e9rations rurales dans l&#8217;am\u00e9nagement du territoire, afin de r\u00e9guler l&#8217;exode rural tout en limitant la migration vers Casablanca. Concernant Casablanca, le plan \u00c9cochard pr\u00e9voit l&#8217;extension de la ville sur l&#8217;axe Casablanca-Mohammedia (comme &#8220;combinat&#8221;), pour former \u00e0 l&#8217;avenir un ensemble urbain, reli\u00e9 par un tissu industriel. La s\u00e9paration des zones d&#8217;habitat selon l&#8217;ordre spatial n&#8217;\u00e9tant plus de mise, d&#8217;autant que le mouvement d&#8217;ind\u00e9pendance nationale \u00e9tait bien d\u00e9clench\u00e9, il s&#8217;agit d\u00e9sormais d&#8217;attirer l&#8217;\u00e9lite indig\u00e8ne au mode de vie repr\u00e9sent\u00e9 par la villa et l&#8217;appartement. Concernant l&#8217;habitat marocain, une trame 8 x 8 m\u00e8tres fut propos\u00e9e comme base d&#8217;un b\u00e2ti \u00e9volutif \u00e0 partir d&#8217;une cellule (deux pi\u00e8ces\/cuisine\/W-C. + cour) : la &#8220;trame \u00c9cochard&#8221; est d&#8217;autant plus novatrice qu&#8217;elle concerne l&#8217;immeuble aussi bien que le bidonville. Pos\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle, cette trame r\u00e9duit les co\u00fbts financiers, mais le montage financier (semi-public) de l&#8217;op\u00e9ration n&#8217;a pas pu \u00eatre men\u00e9 \u00e0 bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le travail entrepris \u00e0 Casablanca par \u00c9cochard s&#8217;inscrit dans une certaine conception de l&#8217;urbanisme, de type \u00e9volutionniste, \u00e9minemment li\u00e9e au concept de modernisation, en ce sens qu&#8217;il se veut imm\u00e9diatement (et pour longtemps) op\u00e9rationnel dans les villes du Tiers Monde. Comment ? En assurant bien-s\u00fbr des \u00e9quipements urbains, mais plus particuli\u00e8rement les \u00e9quipements infrastructurels. Travailler \u00e0 une trame d&#8217;\u00e9quipements de la cit\u00e9, quelle que soit son \u00e9tape de croissance, cela reste l&#8217;aspect majeur de l&#8217;approche d&#8217;\u00c9cochard. Dans ce que proposait \u00c9cochard pour Casablanca, il y a une \u00e9thique g\u00e9n\u00e9rale et g\u00e9n\u00e9reuse et une pratique technocratique agressive. Entre les deux, le pont \u00e9tait trop faible pour consacrer \u00e0 terme le plan d&#8217;\u00c9cochard. D&#8217;autant que l&#8217;urbaniste, dans le cadre de ses responsabilit\u00e9s, \u00e9tait en train d&#8217;op\u00e9rer une mise \u00e0 niveau entre urbanisme et am\u00e9nagement du territoire. Pour le comprendre, il faut saisir l&#8217;importance que l&#8217;urbaniste donnait \u00e0 la planification des voies de circulation <strong><a href=\"\/reda\/#31%20En\" name=\"31\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"31\">31<\/a><\/strong>. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;effet retour de ce couplage serr\u00e9 et \u00e0 tr\u00e8s haute \u00e9chelle entre urbanisme et planification du territoire ; l'&#8221;urbanit\u00e9&#8221; casablancaise, avec son caract\u00e8re pl\u00e9thorique (exprim\u00e9 bien avant l&#8217;action de Prost), s&#8217;est traduite par un espace urbain \u00e9clat\u00e9. L&#8217;ayant n\u00e9anmoins pr\u00e9visualis\u00e9, \u00c9cochard se risque \u00e0 &#8220;penser&#8221; la fragmentation de l&#8217;espace, pour mieux l&#8217;organiser et en pr\u00e9venir les probl\u00e8mes dans le sc\u00e9nario d&#8217;une ville coloniale. D&#8217;o\u00f9 &#8220;l&#8217;id\u00e9e directrice&#8221; de son plan d&#8217;urbanisme : l&#8217;application du zonage <strong><a href=\"\/reda\/#32%20%22ces\" name=\"32\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"32\">32<\/a><\/strong>. Et encore une fois, ici \u00c9cochard n&#8217;a fait qu&#8217;enrichir la conception pr\u00e9d\u00e9finie par son pr\u00e9d\u00e9cesseur <strong><a href=\"\/reda\/#33%20%22Nous\" name=\"33\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"33\">33<\/a><\/strong>. Mais il faut reconna\u00eetre que sur le terrain, l&#8217;application du zonage et la d\u00e9finition de l&#8217;autoroute urbaine segmentent un espace urbain d\u00e9j\u00e0 passablement dispers\u00e9. La tendance s\u00e9gr\u00e9gative (ou sp\u00e9cialis\u00e9e) de l&#8217;habitat demeure malgr\u00e9 tout dans l&#8217;urbanisme d&#8217;\u00c9cochard, m\u00eame si parall\u00e8lement il y a une avanc\u00e9e certaine de l&#8217;habitat social. Pour nous, la d\u00e9ficience tient \u00e0 l&#8217;ambigu\u00eft\u00e9 pour l&#8217;urbaniste de penser la ville coloniale, en l&#8217;orientant dans le m\u00eame temps \u00e0 partir d&#8217;une culture nationale et d&#8217;une modernisation socio-politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement au Casablanca de Prost, celui d&#8217;\u00c9cochard est ancr\u00e9 dans la dur\u00e9e, m\u00eame si celle-ci s&#8217;inscrit dans une repr\u00e9sentation du temps exog\u00e8ne et progressiste <a href=\"\/reda\/#34%20les\" name=\"34\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"34\">34<\/a>. Cette conception originale, ambitieuse de la polis du XX\u00e8me si\u00e8cle con\u00e7ue pour une ville de d\u00e9veloppement colonial (dont on suppose implicitement la croissante forte et soutenue) allait \u00eatre combattue par ceux m\u00eame qui avait appel\u00e9 l&#8217;urbaniste au chantier. Les raisons de l&#8217;\u00e9chec sont riches d&#8217;enseignements, confront\u00e9es au projet urbanistique en lui-m\u00eame <strong><a href=\"\/reda\/#35%20%22Cet\" name=\"35\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"35\">35<\/a><\/strong> ; les politiques urbaines qui en d\u00e9coulent, peuvent-elles se substituer \u00e0 la politique globale, contrer la logique sp\u00e9culative sur le foncier, et cadrer des pratiques urbaines &#8220;spontan\u00e9es&#8221;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, \u00c9cochard a syst\u00e9matis\u00e9 cet urbanisme <strong><a href=\"\/reda\/#36%20%22La\" name=\"36\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"36\">36<\/a><\/strong> dans une r\u00e9flexion globale sur les villes du Sud. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s Casablanca, on le retrouvera \u00e0 l&#8217;oeuvre \u00e0 Karachi. S&#8217;il a, dans une certaine mesure, \u00e9chou\u00e9 au sein de l&#8217;administration coloniale, il a en tous cas soulev\u00e9 un probl\u00e8me toujours d&#8217;actualit\u00e9 en mati\u00e8re de politiques urbaines au Maroc ; celui de l&#8217;habitat du plus grand nombre.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>4. De la s\u00e9gr\u00e9gation spatiale \u00e0 la hi\u00e9rarchie sociale; mouvements de modernisation<\/strong><br \/>\nApr\u00e8s l&#8217;ind\u00e9pendance politique obtenue en 1956, les migrations internationales des populations europ\u00e9enne et juive marocaine sont d\u00e9sormais in\u00e9luctables et irr\u00e9versibles. Les villes du Maroc d\u00e9placent leur centre de gravit\u00e9 (ce que n&#8217;avait pas pris en compte l&#8217;am\u00e9nagement d&#8217;\u00c9cochard, puisque celui-ci travaillait sur une ville coloniale), et par l\u00e0 m\u00eame, la s\u00e9gr\u00e9gation spatiale promue par l&#8217;urbanisme colonial va se transformer en s\u00e9gr\u00e9gation sociale promue par le niveau de vie. Les Europ\u00e9ens quittent d\u00e9finitivement les quartiers qui leur \u00e9taient propos\u00e9s, et l&#8217;\u00e9lite citadine marocaine les remplace dans ces logements d&#8217;un nouveau type ; les juifs marocains sont de plus en plus nombreux \u00e0 \u00e9migrer et donc \u00e0 vider le mellah et la vieille m\u00e9dina, bidonvillois et migrants ruraux s&#8217;entassent dans la m\u00e9dina jusqu&#8217;\u00e0 taudification. Parall\u00e8lement \u00e0 ces mobilit\u00e9s multiples de population, le courant de l&#8217;exode rural prend de plus en plus d&#8217;importance. Le paysage social de la ville s&#8217;ancre comme auparavant dans une hi\u00e9rarchie d&#8217;habitat et de quartiers. Le d\u00e9veloppement s\u00e9par\u00e9 des communaut\u00e9s durant le Protectorat relevait essentiellement d&#8217;une option politique ; sur le terrain, cela se traduisait par un \u00e9clatement physique de la ville, un assemblage discontinu de quartiers plus ou moins achev\u00e9s. Mais \u00e0 l&#8217;Ind\u00e9pendance, la mise en place d&#8217;un nouvel ordonnancement social au sein de la ville va finalement traduire une d\u00e9termination \u00e9conomique. Cette transformation touche \u00e9galement, et c&#8217;est d&#8217;autant plus marquant, les villes traditionnelles du Maroc. Le cas d&#8217;une cit\u00e9 historique comme F\u00e8s est \u00e0 cet \u00e9gard r\u00e9v\u00e9lateur <strong><a href=\"\/reda\/#37%20Le\" name=\"37\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"37\">37<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes, l&#8217;\u00e9lite marocaine avait commenc\u00e9 \u00e0 investir les quartiers r\u00e9sidentiels de villas (le Polo) avant 1956, mais le ph\u00e9nom\u00e8ne n&#8217;\u00e9tait pas g\u00e9n\u00e9ral. On trouvait encore les notables casablancais bien implant\u00e9s \u00e0 Derb Sultan, au quartier habous, aux alentours imm\u00e9diats du palais royal. La conqu\u00eate par \u00e9tapes (C. I. L., Anfa) des quartiers en direction de A\u00efn Diab s&#8217;est faite au fur et \u00e0 mesure de la cons\u00e9quente fortune de ces nouveaux demandeurs de logement. L&#8217;attraction manifeste d&#8217;un nouveau genre de vie s&#8217;impose dans des attitudes nouvelles face au travail (dans les quartiers de type europ\u00e9en), au d\u00e9placement dans la ville (la voiture), \u00e0 la conception de l&#8217;habitat (le confort moderne). La m\u00e9dina, d\u00e9laiss\u00e9e par ses premiers habitants ayant opt\u00e9 pour des migrations interurbaines, enfle alors en densit\u00e9 humaine, sous la pression, d\u00e9j\u00e0 ancienne \u00e0 Casablanca, de nouveaux arriv\u00e9s en ville. Le bidonville (qui a par ailleurs repr\u00e9sent\u00e9 un bastion de la r\u00e9sistance arm\u00e9e) se sature par une parcellisation intensive, ou se d\u00e9veloppe en petits quartiers (douars) sur d&#8217;autres sites, dans les poches de quartiers r\u00e9sidentiels.