{"id":2419,"date":"2014-05-27T18:49:55","date_gmt":"2014-05-27T18:49:55","guid":{"rendered":"http:\/\/j2\/?page_id=742"},"modified":"2014-05-27T18:49:55","modified_gmt":"2014-05-27T18:49:55","slug":"dialogue-avec-le-pianiste-giovanni-bellucci-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/reda.archipress.org\/?p=2419","title":{"rendered":"L&#8217;Odyss\u00e9e de la Complexit\u00e9. Dialogue-r\u00e9cital avec le pianiste Giovanni Bellucci"},"content":{"rendered":"<style type=\"text\/css\" media=\"all\">.printfriendly {display: none!important;}<\/style>\n<div align=\"justify\">\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" align=\"right\" alt=\" \" height=\"188\" hspace=\"2\" src=\"http:\/\/reda.hostpress.com\/images\/books\/medicis2.jpg\" title=\"Villa M\u00e9dicis, Rome\" vspace=\"2\" width=\"240\" \/>A travers ce titre&nbsp;<em>L&#39;Odyss&eacute;e de la complexit&eacute;<\/em>&nbsp;emprunt&eacute; au travail de R&eacute;da Benkirane, Giovanni Bellucci, pianiste italien, a voulu synth&eacute;tiser le contenu qui anime le programme de son deuxi&egrave;me r&eacute;cital du cycle beethov&eacute;nien int&eacute;gral &quot;Klaviersonaten und Symphonien&quot; &#8211;&nbsp; une int&eacute;grale qui, d&#39;apr&egrave;s le pianiste, se configure comme un long voyage aux limites de l&#39;univers pianistique beethov&eacute;nien, un parcours utopique et enthousiasmant mais aussi non exempt en risques et inconnues&#8230; Le sommet de ce cycle est la sonate No 29, opus 106, dite Hammerklavier.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;\n\t<\/p>\n<p>\n\t\tLa Hammerklavier, No 29 fait partie des derniers projets de Ludwig van Beethoven qui l&#39;aura compos&eacute;e alors qu&#39;il &eacute;tait atteint d&#39;une surdit&eacute; quasi totale. Cette oeuvre repr&eacute;sente un des monuments de la litt&eacute;rature pianistique et constitue une singularit&eacute; majeure dans l&#39;histoire de la musique.\n\t<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t<strong><em style=\"color: #990000;\">L&rsquo;Odyss&eacute;e de la Complexit&eacute;&nbsp;<\/em><\/strong><strong>&#8211; Villa M&eacute;dicis, Rome, 27 juin 2008<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tConcert pianistique de Giovanni Bellucci ponctu&eacute; d&#39;entretiens<br \/>\n\tavec R&eacute;da Benkirane sur le th&egrave;me de la Complexit&eacute;\n<\/p>\n<p style=\"color: #000000;\">\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" align=\"left\" alt=\" \" height=\"104\" hspace=\"2\" src=\"http:\/\/reda.hostpress.com\/images\/books\/medicis.jpg\" title=\"Villa M\u00e9dicis, Rome\" vspace=\"2\" width=\"240\" \/>Ventiseiesima Sonata in mi bemolle maggiore, op. 81a &ldquo;Das Lebewohl<br \/>\n\t&ndash;<em>Les Adieux<\/em>&rdquo;&nbsp;<em>Adagio \/ Allegro &ndash; Andante espressivo &ndash; Vivacissimamente<\/em><br \/>\n\tSesta Sonata in fa maggiore, op. 10 n. 2&nbsp;<br \/>\n\t<em>Allegro &ndash; Allegretto &ndash; Presto<\/em><br \/>\n\tVentinovesima Sonata in si bemolle maggiore,<br \/>\n\top. 106 &ldquo;Hammerklavier&rdquo;<br \/>\n\t<em>Allegro &ndash; Scherzo: Assai vivace &ndash; Adagio sostenuto &ndash; Largo \/ Allegro risoluto<\/em>&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<hr \/>\n<p>\n\t<strong style=\"color: #990000;\"><span style=\"color: #000000;\">Giovanni&nbsp;Bellucci, autodidacte tardif<\/span><\/strong>\n<\/p>\n<div align=\"justify\">\n\tN&eacute; en 1965, Giovanni Bellucci d&eacute;couvre par hasard le piano &agrave; l&#39;&acirc;ge de quatorze ans. Autodidacte, il se lance dans l&#39;interpr&egrave;tation des 32 sonates de Beethoven. Aur&eacute;ol&eacute; de nombreux prix et succ&egrave;s internationaux (World Piano Masters Competition de Monte-Carlo, Concours Reine Elizabeth de Bruxelles, Prague Spring Competition, Prix Alfredo Casella de la RAI, Prix Busoni, Prix Franz Liszt, Concours Claude Kahn), il est aujourd&#39;hui consid&eacute;r&eacute; comme un des dix plus grands pianistes du monde.\n<\/div>\n<p align=\"justify\">\n\t&laquo;&nbsp;Bellucci est une force de la nature d&eacute;cha&icirc;n&eacute;e, mais ni brutale, ni m&eacute;canique, une force, par contre, &eacute;norme, palpitante, toujours pr&ecirc;te &agrave; se plier aux multiples exigences d&rsquo;un texte parmi les plus complexes qui puissent exister, comme l&rsquo;eau qui d&eacute;vale imp&eacute;tueuse le lit d&rsquo;un torrent de montagne sans saper les rives, sans faire rouler les pierres et sans jamais d&eacute;border &raquo;.