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>4.1. 1956-1970 ; l&#8217;am\u00e9nagement conjoncturel<\/strong><br \/>\nLes travaux pionniers de M. Naciri ont indiqu\u00e9 clairement la voie pour une meilleure compr\u00e9hension de l&#8217;administration territoriale au Maroc. Quel est l&#8217;historique des rapports entre une masse d&#8217;usagers et une poign\u00e9e de professionnels de l&#8217;am\u00e9nagement, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment comment faire l&#8217;histoire des relations entre politiques rurales\/urbaines et soci\u00e9t\u00e9 globale ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De l&#8217;ind\u00e9pendance \u00e0 nos jours, le monde rural aussi bien que les villes marocaines ont \u00e9t\u00e9 travers\u00e9s par des crises, marqu\u00e9es par des \u00e9v\u00e9nements traducteurs de mouvements sociaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La priorit\u00e9 donn\u00e9e d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de l&#8217;Ind\u00e9pendance au monde rural permet, selon la conception de ce type d&#8217;am\u00e9nagement, de freiner l&#8217;exode rural en s&#8217;attachant le plus possible \u00e0 fixer les populations sur place. A l&#8217;ind\u00e9pendance, le fait marquant de la d\u00e9cennie 50 en mati\u00e8re d&#8217;urbanisation est le d\u00e9veloppement de l&#8217;habitat sous-int\u00e9gr\u00e9, habitat du plus grand nombre et des plus pauvres. L&#8217;\u00c9tat marocain consid\u00e8re que la solution \u00e0 apporter au probl\u00e8me de l&#8217;habitat pr\u00e9caire constitue un investissement improductif en termes de croissance \u00e9conomique. En fait, les dimensions du probl\u00e8mes se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre quelques-unes des cons\u00e9quences majeures du d\u00e9veloppement colonial (d\u00e9structuration du monde rural, d\u00e9sint\u00e9gration des villes marocaines), et le jeune \u00c9tat ind\u00e9pendant n&#8217;est alors aucunement pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser la croissance urbaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1965, Casablanca conna\u00eet une \u00e9meute qui inscrit d\u00e9sormais le mouvement urbain dans un type nouveau de dynamique sociale. Celle-ci met en sc\u00e8ne des acteurs sociaux nouveaux (les jeunes), issus du processus de modernisation du pays, \u00e0 propos d&#8217;une cause \u00e9galement nouvelle (l&#8217;enseignement), fruit de la politique de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social. A l&#8217;origine, les jeunes entament une gr\u00e8ve concernant des revendications relatives \u00e0 l&#8217;enseignement. Ce mouvement urbain est finalement tr\u00e8s vite r\u00e9prim\u00e9, mais il induit une r\u00e9orientation de l&#8217;am\u00e9nagement du territoire, en vue d&#8217;une meilleure concordance entre planifications rurale et urbaine. La prise de conscience est d&#8217;autant plus marqu\u00e9e, que le manque de consid\u00e9ration des co\u00fbts sociaux de l&#8217;urbanisation (qui a pr\u00e9valu, en partie, dans les choix d&#8217;une priorit\u00e9 de l&#8217;am\u00e9nagement rural, peu de temps apr\u00e8s l&#8217;ind\u00e9pendance) trouve \u00e9cho dans les r\u00e9sultats du recensement de 1971 : le taux de croissance annuel moyen de 1960 \u00e0 1971 est de 3,5 % pour Casablanca, quand celui de la m\u00eame p\u00e9riode pour l&#8217;ensemble du Maroc atteint 4,3 %, faisant passer le taux d&#8217;urbanisation de 29,15 % (1960) \u00e0 35,2 % (1971) <strong><a href=\"\/reda\/#38%20Source\" name=\"38\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"38\">38<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9cennie 70 <strong><a href=\"\/reda\/#39%20Pr%E9cisons\" name=\"39\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"39\">39<\/a><\/strong> voit la cr\u00e9ation d&#8217;un minist\u00e8re de l&#8217;habitat et de l&#8217;urbanisme, et cette p\u00e9riode permet \u00e0 l&#8217;\u00c9tat marocain de mettre en place une politique du logement \u00e0 partir de son assiette fonci\u00e8re. Elle est destin\u00e9e principalement aux couches moyennes, porteuses selon lui d&#8217;une force motrice du d\u00e9veloppement. Mais cette politique, aussi ambitieuse soit-elle, une fois ses r\u00e9alisations traduites en nombre de logements fournis, ne touche en fin de compte qu&#8217;une partie de la cat\u00e9gorie sociale moyenne <strong><a href=\"\/reda\/#40%20C%27est\" name=\"40\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"40\">40<\/a><\/strong>. Pourquoi ? Malgr\u00e9 le fait qu&#8217;il y a eu parall\u00e8lement une assez forte accession \u00e0 des terrains propos\u00e9s par l&#8217;\u00c9tat, ce sont les premiers arriv\u00e9s qui sont les premiers servis, et les &#8220;clandestins&#8221; sont les habitants qui n&#8217;ont pas pu b\u00e9n\u00e9ficier de lots de terrain. Ensuite, l&#8217;acc\u00e8s aux modes de financement officiels n&#8217;a concern\u00e9 qu&#8217;une fraction des couches moyennes, la <em>upper middle class<\/em>. Enfin l&#8217;acquisition officielle d&#8217;un terrain ou d&#8217;un logement construit passe par une proc\u00e9dure longue et complexe <strong><a href=\"\/reda\/#41%20Si\" name=\"41\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"41\">41<\/a><\/strong>, et qui ne peut en cons\u00e9quence toucher une majorit\u00e9 des couches moyennes, la <em>lower middle class<\/em>. Celle-ci et la <em>upper poor class<\/em> pr\u00e9f\u00e8rent passer par d&#8217;autres fili\u00e8res de construction, pour des questions de financement, de disponibilit\u00e9 de terrain sur le march\u00e9, ou de contournement de la proc\u00e9dure d&#8217;autorisation en particulier pour les travailleurs \u00e9migr\u00e9s. La rapidit\u00e9 du mode d&#8217;acc\u00e8s au logement, et la facilit\u00e9 du mode de financement d\u00e9montrent une adaptation certaine aux conditions socio-\u00e9conomiques urbaines.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>4.2. Une p\u00e9riode d\u00e9cisive, la d\u00e9cennie 70<\/strong><br \/>\nLa d\u00e9cennie 70 est doublement importante du point de vue de la question du logement puisqu&#8217;elle voit, en m\u00eame temps qu&#8217;une promotion immobili\u00e8re encourag\u00e9e par l&#8217;\u00c9tat, la naissance et le d\u00e9veloppement d&#8217;une urbanisation massive dite &#8220;clandestine&#8221; sur un courte p\u00e9riode. Les ann\u00e9es 70 restent g\u00e9n\u00e9ralement le cadre temporel o\u00f9 a commenc\u00e9 et s&#8217;est achev\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne massif de production de logement par l&#8217;\u00c9tat. Cette p\u00e9riode a correspondu, pour les pays du Tiers Monde issus des ind\u00e9pendances politiques des ann\u00e9es 50 et d\u00e9but des ann\u00e9es 60, \u00e0 l&#8217;effort de jeunes \u00c9tats pour asseoir une base sociale \u00e0 partir de leur action en direction des couches moyennes de la population. Les politiques sociales ne sont plus consid\u00e9r\u00e9es comme improductives, d&#8217;autant qu&#8217;elles ne concernent pas les plus pauvres des habitants de la ville. Et si l&#8217;effort important qui a \u00e9t\u00e9 consenti par l&#8217;\u00c9tat s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 insuffisant \u00e0 conjurer la crise du logement dans les villes marocaines, c&#8217;est d&#8217;une part l&#8217;ampleur du d\u00e9ficit en logements \u00e0 combler, et d&#8217;autre part certains choix pr\u00e9f\u00e9rentiels de l&#8217;urbanisme officiel qui peuvent l&#8217;expliquer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9cennie 70 correspond aussi \u00e0 une p\u00e9riode de forte migration transnationale. La main-d&#8217;oeuvre s&#8217;exporte sans restriction \u00e0 destination de l&#8217;Europe ainsi que vers certains pays arabes (sp\u00e9cialement dans les \u00c9tats b\u00e9douins de Lybie, d&#8217;Arabie S\u00e9oudite et des \u00e9mirats du Golfe). Et la pr\u00e9sence \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger d&#8217;une importante population immigr\u00e9e n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas sans incidence sur le cours de l&#8217;urbanisation &#8220;clandestine&#8221;. Ainsi dans ces nouveaux quartiers &#8220;non-r\u00e9glementaires&#8221;, une part importante des logements est le fait de travailleurs \u00e9migr\u00e9s. Ceux-ci, \u00e0 partir du surplus qu&#8217;ils d\u00e9gagent de leur travail, investissent dans l&#8217;habitat soit pour s&#8217;assurer un logement d\u00e9finitif, soit pour b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une rente immobili\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&#8217;instar de l&#8217;ensemble des villes en d\u00e9veloppement, Casablanca est devenue m\u00e9galopole sans que son administration n&#8217;ait pu pr\u00e9voir ni ma\u00eetriser sa croissance. Ce n&#8217;est qu&#8217;au sortir de la d\u00e9cennie 70 que les autorit\u00e9s publiques commencent \u00e0 mesurer l&#8217;ampleur de l&#8217;urbanisation casablancaise et ses implications socio-politiques. Pour le pouvoir politique, parall\u00e8lement \u00e0 la nouvelle action urbanistique, il est \u00e9galement devenu imp\u00e9ratif de situer Casablanca et son image aussi bien sur le plan national qu&#8217;au niveau international.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>5. 1980-1990 : le &#8220;nouvel urbanisme&#8221;<\/strong><br \/>\nL&#8217;image de marque casablancaise va \u00eatre tout de m\u00eame contrari\u00e9e par les \u00e9meutes de 1981 et 1984. La fin de la d\u00e9cennie 70 est l&#8217;occasion d&#8217;une prise de conscience. Pour ce qui est des bidonvilles, la Banque Mondiale m\u00e8ne au Maroc des \u00e9tudes socio-\u00e9conomiques en vue de proposer la restructuration des principales zones sous-int\u00e9gr\u00e9es. La pr\u00e9occupation officielle de la Banque est simple ; par une &#8220;solidification&#8221; progressive des bidonvilles, il s&#8217;agit d&#8217;abord de promouvoir le niveau de vie des populations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Casablanca, la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9organiser l&#8217;organigramme politico-administratif s&#8217;impose de plus en plus du fait de l&#8217;ampleur que prend la ville. Le recensement de 1971 donnait pour Casablanca une population de 1,5 million d&#8217;habitants, et les pr\u00e9visions pour 1982 sont de l&#8217;ordre de 4 \u00e0 5 millions d&#8217;habitants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours des ann\u00e9es 70, l&#8217;ach\u00e8vement de l&#8217;autoroute urbaine casablancaise avait finalement cr\u00e9\u00e9 une fronti\u00e8re au-del\u00e0 de laquelle les quartiers populaires ne relevaient plus tellement de la ville proprement dite, mais plut\u00f4t de l&#8217;urbanisation &#8220;clandestine&#8221;, de l&#8217;habitat pauvre et anarchique <strong><a href=\"\/reda\/#42%20Pour\" name=\"42\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"42\">42<\/a><\/strong>. Dix ans plus tard, les autorit\u00e9s publiques r\u00e9alisent qu&#8217;il est imp\u00e9ratif de transformer un paysage urbain \u00e9clat\u00e9, en int\u00e9grant au mieux les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques et leur population. La gestion urbaine avait \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;alors marqu\u00e9e par une mauvaise coordination du fait m\u00eame du d\u00e9coupage administratif. Comprenant la difficult\u00e9 d&#8217;agir dans le cadre des institutions existantes, les autorit\u00e9s publiques projettent de r\u00e9guler l&#8217;urbanisation <strong><a href=\"\/reda\/#43%20%22Pr%F4n%E9e\" name=\"43\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"43\">43<\/a><\/strong> par le biais d&#8217;une d\u00e9centralisation administrative parall\u00e8lement \u00e0 une centralisation des d\u00e9cisions en mati\u00e8re d&#8217;urbanisme.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>5.1. Le sch\u00e9ma directeur et l&#8217;organisation administrative du Grand Casablanca<\/strong><br \/>\nLes \u00e9meutes survenues au mois de juin 1981 viennent confirmer l&#8217;urgence de certains aspects socio-politiques de l&#8217;urbanisation casablancaise. Au mois de juillet de la m\u00eame ann\u00e9e, il est fait appel \u00e0 l&#8217;architecte parisien Michel Pinseau pour la r\u00e9alisation d&#8217;un sch\u00e9ma directeur susceptible de jeter les grandes lignes du &#8220;nouvel urbanisme&#8221; <strong><a href=\"\/reda\/#44%20%22Organiser\" name=\"44\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"44\">44<\/a><\/strong>. Et les r\u00e9sultats du recensement de 1982 r\u00e9visent \u00e0 la baisse les pr\u00e9visions alarmantes concernant la population casablancaise <strong><a href=\"\/reda\/#45%20%22De\" name=\"45\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"45\">45<\/a><\/strong> ; avec 2,3 millions d&#8217;habitants en 1982, la capitale \u00e9conomique du Maroc concentre 12 % de la population marocaine pour 50 % de l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique du le pays <strong><a href=\"\/reda\/#46%20Pour\" name=\"46\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"46\">46<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s 1981, Casablanca est divis\u00e9e administrativement en cinq grandes pr\u00e9fectures (Ben M&#8217;sik-Sidi Othman, A\u00efn Chock-Hay Hassani, Casablanca-Anfa, A\u00efn Sebaa-Hay Mohammadi et Mohammedia Zenata <strong><a href=\"\/reda\/#47%20Une\" name=\"47\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"47\">47<\/a><\/strong>), et \u00e0 partir de 1984, la ville est contr\u00f4l\u00e9e au niveau urbanistique par un centre de contr\u00f4le et de d\u00e9cision, l&#8217;Agence Urbaine de Casablanca. Le pari est ambitieux : cr\u00e9er une \u00e9mulation entre les diff\u00e9rentes pr\u00e9fectures pour une meilleure gestion urbaine et dans le m\u00eame temps contr\u00f4ler de mani\u00e8re la plus absolue possible le d\u00e9veloppement urbain gr\u00e2ce \u00e0 la &#8220;structure d&#8217;orchestration&#8221; de l&#8217;Agence urbaine. Le but ultime de cette restructuration casablancaise est de donner une nouvelle image de la ville, conforme \u00e0 celle de l&#8217;ordre politique marocain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sch\u00e9ma directeur propos\u00e9 par l&#8217;\u00e9quipe Pinseau est un document pr\u00e9sentant les grandes options du d\u00e9veloppement urbain valables pour une p\u00e9riode de vingt ans. 98 000 hectares ont \u00e9t\u00e9 retenus pour la croissance de la ville, selon le sch\u00e9ma lin\u00e9aire pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9fini par \u00c9cochard. Les points les plus importants de ce document sont l&#8217;extension urbaine vers Mohammedia (plut\u00f4t que vers El Jadida), l&#8217;am\u00e9lioration des transports, la r\u00e9partition des \u00e9quipements centraux (universit\u00e9s, h\u00f4pitaux), enfin la mise en place d&#8217;un outil de gestion et de contr\u00f4le du d\u00e9veloppement urbain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cadre du rapport justificatif du sch\u00e9ma directeur de Casablanca, l&#8217;identification des probl\u00e8mes urbains est tout \u00e0 fait convaincante. Il est constat\u00e9 tout d&#8217;abord l&#8217;insuffisance des \u00e9quipements urbains. Le retard des \u00e9quipements viaires (principalement travaux de voiries et r\u00e9seaux d&#8217;assainissement) par rapport \u00e0 l&#8217;extension du p\u00e9rim\u00e8tre urbain se traduit par un d\u00e9ficit foncier. La p\u00e9nurie de terrains \u00e9quip\u00e9s se traduit en outre par une densification progressive de l&#8217;espace urbain <strong><a href=\"\/reda\/#48%20Ainsi\" name=\"48\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"48\">48<\/a><\/strong>. Or cette densification profite essentiellement aux principaux producteurs du logement : propri\u00e9taires fonciers, lotisseurs et collectivit\u00e9 publique <strong><a href=\"\/reda\/#49%20%22Les\" name=\"49\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"49\">49<\/a><\/strong>. La production insuffisante de logements et l&#8217;inadaptation du mode de financement pour l&#8217;acc\u00e8s au logement <strong><a href=\"\/reda\/#50%20D%27apr%E8s\" name=\"50\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"50\">50<\/a><\/strong> figurent \u00e9galement parmi les constats relev\u00e9s dans le rapport justificatif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au niveau des activit\u00e9s urbaines, le sch\u00e9ma directeur constate la d\u00e9ficience des transports publics <strong><a href=\"\/reda\/#51%20%22L%27organisation\" name=\"51\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"51\">51<\/a><\/strong>. Avec une voiture pour 20 habitants et un autobus pour 4 000 habitants, l&#8217;automobile et l&#8217;autobus assurent chacun 17 % de la mobilit\u00e9 totale. Et 75 % des d\u00e9placements ont pour motifs le travail ou l&#8217;\u00e9cole. Pr\u00e8s de 50 % des d\u00e9placements scolaires et 25 % des d\u00e9placements vers les lieux de travail sont pi\u00e9tonniers. C&#8217;est pourquoi les recommandations du sch\u00e9ma directeur pr\u00e9voient \u00e0 moyen terme la construction d&#8217;un m\u00e9tro l\u00e9ger, une solution appropri\u00e9e pour une ville qui comptera 4 millions d&#8217;habitants en 2000. Pour ce qui est des documents d&#8217;urbanisme, le rapport constate leurs &#8220;obsolescence&#8221; et &#8220;incoh\u00e9rence&#8221;, d&#8217;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9unifier la r\u00e9glementation urbaine avec les bons offices de l&#8217;Agence Urbaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, concernant le probl\u00e8me foncier, aspect central de l&#8217;urbanisation casablancaise, il est envisag\u00e9 la cr\u00e9ation d&#8217;une Agence Fonci\u00e8re coupl\u00e9e \u00e0 l&#8217;Agence Urbaine. A ce propos, il faut rappeler que le sch\u00e9ma directeur avait programm\u00e9 l&#8217;\u00e9quipement de 12 000 hectares de 1982 \u00e0 2000, dont 4000 hectares pour la p\u00e9riode 1982-1990. Or il nous faut pr\u00e9ciser que l&#8217;Agence Fonci\u00e8re en question n&#8217;a jamais vu le jour, sa mission ayant \u00e9t\u00e9 finalement raccord\u00e9e \u00e0 celle de l&#8217;Agence Urbaine. Or, en 1990, l&#8217;Agence Urbaine n&#8217;avait pu urbaniser qu&#8217;un millier d&#8217;hectares sur les 4000 recommand\u00e9s par le sch\u00e9ma directeur. La faillite dans le domaine foncier est manifeste. Aussi lorsque des techniciens de l&#8217;agence tentent de r\u00e9fl\u00e9chir sur les moyens d&#8217;atteindre les objectifs fix\u00e9s par le sch\u00e9ma directeur, ils aboutissent \u00e0 un constat g\u00eanant <strong><a href=\"\/reda\/#52%20En\" name=\"52\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"52\">52<\/a><\/strong> : les moyens d&#8217;appropriation publique du sol (sp\u00e9cialement le droit de pr\u00e9emption) ne sont pas efficacement soutenus juridiquement. Bien que pr\u00e9vue \u00e0 cet effet, une loi n&#8217;a toujours pas vu le jour. De l&#8217;aveu m\u00eame de ses principaux responsables <strong><a href=\"\/reda\/#53%20Selon\" name=\"53\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"53\">53<\/a><\/strong>, l&#8217;agence, pourtant puissante, se cantonne dans une attitude passive face \u00e0 la sp\u00e9culation. Car en ce domaine, l&#8217;Agence Urbaine (qui joue le r\u00f4le d&#8217;Agence Fonci\u00e8re) n&#8217;a pas r\u00e9elle autorit\u00e9 en la mati\u00e8re. Au cours de son existence, elle n&#8217;a eu recours que deux fois seulement \u00e0 la d\u00e9claration d&#8217;utilit\u00e9 publique <strong><a href=\"\/reda\/#54%20La\" name=\"54\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"54\">54<\/a><\/strong> : la premi\u00e8re fois pour la r\u00e9alisation d&#8217;une grande avenue devant relier la grande mosqu\u00e9e de Casablanca au