\n<\/p>\n<p align=\"right\">\n\tPiero Rattalino, &agrave; propos de l&rsquo;interpr&eacute;tation de la sonate de la&nbsp;&nbsp;<em>Hammerklavier,&nbsp;<\/em>revue&nbsp;<em>Musica<\/em>, avril 2000.\n<\/p>\n<div align=\"center\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n\t&nbsp;\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n\t<strong><span style=\"color: #990000;\">A propos de la sonate pour piano n&deg; 29, opus 106, Hammerklavier, de Beethoven<\/span>&nbsp;<\/strong>\n<\/div>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tOeuvre de commande, &eacute;crite en 1818 &ndash; ann&eacute;e de grande mis&egrave;re pour son auteur &ndash; la sonate n&deg; 29, op. 106, d&eacute;di&eacute;e &agrave; l&rsquo;Archiduc Rodolphe, partage avec les 33 Variations sur un th&egrave;me de Diabelli, le sommet de la difficult&eacute; dans l&rsquo;&oelig;uvre de piano de Beethoven.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tSes dimensions exceptionnelles, la richesse de sa substance musicale et du t&eacute;moignage humain et spirituel dont elle garde le secret, font de cet ouvrage de haut bord l&rsquo;un des monuments de la litt&eacute;rature pianistique de tous les temps, l&rsquo;un des plus respectables, l&rsquo;un des plus &eacute;trange aussi &hellip; sorte de sphinx sonore d&rsquo;une haute, d&rsquo;une myst&eacute;rieuse signification.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tLe langage est celui du dernier Beethoven, intellectuel et sensible, fort complexe bien que parfois r&eacute;duit &agrave; l&rsquo;essentiel gr&acirc;ce au d&eacute;pouillement de l&rsquo;&eacute;criture. Pens&eacute;e &eacute;pur&eacute;e ayant fr&eacute;quemment recours aux formes fugu&eacute;es pour se mat&eacute;rialiser en &eacute;nergie &ndash; Langage qui appara&icirc;t comme l&rsquo;ultime cons&eacute;quence d&rsquo;un travail int&eacute;rieur sans rel&acirc;che, d&rsquo;une progressive spiritualisation.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tIci se livrent des luttes d&rsquo;une port&eacute;e vitale, mais dont le sens demeure captif des symboles musicaux.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tQuatre mouvements dont nous parlerons bri&egrave;vement&nbsp;:\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tL&rsquo;ALLEGRO initial, v&eacute;ritable mouvement de symphonie, s&rsquo;impose d&rsquo;embl&eacute;e, abruptement, par un foudroyant motif rythmique qui reviendra plusieurs fois au cours du morceau.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un long &eacute;pisode en sol majeur (qui r&eacute;appara&icirc;tra plus tard dans le ton initial) r&eacute;v&egrave;le, en pleine lumi&egrave;re, tout un jeu m&eacute;lodique sensible sous-tendu d&rsquo;activit&eacute; rythmique. C&rsquo;est ensuite un fugato indomptable, qui atteint &agrave; l&rsquo;&acirc;pret&eacute;&nbsp;; puis, avant la r&eacute;exposition, une lumineuse modulation en si majeur &ndash; &agrave; remarquer une curieuse &eacute;quivoque entre si b&eacute;mol majeur et la &laquo;&nbsp;noire tonalit&eacute;&nbsp;&raquo; de si mineur, que l&rsquo;on retrouvera ailleurs au cours de l&rsquo;&oelig;uvre.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tCe premier mouvement se termine sur les r&eacute;percussions de plus en plus estomp&eacute;es du premier motif, sur des registres diff&eacute;rents, comme des forces mena&ccedil;antes qui battent en retraite dans un lointain inconnaissable.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tLe SCHERZO, ASSAI VIVACE, preste et vif, appara&icirc;t, de prime &agrave; bord, inoffensif&nbsp;; mais, &agrave; le mieux observer, on remarque, d&rsquo;une part, le caract&egrave;re myst&eacute;rieux, quelque peu fantomal, du trio, o&ugrave; passent et se m&ecirc;lent des ombres&nbsp;; et, d&rsquo;autre part, cette &eacute;quivoque entre si b&eacute;mol et si naturel, qui conf&egrave;re &agrave; la fin de cette page une si curieuse h&eacute;sitation tonale. Le presto final, sur des octaves r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de si naturel, pr&eacute;sente la lividit&eacute; de l&rsquo;&eacute;clair, avant que ne soit enfin touch&eacute; le si b&eacute;mol sur lequel va se consommer sa disparition &hellip;\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tL&rsquo;ADAGIO