quartier des affaires, une seconde fois pour d\u00e9gager un site de recasement \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de l&#8217;agglom\u00e9ration casablancaise (Sud-Est de Dar Bouazza). Mais en r\u00e9alit\u00e9 ces deux proc\u00e9dures d&#8217;expropriation n&#8217;ont pu avoir lieu qu&#8217;en raison du caract\u00e8re (par excellence) transcendantal de l&#8217;entreprise : l&#8217;\u00e9dification d&#8217;un des plus grands lieux de culte du monde musulman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La donn\u00e9e fonci\u00e8re est structurellement inscrite dans l&#8217;urbanisation casablancaise. Et la non-ing\u00e9rence de l&#8217;\u00c9tat dans le march\u00e9 foncier <strong><a href=\"\/reda\/#55%20Selon\" name=\"55\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"55\">55<\/a><\/strong> est lourde de cons\u00e9quences pour ce qui est d&#8217;une politique de l&#8217;habitat \u00e0 moyen et long terme. La crise urbaine risque d&#8217;\u00eatre prolong\u00e9e, du fait m\u00eame des options de l&#8217;\u00c9tat en mati\u00e8re d&#8217;urbanisme : changer l&#8217;image de la m\u00e9galopole, sans ma\u00eetrise r\u00e9elle du sol. En r\u00e9sumant, les Grands Travaux de Casablanca ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s jusqu&#8217;ici en trois temps ; \u00e9dification des nouvelles pr\u00e9fectures, puis vastes op\u00e9rations de recasement bidonvillois, et, pour couronner la ville, construction de la grande mosqu\u00e9e. Dans ces trois chantiers, on peut voir s&#8217;esquisser la nouvelle image (volontairement spectaculaire) que le pouvoir entend donner \u00e0 l&#8217;urbanisation casablancaise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme notre \u00e9tude porte sur la population bidonvilloise de Ben M&#8217;sik, nous aurons \u00e0 nous pencher plus particuli\u00e8rement sur l&#8217;op\u00e9ration de recasement Moulay Rachid.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>5.2. Ben M&#8217;sik, r\u00e9habilitation d&#8217;un quartier p\u00e9riph\u00e9rique<\/strong><br \/>\nPendant pr\u00e8s de cinquante ann\u00e9es, le nom de Ben M&#8217;sik a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 au plus grand bidonville du Maroc, quand \u00e0 l&#8217;origine il d\u00e9signait un propri\u00e9taire foncier. Aujourd&#8217;hui, Ben M&#8217;sik est en train de marquer de plus en plus le paysage casablancais. Depuis les arr\u00eat\u00e9s municipaux de 1932 et 1938 interdisant l&#8217;installation de baraques dans le p\u00e9rim\u00e8tre municipal pour les regrouper \u00e0 proximit\u00e9 des jardins de Ben M&#8217;sik, la population bidonvilloise a \u00e9t\u00e9 (re)ni\u00e9e dans son droit \u00e0 la ville. Il faudra attendre le d\u00e9but des ann\u00e9es 80 pour voir Ben M&#8217;sik devenir une pr\u00e9fecture urbaine \u00e0 part enti\u00e8re et les bidonvillois de Ben M&#8217;sik se voir enfin signifier l&#8217;acc\u00e8s au logement. Rappelons tout de m\u00eame que la population bidonvilloise repr\u00e9sente le quart de la population urbaine de la pr\u00e9fecture Ben M&#8217;sik-Sidi Othman <strong><a href=\"\/reda\/#56%20A.\" name=\"56\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"56\">56<\/a><\/strong>. Depuis, Ben M&#8217;sik est pressenti comme l&#8217;un des principaux enjeux de l&#8217;urbanisme \u00e0 Casablanca.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;actuel projet Ben M&#8217;sik fut engag\u00e9 en 1982, il pr\u00e9voyait la cr\u00e9ation d&#8217;une ville nouvelle, Hay Moulay Rachid, devant r\u00e9sorber la plus grande population bidonvilloise du pays. 13 500 logements doivent \u00eatre ainsi fournis \u00e0 une population de 80 000 habitants. L&#8217;apport financier des bidonvillois est consid\u00e9rable : il correspond aux trois quarts du co\u00fbt total de l&#8217;op\u00e9ration. La ville nouvelle Moulay Rachid s&#8217;\u00e9tendant sur 350 hectares, comprend en outre une zone d&#8217;espace vert (15 ha), une zone villa (31 ha), une zone d&#8217;habitat collectif (30 ha) ainsi qu&#8217;une zone industrielle (35 ha). Des facult\u00e9s, un stade sportif, et d&#8217;autres \u00e9quipements socioculturels compl\u00e8tent ce projet de ville nouvelle. Mais bien qu&#8217;ayant d\u00e9but\u00e9 depuis pr\u00e8s de dix ans, l&#8217;op\u00e9ration Moulay Rachid n&#8217;est toujours pas achev\u00e9e. Pour les concepteurs du projet, la r\u00e9ussite de ce grand chantier tiendrait dans la reproduction de cette exp\u00e9rience pour d&#8217;autres zones d&#8217;habitat pr\u00e9caire. Mais l&#8217;heure n&#8217;est pas encore au bilan, m\u00eame si entre-temps, certaines observations peuvent \u00eatre apport\u00e9es <strong><a href=\"\/reda\/#57%20%22Ainsi\" name=\"57\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"57\">57<\/a><\/strong>. Pour nous, ce sont en tout premier lieu les habitants de la ville nouvelle Moulay Rachid qui auront leur mot \u00e0 dire, et par l\u00e0-m\u00eame, donneront une mise en perspective de cette op\u00e9ration (toujours en cours).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, il faut \u00eatre conscient qu&#8217;avec la disparition programm\u00e9e de Karyan Ben M&#8217;sik, dispara\u00eetra \u00e9galement une partie de la m\u00e9moire casablancaise. Comment occulter cette m\u00e9moire d&#8217;une ville dans la ville ? C&#8217;est qu&#8217;au cours de toute son existence, Casablanca n&#8217;aura \u00e9crit v\u00e9ritablement l&#8217;histoire que durant une courte p\u00e9riode, celle de la lutte pour l&#8217;ind\u00e9pendance nationale. Disons seulement que les karyan ont log\u00e9 les auteurs anonymes d&#8217;une bonne partie de l&#8217;\u00e9pisode anti-colonial de Casablanca, et qu&#8217;ils conservent toujours en leur sein quelques-unes des archives secr\u00e8tes de la r\u00e9sistance arm\u00e9e. Il faudra d&#8217;ailleurs \u00e9crire un jour l&#8217;histoire sociale de Karyan Ben M&#8217;sik et Karyan Centra. D\u00e9crire cette histoire comme des annales de pionniers. Pionniers des petites et grandes migrations (ces r\u00e9flexes h\u00e9giriens), de l&#8217;espace de rupture (l&#8217;urbain), de la r\u00e9sistance (anti-coloniale) et de la dissidence (post-coloniale).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Ben M&#8217;sik, la reconnaissance sociale ira bien au-del\u00e0 de la normalisation. La soci\u00e9t\u00e9 bidonvilloise clame aussi sa participation socioculturelle \u00e0 l&#8217;urbain. A cet \u00e9gard, il est navrant de constater que certains grands promoteurs de l&#8217;urbanisme, convaincus qu&#8217;ils sont les uniques destinataires de la modernit\u00e9, continuent d&#8217;appr\u00e9hender le monde bidonvillois dans une vision parasitaire 58 et d\u00e9pass\u00e9e. Cette vision p\u00e9jorative et d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9 urbaine constate le sous-d\u00e9veloppement exclusivement dans un sens unique, elle \u00e9pargne dans la lanc\u00e9e l&#8217;archa\u00efsme de certains aspects du syst\u00e8me Makhzen. Ainsi de la &#8220;vision prospective&#8221; d&#8217;Abderahman Amrani, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la C.G.I., qui, concluant sa pr\u00e9sentation de l&#8217;op\u00e9ration Moulay Rachid, d\u00e9clare que c&#8217;est l\u00e0 &#8220;l&#8217;occasion d&#8217;\u00e9largir la r\u00e9flexion aux probl\u00e8mes plus g\u00e9n\u00e9raux de la marginalit\u00e9 urbaine sous les diff\u00e9rentes formes qu&#8217;elle peut rev\u00eatir (tels les lotissements clandestins qui, depuis une d\u00e9cennie, connaissent une croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e)&#8221;. Toujours \u00e0 propos de l&#8217;habitat clandestin, Amrani pr\u00e9cise dans une note en bas de page que celui-ci a eu un taux de croissance moyen de 10 % dans la derni\u00e8re d\u00e9cennie et qu&#8217;il reste deux fois sup\u00e9rieur \u00e0 la croissance urbaine (r\u00e9glementaire). Il pr\u00e9cise en outre que le secteur de l&#8217;habitat clandestin \u00e9quivaut au quart de la croissance urbaine pour la d\u00e9cennie pass\u00e9e et qu&#8217;il tend \u00e0 correspondre \u00e0 la moiti\u00e9 de la croissance urbaine pour 1982-1992. Ajoutons \u00e9galement le fait que la population bidonvilloise de Casablanca repr\u00e9sente quelque 10 % de la population urbaine. Et selon ses recommandations, il faudrait aboutir, &#8220;dans une vision prospective, \u00e0 enrayer ces ph\u00e9nom\u00e8nes de d\u00e9s\u00e9quilibres urbains avant qu&#8217;ils n&#8217;atteignent des ampleurs d\u00e9mesur\u00e9es et des cons\u00e9quences \u00e9conomiques et sociales aggrav\u00e9es&#8221;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces propos auraient pu \u00eatre tenus par un responsable de l&#8217;administration coloniale des ann\u00e9es 30. Mais au seuil du XXI\u00e8me si\u00e8cle, comment consid\u00e9rer &#8220;marginal&#8221; un secteur immobilier qui assure d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 25 % des logements produits du Maroc ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 du b\u00e9ton arm\u00e9 et de la plus-value fonci\u00e8re propos\u00e9s aux derniers karyanistes, \u00e0 Ben M&#8217;sik ce qui se joue concourt fort heureusement \u00e0 renouer histoire et culture urbaines. Casablanca a tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 se r\u00e9concilier avec sa m\u00e9moire enfouie \u00e0 Ben M&#8217;sik et Carri\u00e8res Centrales. A l&#8217;instar de son \u00e9conomie, et de son urbanisation, la ville poss\u00e8de une histoire parall\u00e8le, que l&#8217;historiographie officielle continue d&#8217;ignorer.<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#1\" name=\"1 &quot;Le\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"1 &quot;Le\">1<\/a><\/strong> &#8220;Le nom provient sans doute d&#8217;une haute construction, blanchie \u00e0 la chaux, peut-\u00eatre la maison du ca\u00efd, qui servait d&#8217;amer aux vaisseaux.&#8221; A. Adam, <em>Casablanca, essai sur la transformation de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine au contact de l&#8217;Occident, op. cit\u00e9,<\/em> p. 24.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#2\" name=\"2 Les\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"2 Les\">2<\/a><\/strong> Les troupes militaires install\u00e9es \u00e0 Dar El Beida par le sultan \u00e9taient des <em>abids<\/em> et des <em>chleuhs<\/em> Haha. Les descendants de ces derniers ont construit en 1899 la mosqu\u00e9e jama&#8217; el chleuh, qui subsiste encore derri\u00e8re Bab Marrakech. A la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, eut lieu la premi\u00e8re vague d&#8217;immigration de chleuhs et de <em>draouas<\/em> qui construisirent la <em>nzalet el draoua<\/em>, au style vernaculaire des r\u00e9gions du Dr\u00e2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#3\" name=\"3 L'aper\u00e7u\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"3 L'aper\u00e7u\">3<\/a><\/strong> L&#8217;aper\u00e7u historique de Casablanca que nous pr\u00e9sentons ici tire les faits historiques des ouvrages d&#8217;Andr\u00e9 Adam sur Casablanca, &#8230;, <em>op.cit\u00e9<\/em>, et de Jean-Louis Mi\u00e8ge sur <em>Le Maroc et l&#8217;Europe&#8230;, op. cit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#4\" name=\"4 25\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"4 25\">4<\/a><\/strong> 25 000 Marocains dont environ 5000 Juifs et quelques centaines d&#8217;europ\u00e9ens (570 en 1905 dont 50% d&#8217;Espagnols, mais aussi des Fran\u00e7ais, Anglais, Allemands, 5500 en 1909 dont 2500 Fran\u00e7ais, 20 000 en 1912 dont 12 000 Fran\u00e7ais).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#5\" name=\"5 La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"5 La\">5<\/a><\/strong> La protection (<em>himaya<\/em>) est une mesure figurant sur les trait\u00e9s contract\u00e9s avec les puissances commerciales depuis 1750. Le droit de protection concerne &#8220;certaines cat\u00e9gories de sujets marocains&#8221; qui sont alors &#8220;dispens\u00e9s de taxes, tout comme les gens \u00e0 leur service&#8221;. Mais avec l&#8217;affaiblissement de l&#8217;autorit\u00e9 du Makhzen au XIX\u00e8me si\u00e8cle et le renforcement de l&#8217;influence \u00e9trang\u00e8re au Maroc, ce syst\u00e8me va permettre qu&#8217;un nombre de plus en plus important de marocains \u00e9chappe \u00e0 la justice, au service militaire et \u00e0 l&#8217;imp\u00f4t marocains. Les cons\u00e9quences de cette politique ont \u00e9t\u00e9 catastrophiques pour le Maroc. Cf.. C.A. Julien,<em> Le Maroc face aux imp\u00e9rialismes<\/em>, ed. Jeune Afrique, Paris, 1978, p. 31, 32, 33.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#6\" name=\"6 &quot;On\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"6 &quot;On\">6<\/a><\/strong> &#8220;On estimait \u00e0 6 000, vers 1896, cette population flottante&#8221;. A. Adam, <em>Casablanca,&#8230;, op. cit\u00e9<\/em>, p. 26.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#7\" name=\"7 Des\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"7 Des\">7<\/a><\/strong> Des travaux d&#8217;extension du port et la pr\u00e9sence d&#8217;agents fran\u00e7ais \u00e0 la douane, ainsi que la rumeur d&#8217;une arriv\u00e9e prochaine de troupes militaires venues en renfort \u00e0 Casablanca cr\u00e9ent un climat de tension dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#8\" name=\"8 Parmi\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"8 Parmi\">8<\/a><\/strong> Parmi la troupe du <em>Galil\u00e9e<\/em>, il y eut 2 morts et 19 bless\u00e9s, et dans la population il y eut 30 juifs morts et 60 bless\u00e9s, 250 femmes et enfants furent enlev\u00e9s. On jugea peu important de compter les morts parmi les musulmans , mais leurs &#8221; cadavres empestaient la ville&#8221; pr\u00e9cise Adam. M\u00eame le non-d\u00e9compte des morts fournit un indice appr\u00e9ciable sur la fa\u00e7on dont \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e la majorit\u00e9 de la population de la ville, population issue du terroir imm\u00e9diat&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#9\" name=\"9 La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"9 La\">9<\/a><\/strong> La France ne vivra de v\u00e9ritable guerre coloniale que dans les ann\u00e9es 20 avec la guerre du Rif, men\u00e9e par Abd-El-Krim, consacrant la premi\u00e8re gu\u00e9rilla r\u00e9volutionnaire du Tiers- Monde (Mao aurait vu dans l&#8217;exp\u00e9rience de la R\u00e9publique du Rif l&#8217;inauguration de la classe historique paysanne, qu&#8217;il privil\u00e9giera plus tard par rapport \u00e0 une hypoth\u00e9tique classe ouvri\u00e8re, alors totalement absente du contexte chinois).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#10\" name=\"10 Le\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"10 Le\">10<\/a><\/strong> Le commerce des c\u00e9r\u00e9ales et des amandes, entre autres, \u00e9taient le fait d&#8217;une fili\u00e8re de courtiers juifs (du bled \u00e0 la m\u00e9dina) qui d\u00e9tenaient un ind\u00e9niable savoir-faire en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/reda\/#11\" name=\"11 Conjugu\u00e9\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"11 Conjugu\u00e9\">11<\/a> Conjugu\u00e9 au d\u00e9cret Cremieux qui donnait de facto la naturalisation fran\u00e7aise aux juifs d&#8217;Alg\u00e9rie, le droit de protection fut abusivement utilis\u00e9 par les puissances \u00e9trang\u00e8res ; ainsi, par exemple, les prot\u00e9g\u00e9s juifs pass\u00e8rent de 90 \u00e0 fin 1859, \u00e0 763 en mars 1860.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#12\" name=\"12 La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"12 La\">12<\/a><\/strong> La population isra\u00e9lite de Casablanca \u00e9tait de 5 000 habitants en 1907, elle allait atteindre son chiffre maximum en 1951, 74 783 habitants : en 1926, elle repr\u00e9sentait 27,2 % de la population marocaine et 18,2 % de l&#8217;ensemble de la population de la ville.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#13\" name=\"13 La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"13 La\">13<\/a><\/strong> La <em>tenkira<\/em> (<em>tnaker<\/em> au pluriel) d\u00e9signe cette petite habitation rurale accompagn\u00e9e de son enclos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#14\" name=\"14 &quot;Les\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"14 &quot;Les\">14<\/a><\/strong> &#8220;Les bidonvillois sont les citadins qui ont le plus de lien avec le monde rural&#8221;, A. Lehzam, <em>Structuration et dynamique de l&#8217;espace urbain au Maroc. Gen\u00e8se et devenir d&#8217;une forme d&#8217;habitat : le bidonville,<\/em> th\u00e8se de troisi\u00e8me cycle, Universit\u00e9 de Saint Etienne, 1982, p. 233.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#15\" name=\"15 A.\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"15 A.\">15<\/a><\/strong> A. Adam cite le cas d&#8217;un terrain achet\u00e9 0,05 franc le m\u00e8tre en 1908 et vendu \u00e0 317 francs en 1913.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#16\" name=\"16 &quot;Pour\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"16 &quot;Pour\">16<\/a><\/strong> &#8220;Pour le Syndicat Fran\u00e7ais des Int\u00e9r\u00eats de Casablanca &#8221; est le titre du&#8230;premier plan d&#8217;urbanisme de la ville qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 par M. Agache en 1914.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#17\" name=\"17 &quot;La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"17 &quot;La\">17<\/a><\/strong> &#8220;La d\u00e9cision que prit Lyautey, en 1913 (&#8230;) provoqua un vif m\u00e9contentement \u00e0 Casablanca&#8221; parmi la population europ\u00e9enne, qui ne tarda pas \u00e0 se traduire par &#8220;une petite fronde contre le pouvoir&#8221;. Cf.<em>Casablanca,&#8230;, op.cit\u00e9<\/em>, p. 30, 31.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#18\" name=\"18 Avant\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"18 Avant\">18<\/a><\/strong> Avant d&#8217;arriver \u00e0 Casablanca, Prost \u00e9tait laur\u00e9at du Grand Prix de Rome et premier prix du concours international d&#8217;Anvers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#19\" name=\"19 &quot;Nous\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"19 &quot;Nous\">19<\/a><\/strong> &#8220;Nous avons estim\u00e9 qu&#8217;il fallait faire non des villes europ\u00e9ennes, mais des villes nouvelles en dehors et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des villes indig\u00e8nes. nous voulions au contraire, \u00e9viter d&#8217;envahir ces villes, de les d\u00e9former, de les d\u00e9naturer&#8230;&#8221;, H. Prost, <em>La vie urbaine<\/em>, n. 18, 1933, cit\u00e9 par P. Lavedan, <em>Histoire de l&#8217;Urbanisme, \u00c9poque Contemporaine,<\/em>Henri Laurens \u00e9diteur, Paris, 1952.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#20\" name=\"20 &quot;L'architecture\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"20 &quot;L'architecture\">20<\/a><\/strong> &#8220;L&#8217;architecture et la planification urbaine \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des moyens de d\u00e9montrer la sup\u00e9riorit\u00e9 des Fran\u00e7ais comme civilisation, comme nation et comme membres d&#8217;une race, et de prouver cette sup\u00e9riorit\u00e9 aux populations indig\u00e8nes et aussi aux Fran\u00e7ais eux-m\u00eames&#8221;. G. Wright, P. Rabinow &#8220;savoir et pouvoir dans l&#8217;urbanisme colonial d&#8217;Ernest H\u00e9brard&#8221; in <em>les Cahiers de la recherche architecturale<\/em>, n.9, 1982 cit\u00e9 par M. Naciri, &#8220;L&#8217;am\u00e9nagement des villes et ses enjeux&#8221; in <em>Maghreb-Machrek<\/em>, n. 118, oct., nov., dec. 1987.