SOSTENUTO, pens&eacute; dans l&rsquo;esprit de la grande variation, se situe &agrave; un niveau exceptionnel d&rsquo;&eacute;l&eacute;vation et d&rsquo;int&eacute;riorit&eacute;. Cette immense fresque, o&ugrave; le temps est comme suspendu, donne des aper&ccedil;us, des perspectives insoup&ccedil;onn&eacute;es sur la ferveur, la richesse d&rsquo;une vie int&eacute;rieure d&rsquo;exception. Certes, la souffrance y est pr&eacute;sente, mais aussi une lumi&egrave;re qui semble venir d&rsquo;ailleurs &hellip;<br \/>\n\tLa Messe en R&eacute;, en chantier &agrave; cette &eacute;poque, n&rsquo;est sans doute pas &eacute;trang&egrave;re &agrave; ce climat d&rsquo;un autre monde o&ugrave; se perd la notion commune du temps.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tDans le LARGO qui pr&eacute;c&egrave;de l&rsquo;entr&eacute;e de la fugue, il faut, en quelque sorte, cr&eacute;er le n&eacute;ant &hellip; De ces limbes montent au jour, par trois fois, des &eacute;bauches d&rsquo;id&eacute;es qui, sit&ocirc;t n&eacute;es, retournent au vide. Le d&eacute;paysement est grand en ces &laquo;&nbsp;terrae incognitae&nbsp;&raquo;.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tTout se passe alors (si je puis me permettre une comparaison aussi audacieuse) comme si une formidable pulsion d&rsquo;&eacute;nergie lib&eacute;rait la Fugue de la pesanteur, la laissant en gravitation.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tMais le tout n&rsquo;est pas de la laisser graviter &hellip; il faut accomplir ce parcours terrible, tout en sinuosit&eacute;s, en retours sur soi-m&ecirc;me&nbsp;; il faut s&rsquo;y retrouver dans ce labyrinthe redoutable ponctu&eacute; de trilles &eacute;lectris&eacute;s.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tTerrible jeu de l&rsquo;esprit, non, lutte sans merci contre quelque tourment harcelant dont on veut se d&eacute;livrer&nbsp; &hellip;\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tL&rsquo;intellect et la volont&eacute; y sont en jeu, et une charge de malaise et de souffrance s&rsquo;y fait sentir &hellip; Ce serait, &agrave; mon sens, une grave erreur de la &laquo;&nbsp;d&eacute;dramatiser&nbsp;&raquo; comme on l&rsquo;entend faire parfois. Ce serait acte de banalisation. La tension, l&rsquo;opini&acirc;tret&eacute; doivent &ecirc;tre maintenues.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tCette fugue contient des hardiesses d&rsquo;&eacute;criture, des dissonances, des chocs, qui l&rsquo;apparentent presque &agrave; la musique d&rsquo;un Bartok, par exemple.\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tIl faudrait dominer suffisamment ces pages terribles pour prendre une distance et les interpr&eacute;ter en visionnaire &hellip;\n<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\tLe parcours de la Sonate op. 106 est tr&egrave;s impressionnant &agrave; effectuer pour l&rsquo;ex&eacute;cutant, mais combien de forces vives il re&ccedil;oit dans le contact et l&rsquo;intimit&eacute; d&rsquo;une &oelig;uvre aussi puissante, dont on peut arriver &agrave; se faire une alli&eacute;e.\n<\/p>\n<div align=\"justify\">\n\t&nbsp;\n<\/div>\n<p align=\"justify\" class=\"PHF\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<div align=\"right\">\n\tPierre Froment, pianiste\n<\/div>\n<p align=\"justify\">\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A travers ce titre&nbsp;L&#39;Odyss&eacute;e de la complexit&eacute;&nbsp;emprunt&eacute; au travail de R&eacute;da Benkirane, Giovanni Bellucci, pianiste italien, a voulu synth&eacute;tiser le contenu qui anime le programme de son deuxi&egrave;me r&eacute;cital du cycle beethov&eacute;nien int&eacute;gral &quot;Klaviersonaten und Symphonien&quot; &#8211;&nbsp; une int&eacute;grale qui, d&#39;apr&egrave;s le pianiste, se configure comme un long voyage aux&#8230; <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/reda.archipress.org\/?p=2419\">Lire plus \/ Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-2419","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2419","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2419"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2419\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2419"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2419"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2419"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}