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#21\" name=\"21 &quot;Si\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"21 &quot;Si\">21<\/a><\/strong> &#8220;Si cette attitude a sauv\u00e9 les m\u00e9dinas de la destruction, elle a, au contraire, exacerb\u00e9 les frustrations des Marocains et a aliment\u00e9 la vigueur du nationalisme dans les villes traditionnelles&#8221;. M. Naciri, &#8220;L&#8217;am\u00e9nagement des villes et ses enjeux&#8221;,<em> op. cit\u00e9<\/em>, p. 48.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#22\" name=\"22 C'est\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"22 C'est\">22<\/a><\/strong> C&#8217;est \u00e0 l&#8217;action de Prost au Maroc que l&#8217;on doit la naissance en France du concept urbanistique de zone. Dans les textes, la premi\u00e8re mention de ce terme remonte \u00e0 1920. &#8220;C&#8217;est ici que se trouvent les textes de zoning l\u00e9gal les plus anciens que puisse offrir la langue fran\u00e7aise. Citons seulement l&#8217;art. 102 du r\u00e8glement de Casablanca du 26 mai 1920&#8230;&#8221;, P. Lavedan, <em>Histoire de l&#8217;Urbanisme, \u00c9poque Contemporaine, op. cit\u00e9,<\/em> p. 274.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#23\" name=\"23 L'op\u00e9ration\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"23 L'op\u00e9ration\">23<\/a><\/strong> L&#8217;op\u00e9ration avait \u00e9t\u00e9 mont\u00e9 par l&#8217;administration habous avec un propri\u00e9taire de terrain isra\u00e9lite. Ce dernier c\u00e9dait \u00e0 titre de don un de ses terrain \u00e0 la fondation religieuse , mais de mani\u00e8re indirecte, c&#8217;est-\u00e0-dire par l&#8217;entremise du sultan. Le terrain fut r\u00e9parti en quatre lots pour la construction ; d&#8217;un palais pour le roi, d&#8217;un derb (el sultan ) pour le personnel du palais, d&#8217;un derb (el hajib ) am\u00e9nag\u00e9 par un chambellan du roi, du derb el habous qui allait attirer l&#8217;\u00e9lite musulmane de la vieille ville. A propos de derb el sultan, la &#8220;Nouvelle M\u00e9dina s&#8217;\u00e9tant d\u00e9velopp\u00e9e par la suite \u00e0 partir de ce derb, ces mots finirent par d\u00e9signer &#8211; et d\u00e9signent encore pour les gens du peuple &#8211; la nouvelle agglom\u00e9ration musulmane tout enti\u00e8re, par opposition \u00e0 la m\u00e9dina (ancienne), d&#8217;une part, et \u00e0 la ville nouvelle, d&#8217;autre part.&#8221;, A. Adam, <em>Casablanca, &#8230;, op. cit\u00e9<\/em>, p. 70.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#24\" name=\"24 Et\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"24 Et\">24<\/a><\/strong> Et l\u00e0 encore, la r\u00e9ussite architectural de ce quartier \u00e9tait synonyme urbanistique de &#8220;Protectorat&#8221;. Quand bien m\u00eame la longue et co\u00fbteuse construction de la cit\u00e9 Habous par Prost n&#8217;allait toucher en fin de compte que 5000 habitants, alors que la ville en abritait d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 plus de 100 000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#25\" name=\"25 &quot;L'organisation\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"25 &quot;L'organisation\">25<\/a><\/strong> &#8220;L&#8217;organisation du d\u00e9sordre : (&#8230;) (l&#8217;addition des lotissements priv\u00e9s d\u00e9termine l&#8217;am\u00e9nagement g\u00e9n\u00e9ral de Casablanca)&#8221;, M. \u00c9cochard, <em>Casablanca le roman d&#8217;une ville<\/em>, \u00c9ditions de Paris, 1955, p. 59.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#26\" name=\"26 &quot;Lyautey\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"26 &quot;Lyautey\">26<\/a><\/strong> &#8220;Lyautey \u00e9tait partisan de la grande colonisation par des soci\u00e9t\u00e9s capitalistes, \u00e0 m\u00eame de mettre rapidement en valeur le potentiel productif du pays, de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une petite colonisation qui risquait \u00e0 ses yeux de peser, comme en Alg\u00e9rie, sur les rapports entre coloniaux et autochtones&#8221;, M. Naciri, &#8220;L&#8217;am\u00e9nagement des villes et ses enjeux&#8221;, <em>op. cit\u00e9<\/em>, p. 48.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#27\" name=\"27 &quot;L'administration\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"27 &quot;L'administration\">27<\/a><\/strong> &#8220;L&#8217;administration, souvent peu consciente de l&#8217;\u00e9volution profonde dont les bidonvilles n&#8217;\u00e9taient qu&#8217;un signe, s&#8217;attaque au probl\u00e8me sous les aspects traditionnels de sa fonction : la police et l&#8217;alignement (&#8230;) On num\u00e9rote les baraques, on cr\u00e9e des rues centrales et des transversales qui coupent des blocs r\u00e9guliers.&#8221; M. \u00c9cochard,<em>Casablanca, le roman d&#8217;une ville, op. cit\u00e9<\/em>, p. 51.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#28\" name=\"28 &quot;La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"28 &quot;La\">28<\/a><\/strong> &#8220;La paix s&#8217;accompagne d&#8217;un nouvel afflux d&#8217;Europ\u00e9ens et de Marocains, d&#8217;un afflux aussi des capitaux qui viennent chercher refuge au Maroc contre la politique &#8220;socialisante&#8221; de la M\u00e9tropole. La menace sovi\u00e9tique qui p\u00e8se sur l&#8217;Europe occidentale, puis la guerre de Cor\u00e9e, pr\u00e9cipitent cette immigration de capitaux (&#8230;) Malheureusement, l&#8217;importance de ces capitaux d\u00e9passe les possibilit\u00e9s d&#8217;investissement cr\u00e9ateur ; beaucoup ne sont employ\u00e9s qu&#8217;\u00e0 l&#8217;achat de terrains et le prix de ceux-ci atteint de nouveau des taux prohibitifs.&#8221; A. Adam,<em>Casablanca,&#8230;, op. cit\u00e9<\/em>, p. 51.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#29\" name=\"29 (1955)\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"29 (1955)\">29<\/a><\/strong> (1955), M. \u00c9cochard, <em>Casablanca le roman d&#8217;une ville, op. cit\u00e9<\/em>, p. 50.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#30\" name=\"30 &quot;En\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"30 &quot;En\">30<\/a><\/strong> &#8220;En trente ans, de 1920 \u00e0 1950, la population urbaine du Maroc est pass\u00e9e de 1\/10 \u00e0 1\/4 de l&#8217;ensemble, \u00e9volution que la population urbaine de la France avait mis 150 ans \u00e0 parcourir, de 1700 \u00e0 1850, cependant que Casablanca absorbe le tiers de cette population urbaine.&#8221; A. Adam, <em>Casablanca,&#8230;, op. cit\u00e9<\/em>, p. 104. Pr\u00e9cisons que le gros de l&#8217;urbanisation touche les villes du littoral atlantique, particuli\u00e8rement l&#8217;axe Casablanca-Kenitra (tendant \u00e0 devenir un axe El Jadida-Kenitra), qui, en 1982, regroupait pr\u00e8s de 39 % de la population urbaine du pays (16 \u00e0 17 % de la population totale sur une surface de 2000 km2, soit 0,28 % de la superficie totale du pays). Cf.. J. F. Troin, &#8220;La conurbation littorale marocaine, composantes actuelles et r\u00e9alit\u00e9 future&#8221; in <em>Maghreb-Machrek<\/em>, n. 118, oct., nov., d\u00e9c. 1987, p. 71-85.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#31\" name=\"31 En\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"31 En\">31<\/a><\/strong> En particulier sa pr\u00e9figuration de la voie (autoroute) Casablanca-Rabat : &#8220;je savais que je fixais le grand axe qui devait ordonner le reste&#8221;, M. \u00c9cochard,<em> Casablanca, le roman d&#8217;une ville, op. cit\u00e9<\/em>, p. 85.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#32\" name=\"32 &quot;ces\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"32 &quot;ces\">32<\/a><\/strong> &#8220;Ces zones sont sch\u00e9matiquement les zones de r\u00e9sidence \u00e0 habitat de type europ\u00e9en, les zones d&#8217;habitat de type marocain ouvri\u00e8res ou artisanales, et les zones d&#8217;implantation industrielles.&#8221; M. \u00c9cochard, <em>Casablanca, le roman d&#8217;une ville, op. cit\u00e9,<\/em> p. 91. Les zones d\u00e9finissent des centres de 30 \u00e0 40 000 habitants. Ces centres regroupent des &#8220;unit\u00e9s de voisinage&#8221; en ordre de 4 \u00e0 5. Ces unit\u00e9s repr\u00e9sentent des quartiers de 6 \u00e0 9 000 habitants. Quant \u00e0 l&#8217;organisation des quartiers ainsi d\u00e9finis, elle rel\u00e8ve des quatre fonctions de la <em>Charte d&#8217;Ath\u00e8nes<\/em> : <em>Habiter, Travailler, Cultiver le corps et l&#8217;esprit et Circuler<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#33\" name=\"33 &quot;Nous\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"33 &quot;Nous\">33<\/a><\/strong> &#8220;Nous avons proscrit les termes de quartier marocain ou quartier europ\u00e9en pour les remplacer par ceux de &#8220;quartier d&#8217;habitat de type marocain&#8221;, &#8220;quartier d&#8217;habitat de type europ\u00e9en&#8221;, marquant ainsi, non pas une cat\u00e9gorie de population, mais les caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes de l&#8217;habitat.&#8221; M. \u00c9cochard, p. 72.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#34\" name=\"34 les\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"34 les\">34<\/a><\/strong> Les \u00e9quipements dont il s&#8217;agit sont destin\u00e9s \u00e0 &#8220;une ville &#8220;moderne&#8221;, pour la &#8220;ville telle qu&#8217;elle sera&#8221; au stade le plus avanc\u00e9 de son d\u00e9veloppement, m\u00eame si, \u00e0 ce jour, la &#8220;ville telle qu&#8217;elle est&#8221; ne &#8220;m\u00e9rite&#8221; pas ou ne peut se &#8220;payer&#8221; un \u00e9quipement normal, selon les normes techniques des pays d\u00e9velopp\u00e9s.&#8221;; s&#8217;ils sont install\u00e9s sommairement, ils sont obligatoirement provisoires, \u00e0 condition de bien pr\u00e9voir leur transformation et de fixer judicieusement leur localisation d\u00e9finitive au sein de l&#8217;armature urbaine. cf. G. Massiah, J. F. Tribillon, <em>Villes en d\u00e9veloppement, essai sur les politiques urbaines dans le tiers monde, <\/em>Ed. La D\u00e9couverte, Paris, 1988, p. 104-106.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#35\" name=\"35 &quot;Cet\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"35 &quot;Cet\">35<\/a><\/strong> &#8220;Cet urbanisme a le tr\u00e8s grand m\u00e9rite de jeter des fondations suffisamment dimensionn\u00e9es pour supporter son essor et le d\u00e9veloppement cons\u00e9cutif de l&#8217;habitat.&#8221;, <em>Villes en d\u00e9veloppement,&#8230;, op. cit\u00e9,<\/em> p. 105.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#36\" name=\"36 &quot;La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"36 &quot;La\">36<\/a><\/strong> &#8220;La logique de la d\u00e9marche est ambitieuse. Pour s&#8217;y conformer il faudrait que l&#8217;urbaniste soit le prince de la cit\u00e9 (&#8230;) Cette urbanodictature ressemble trop \u00e0 une utopie. A moins que l&#8217;on ne puisse tabler sur une croissance \u00e9conomique tr\u00e8s forte. C&#8217;est sans doute l\u00e0 la cl\u00e9 de la doctrine&#8221;. <em>Villes en d\u00e9veloppement, &#8230;, op. cit\u00e9<\/em>, p. 105, 106.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#37\" name=\"37 Le\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"37 Le\">37<\/a><\/strong> Le cas de F\u00e8s est important car il permet de bien comprendre la sp\u00e9cificit\u00e9 du mod\u00e8le traditionnel de citadinit\u00e9, mod\u00e8le \u00e9litiste et qui historiquement a disparu. Dans cette perspective, Berque a tr\u00e8s bien d\u00e9crit les mutations sociologiques de la cit\u00e9 hadaria. Naciri apporte lui aussi des d\u00e9veloppements utiles sur la citadinit\u00e9 traditionnelle, notamment en commentant la d\u00e9finition propos\u00e9e par Berque : une famille est citadine dans la mesure o\u00f9 elle r\u00e9unit en son sein trois activit\u00e9s, l&#8217;\u00e9tude, le n\u00e9goce et l&#8217;artisanat. J. Berque, <em>F\u00e8s, le destin d&#8217;une m\u00e9dina, De l&#8217;Euphrate \u00e0 l&#8217;Atlas<\/em>, tome 1, Sindbad, Paris, 1978, p. 380-415. M. Naciri, &#8220;Regards sur l&#8217;\u00e9volution de la citadinit\u00e9 au Maroc&#8221;, in <em>URBAMA<\/em>, Tours, 1985.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#38\" name=\"38 Source\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"38 Source\">38<\/a><\/strong> Source : Population l\u00e9gale du Maroc, Recensement de 1971, p. 5-16. A ajouter \u00e0 cela, les r\u00e9sultats de l&#8217;enqu\u00eate de consommation des m\u00e9nages men\u00e9e en 1970-71 qui r\u00e9v\u00e8lent une forte in\u00e9galit\u00e9 sociale (&#8220;18,8 % de la population est responsable de la moiti\u00e9 de la D\u00e9pense Nationale&#8221;) et, qui, compar\u00e9e \u00e0 celle men\u00e9e en 1960, d\u00e9montre un abaissement des niveaux de vie du plus grand nombre. Le Plan de 1973-77 admet que &#8220;la part des d\u00e9penses de consommation revenant aux 10 % des m\u00e9nages les plus riches est pass\u00e9e de 25 \u00e0 37 % alors que celle des 10 % les plus pauvres est tomb\u00e9e de 3,3 % \u00e0 1,2 %&#8221;. A. Cherkaoui, <em>Indicateurs socio-\u00e9conomiques du Maroc, une mesure qualitative du niveau de d\u00e9veloppement<\/em>, SHOOF publications, Casablanca, 1980, p. 219. Plan de D\u00e9veloppement \u00c9conomique et Social 1973- 77, volume I, p. 14, cit\u00e9 par A. Cherkaoui, <em>Indicateurs&#8230;, op. cit\u00e9<\/em>, p. 220.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#39\" name=\"39 Pr\u00e9cisons\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"39 Pr\u00e9cisons\">39<\/a><\/strong> Pr\u00e9cisons tout de m\u00eame qu&#8217;au d\u00e9but des ann\u00e9es 70 (1971 et 1972), deux tentatives de coups d&#8217;\u00e9tat \u00e9chou\u00e8rent et que si elles ne mettaient pas en relief des mouvements sociaux, elles posaient en tous cas la question cruciale de l&#8217;arm\u00e9e. Le probl\u00e8me sera par la suite \u00e9vacu\u00e9 dans l&#8217;investissement de l&#8217;arm\u00e9e dans la zone du Sahara occidental, juste apr\u00e8s sa r\u00e9cup\u00e9ration en 1976 avec la Marche Verte. L&#8217;administration et l&#8217;am\u00e9nagement de ce vaste territoire par l&#8217;arm\u00e9e se justifiait d&#8217;autant plus que d\u00e9butait la guerre avec le front Polisario qui op\u00e9rait \u00e0 partir de ses bases en territoire alg\u00e9rien. Le conflit \u00e9tant entr\u00e9 depuis quelque temps dans sa phase de r\u00e9solution, l&#8217;on peut raisonnablement se poser la question du sort de l&#8217;arm\u00e9e (en terme de corps social et politique), une fois la r\u00e9gion remise \u00e0 une administration marocaine strictement civile et cela en temps de paix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#40\" name=\"40 C'est\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"40 C'est\">40<\/a><\/strong> C&#8217;est au travers de l&#8217;urbanisation que les couches moyennes r\u00e9v\u00e8lent leur importance, leur diversit\u00e9 d&#8217;origine, de statut et de strat\u00e9gie. Pour M. Naciri, l&#8217;urbanisation &#8220;clandestine&#8221; constitue leur &#8220;champ d&#8217;action&#8221;. La cr\u00e9ation de vastes quartiers &#8220;de constructions en &#8220;dur&#8221;, qui ont l&#8217;apparence de maisons normales, mais dont la pr\u00e9carit\u00e9 rel\u00e8ve du statut juridique du sol, de l&#8217;absence des \u00e9quipements collectifs, de la localisation p\u00e9riph\u00e9rique et, finalement de cette situation ext\u00e9rieure aux normes de l&#8217;urbanisme officiel qui les fait qualifier de &#8220;clandestines&#8221;&#8221;, correspond \u00e0 la &#8220;seconde vague d&#8217;urbanisation&#8221; intervenue \u00e0 l&#8217;\u00e8re post- coloniale au Maroc (la premi\u00e8re vague correspondant \u00e0 celle de &#8220;l&#8217;habitat sous-int\u00e9gr\u00e9&#8221;, concept que Naciri a en premier d\u00e9fini et dont il a propos\u00e9 la m\u00e9thodologie). Cette forme d&#8217;urbanisation, \u00e0 l&#8217;instar de celle de l&#8217;habitat sous-int\u00e9gr\u00e9, a pris elle aussi naissance \u00e0 Casablanca avant de se g\u00e9n\u00e9raliser \u00e0 la plupart des villes marocaines. Naciri conclue que &#8220;l&#8217;habitat &#8220;clandestin&#8221; est bien une forme d&#8217;urbanisation produite par et pour des couches sociales moyennes&#8221;. M. Ameur, M. Naciri, &#8220;L&#8217;urbanisation clandestine au Maroc : un champ d&#8217;action pour les classes moyennes&#8221;, in<em>Revue Tiers Monde<\/em> , t. XXVI, n. 101, janvier- mars 1985, p. 79-92.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#41\" name=\"41 Si\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"41 Si\">41<\/a><\/strong> Si nous consid\u00e9rons le probl\u00e8me de l&#8217;acquisition du logement uniquement par rapport au syst\u00e8me des r\u00e9gimes fonciers, nous trouvons une interf\u00e9rence de droits juridiques diff\u00e9rents quelques fois sur un m\u00eame support spatial ; droit colonial (napol\u00e9onien), droit coutumier (&#8216;urfi, qui concerne plus particuli\u00e8rement le droit d&#8217;usage -zina -) et droit islamique (chra&#8217; ). Cette &#8220;superposition&#8221; de r\u00e9gimes fonciers &#8220;-qui peut constituer un facteur de blocage lors des diverses phases du processus de la production fonci\u00e8re et immobili\u00e8re- a aussi, parall\u00e8lement, donn\u00e9 naissance \u00e0 des pratiques originales de r\u00e9gulation des conflits, d&#8217;\u00e9vitement et de d\u00e9tournement essentielles dans l&#8217;\u00e9mergence et le d\u00e9veloppement des fili\u00e8res non formelles de la production fonci\u00e8re et immobili\u00e8re&#8221;. Alain Durand-Lasserve, <em>L&#8217;exclusion des pauvres dans les villes du Tiers-Monde<\/em>, L&#8217;Harmattan, Paris, 1986, p. 47.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#42\" name=\"42 Pour\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"42 Pour\">42<\/a><\/strong> Pour ce qui est de la perception des habitants des quartiers p\u00e9riph\u00e9riques (l&#8217;autre versant de l&#8217;autoroute), on entend couramment des casablancais dire de ces autres casablancais que &#8220;ces gens vivaient derri\u00e8re le soleil&#8221;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#43\" name=\"43 &quot;Pr\u00f4n\u00e9e\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"43 &quot;Pr\u00f4n\u00e9e\">43<\/a><\/strong> &#8220;Pr\u00f4n\u00e9e depuis 1981, la nouvelle politique urbaine s&#8217;inscrit dans une logique politique globale qui r\u00e9serve une place centrale au Minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur&#8221;. B. Zyani, &#8220;Habitat, contrainte fonci\u00e8re et d\u00e9veloppement urbain \u00e0 Casablanca&#8221;, <em>Habitat, \u00c9tat, soci\u00e9t\u00e9 au Maghreb,<\/em> sous la direction de R. Baduel, C.N.R.S., Paris 1988, p. 213-229.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#44\" name=\"44 &quot;Organiser\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"44 &quot;Organiser\">44<\/a><\/strong> &#8220;Organiser l&#8217;expansion de Casablanca doit donc \u00eatre l&#8217;objectif du Sch\u00e9ma Directeur, de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une politique qui consisterait \u00e0 limiter brutalement sa croissance&#8221;. M. Pinseau,<em> Sch\u00e9ma Directeur de Casablanca, Rapport justificatif<\/em>, Royaume du Maroc, Minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur, avril 1984, p. 11.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#45\" name=\"45 &quot;De\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"45 &quot;De\">45<\/a><\/strong> &#8220;De 3,3 % par an, son taux de croissance est inf\u00e9rieur \u00e0 celui de l&#8217;ensemble du Maroc urbain (4, 45 %). La croissance naturelle y est encore \u00e9lev\u00e9e, mais elle tend \u00e0 d\u00e9cro\u00eetre plus vite qu&#8217;on ne pouvait l&#8217;esp\u00e9rer. L&#8217;immigration rurale ne se porte pas sur Casablanca dans des proportions plus \u00e9lev\u00e9es que sur les autres villes marocaines&#8221;. M. Pinseau, <em>Sch\u00e9ma Directeur de Casablanca, Rapport justificatif, op. cit\u00e9<\/em>, p. 11.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#46\" name=\"46 Pour\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"46 Pour\">46<\/a><\/strong> Pour mieux se rendre compte du poids de la capitale \u00e9conomique du pays, il faut savoir qu&#8217;en 1982, Casablanca repr\u00e9sentait par ailleurs 25 % de la population urbaine, 75 % du commerce ext\u00e9rieur, 33 % de l&#8217;\u00e9nergie totale consomm\u00e9e, 50 % des m\u00e9decins, 50 % du parc automobile, 66 % des d\u00e9p\u00f4ts bancaires, 50 % de l&#8217;industrie textile et 75 % de l&#8217;industrie pharmaceutique. Les chiffres communiqu\u00e9s sont extraits d&#8217;une pr\u00e9sentation faite par A. Amrani, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la C.G.I. (Compagnie G\u00e9n\u00e9rale Immobili\u00e8re), &#8220;Grandes op\u00e9rations d&#8217;habitat social \u00e0 Casablanca&#8221;, in<em> bulletin de liaison de l&#8217;association R\u00e9seau<\/em>, Paris, n. 8, septembre 1990, 4 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#47\" name=\"47 Une\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"47 Une\">47<\/a><\/strong> Une sixi\u00e8me pr\u00e9fecture sera cr\u00e9\u00e9e en 1985, Derb Sultan-El Fida.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#48\" name=\"48 Ainsi\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"48 Ainsi\">48<\/a><\/strong> Ainsi la surface urbanis\u00e9e par habitant est pass\u00e9e de 46 m2 en 1960 \u00e0 39 m2 en 1982.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#49\" name=\"49 &quot;Les\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"49 &quot;Les\">49<\/a><\/strong> &#8220;Les propri\u00e9taires fonciers dont elle valorise les terrains ; les propri\u00e9taires de lots qui augmentent leur surface construite et louent une partie de leurs logements ; la collectivit\u00e9 qui y voit la possibilit\u00e9 de loger un surcro\u00eet de population, sans s&#8217;astreindre \u00e0 la construction de nouveaux \u00e9quipements&#8221;. B. Zyani, &#8220;Habitat, contrainte fonci\u00e8re et d\u00e9veloppement urbain \u00e0 Casablanca&#8221;, <em>Habitat, \u00c9tat, soci\u00e9t\u00e9 au Maghreb, op. cit\u00e9<\/em>, p. 220.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#50\" name=\"50 D'apr\u00e8s\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"50 D'apr\u00e8s\">50<\/a><\/strong> D&#8217;apr\u00e8s le rapport justificatif, la moiti\u00e9 des casablancais sont financi\u00e8rement insolvables pour pr\u00e9tendre acc\u00e9der \u00e0 des logements \u00e9conomiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#51\" name=\"51 &quot;L'organisation\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"51 &quot;L'organisation\">51<\/a><\/strong> &#8220;L&#8217;organisation de la ville n&#8217;est pas adapt\u00e9e \u00e0 la faible mobilit\u00e9 de ses habitants. Au- del\u00e0 de 2 km les d\u00e9placements \u00e0 pied sont pratiquement impossibles. Or, le zonage excessif des plans d&#8217;urbanismne appliqu\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent a eu pour effet d&#8217;\u00e9loigner les zones d&#8217;habitat des zones d&#8217;emploi, obligeant la population active \u00e0 des migrations alternantes trop longues pour des trajets pi\u00e9tonniers&#8221;. M. Pinseau, <em>Sch\u00e9ma Directeur de Casablanca, Rapport justificatif, op. cit\u00e9<\/em>, p. 12.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#52\" name=\"52 En\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"52 En\">52<\/a><\/strong> En juin 1990, un s\u00e9minaire a r\u00e9uni au sein de l&#8217;Agence Urbaine des urbanistes marocains et fran\u00e7ais pour une r\u00e9flexion commune sur le probl\u00e8me foncier. Le petit document qui en a r\u00e9sult\u00e9 donne une id\u00e9e pr\u00e9cise des enjeux en la mati\u00e8re. Le point de vue fran\u00e7ais le plus pertinent est celui soulev\u00e9 par J.F. Tribillon, qui sugg\u00e8re de red\u00e9finir l&#8217;Agence comme un &#8220;intercesseur technique entre la puissance publique et la soci\u00e9t\u00e9 civile marocaine&#8221;, charg\u00e9 de &#8220;n\u00e9gocier l&#8217;op\u00e9ration plut\u00f4t que l&#8217;ordonner&#8221;. Quant aux responsables de l&#8217;Agence, leurs interventions tournent autour des moyens d&#8217;action n\u00e9cessaires pour mener \u00e0 bien une v\u00e9ritable politique fonci\u00e8re, notamment en renfor\u00e7ant juridiquement les moyens d&#8217;appropriation du sol et en b\u00e9n\u00e9ficiant d&#8217;un apport immobilier gratuit de l&#8217;\u00c9tat pour constituer un capital foncier de d\u00e9part. Cf.. le <em>S\u00e9minaire sur les instruments d&#8217;un urbanisme op\u00e9rationnel pour Casablanca<\/em>, 4 et 5 juin 1990, Agence Urbaine de Casablanca, Royaume du Maroc, Minist\u00e8re de l&#8217;int\u00e9rieur, 59 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/reda\/#53\" name=\"53 Selon\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"53 Selon\">53<\/a> Selon A. Bouhaya ; &#8220;Casablanca d\u00e9brid\u00e9e s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e en ob\u00e9issant \u00e0 une seule r\u00e8gle : la sp\u00e9culation fonci\u00e8re&#8221;, et F. Imanssar ; &#8220;la sp\u00e9culation fonci\u00e8re continue \u00e0 battre son plein&#8221;. A. Bouhaya, &#8220;Historique de la planification urbaine de Casablanca&#8221;, <em>S\u00e9minaire sur les instruments d&#8217;un urbanisme op\u00e9rationnel pour Casablanca, op. cit\u00e9<\/em>, p. 15. F. Imanssar, &#8220;La mise en oeuvre d&#8217;un urbanisme op\u00e9rationnel pour Casablanca&#8221;,<em>S\u00e9minaire sur les instruments d&#8217;un urbanisme op\u00e9rationnel pour Casablanca, op. cit\u00e9<\/em>, p. 57.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#54\" name=\"54 La\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"54 La\">54<\/a><\/strong> La D.U.P., d\u00e9riv\u00e9e de l&#8217;expropriation pour cause d&#8217;utilit\u00e9 publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#55\" name=\"55 Selon\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"55 Selon\">55<\/a><\/strong> Selon Brahim Zyani, &#8220;l&#8217;\u00c9tat se prive toujours de moyens d&#8217;intervention d\u00e9cisifs sur l&#8217;espace urbain&#8221;. Cette attitude s&#8217;explique selon lui par le fait qu'&#8221;en r\u00e9servant une place centrale \u00e0 l&#8217;initiative priv\u00e9e dans le processus de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social engag\u00e9, l&#8217;\u00c9tat se garde de toucher aux privil\u00e8ges de la bourgeoisie nationale dans un secteur r\u00e9put\u00e9 tr\u00e8s sensible et rebelle \u00e0 tout interventionnisme \u00e9tatique&#8221;. Mais paradoxalement \u00e0 cela, si l&#8217;\u00c9tat encourage fortement le secteur priv\u00e9, Zyani constate que ce dernier ne r\u00e9alise que 10 \u00e0 15 % des logements produits, quant la construction individuelle (r\u00e9glementaire) en assure 65 \u00e0 70 %. B. Zyani, &#8220;Habitat, contrainte fonci\u00e8re et d\u00e9veloppement urbain \u00e0 Casablanca&#8221;, <em>Habitat, Etat, soci\u00e9t\u00e9 au Maghreb, op. cit\u00e9<\/em>, p. 227.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#56\" name=\"56 A.\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"56 A.\">56<\/a><\/strong> A. Rachik, <em>Politique urbaine et espace &#8220;bidonvillois&#8221; au Maroc. Le cas de Ben M&#8217;sik \u00e0 Casablanca<\/em>, D.E.A. de G\u00e9ographie et Am\u00e9nagement, Universit\u00e9 Lyon II, juin 1983. Cit\u00e9 par Abdelmajid Arrif, <em>Le passage pr\u00e9caire&#8230; op. cit\u00e9<\/em>, p. 134.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/reda\/#57\" name=\"57 &quot;Ainsi\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"57 &quot;Ainsi\">57<\/a><\/strong> &#8220;Ainsi en d\u00e9pit de la lourdeur du proc\u00e9d\u00e9 de recasement et des difficult\u00e9s qui entourent sa mise en application, la puissance publique demeure tr\u00e8s attach\u00e9e \u00e0 cette politique. Le d\u00e9placement de la population vers la p\u00e9riph\u00e9rie permet un desserrement du tissu urbain casablancais et une certaine am\u00e9lioration de l&#8217;image de marque de la cit\u00e9&#8221;. B. Zyani, &#8220;Habitat, contrainte fonci\u00e8re et d\u00e9veloppement urbain \u00e0 Casablanca&#8221;, <em>Habitat, \u00c9tat, soci\u00e9t\u00e9 au Maghreb, op. cit\u00e9<\/em>, p. 221. 58 Cf.. A. Amrani, <em>Grandes op\u00e9rations d&#8217;habitat social \u00e0 Casablanca, op. cit\u00e9<\/em>, 4 pages.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-size: 13px; text-align: justify;\">Extraits de R\u00e9da Benkirane,\u00a0<\/span><em style=\"color: #000000; font-size: 13px; text-align: justify;\">Bidonville et recasement, modes de vie \u00e0 karyan Ben M&#8217;sik (Casablanca),<\/em><span style=\"color: #000000; font-size: 13px; text-align: justify;\">\u00a0Institut Universitaire d&#8217;\u00c9tudes du D\u00e9veloppement (IUED), Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, 1993, 200 pages.<\/span><span style=\"font-family: Arial, Arial, Helvetica;\"> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bidonville et recasement, modes de vie \u00e0 karyan Ben M&#8217;sik (Casablanca) &nbsp; &#8220;Une base pour l&#8217;\u00e9tranger: telle fut la fonction historique de Casablanca (&#8230;) Sans l&#8217;\u00e9tranger, Casablanca serait sans doute rest\u00e9 un tout petit village, tout au plus un souk important&#8221;. F. Joly 1. Une br\u00e8ve histoire de la ville&#8230; <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/reda.archipress.org\/?p=319\">Lire plus \/ Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[373,377],"tags":[378],"class_list":["post-319","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recherche-research","category-urbanite","tag-urbanite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=319"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/319\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2699,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/319\/revisions\/2699"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}