{"id":327,"date":"2014-05-25T12:06:27","date_gmt":"2014-05-25T12:06:27","guid":{"rendered":"https:\/\/archipress.org\/reda2\/?page_id=327"},"modified":"2014-05-25T12:06:27","modified_gmt":"2014-05-25T12:06:27","slug":"description-du-bidonville","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/reda.archipress.org\/?page_id=327","title":{"rendered":"Description du bidonville"},"content":{"rendered":"<h3 align=\"center\" style=\"color: #000000;\">\n\t<a href=\"https:\/\/reda.archipress.org\/?page_id=292\" style=\"border: 0px; font-family: inherit; font-style: inherit; font-weight: inherit; margin: 0px; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline; color: rgb(17, 123, 184);\"><strong style=\"border: 0px; font-family: inherit; font-style: inherit; margin: 0px; outline: 0px; padding: 0px; vertical-align: baseline;\">Bidonville et recasement, modes de vie &agrave; karyan Ben M&#39;sik (Casablanca)<\/strong><\/a><br \/>\n<\/h3>\n<h3 align=\"center\" style=\"color: #000000;\">\n\t<strong>Enqu&ecirc;te &agrave; Karyan Ben M&#39;sik<\/strong><br \/>\n<\/h3>\n<h3 align=\"center\" style=\"color: #000000;\">\n\tChapitre premier<br \/>\n<\/h3>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\">\n\t<strong>1. Une micro-g&eacute;ographie de l&#39;espace bidonvillois<\/strong><br \/>\n\tLes informations statistiques recueillies sur le milieu bidonvillois au Maroc sont, soit g&eacute;n&eacute;rales (les zones d&#39;habitat clandestin sur l&#39;ensemble du Maroc, couvrant &eacute;galement d&#39;autres formes d&#39;habitat que celle bidonvilloise) soit ponctuelles sur des bidonvilles donn&eacute;s (Saknia &agrave; Kenitra, Douar Doum &agrave; Rabat, Bordj Moulay Omar &agrave; Meknes, Carri&egrave;res Centrales &agrave; Casablanca,&#8230;). Les enqu&ecirc;tes men&eacute;es &eacute;taient inscrites dans le cadre d&#39;&eacute;tudes de projet de restructuration (Saknia, Doum, Bordj Moulay Omar) ou de recasement (Carri&egrave;res Centrales). Concernant le cas de Ben M&#39;sik, des enqu&ecirc;tes de recensement et de sondage furent entreprises dans le cadre du Projet Ben M&#39;sik (Op&eacute;ration Moulay Rachid), elles constituent un mat&eacute;riel statistique de premi&egrave;re importance pour l&#39;&eacute;tude g&eacute;ographique de Karyan Ben M&#39;sik et doivent &ecirc;tre publi&eacute;es par la pr&eacute;fecture de Ben M&#39;sik Sidi Othman. Les seules donn&eacute;es consult&eacute;es sont extraites d&#39;un document, qui, bien que de moindre importance n&#39;est tout de m&ecirc;me pas n&eacute;gligeable. Ce document date de 1979 et il concerne l&#39;ensemble des bidonvilles de Karyan Ben M&#39;sik (alors qu&#39;il reste en 1990 un peu moins de la moiti&eacute; de la population qui n&#39;est pas encore recas&eacute;e), il fut entrepris sous l&#39;action d&#39;un acteur international, USAID. Celle-ci, intervenant &agrave; Ben M&#39;sik pour promouvoir un programme de restructuration (qui fut en fin de compte abandonn&eacute; par les autorit&eacute;s marocaines pour le cas sp&eacute;cifique de Ben M&#39;sik), entreprit avec le minist&egrave;re de l&#39;habitat et de l&#39;am&eacute;nagement du territoire une &eacute;tude de faisabilit&eacute; du projet, c&#39;est le &quot;rapport pr&eacute;liminaire du projet de restructuration des bidonvilles de Ben M&#39;sik&quot; <strong><a href=\"\/reda\/#1%20Rapport\" name=\"1\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"1\">1<\/a><\/strong>. Les chiffres relatifs &agrave; la soci&eacute;t&eacute; bidonvilloise de Ben M&#39;sik communiqu&eacute;s ici sont extraits de ce document. Ils ont une valeur indicative plut&ocirc;t que celle de la rigueur statistique. Les chiffres et les statistiques concernant la sous-int&eacute;gration urbaine au Maroc, sont eux aussi en voie de d&eacute;veloppement ; ils sont approximatifs d&#39;un &eacute;tat donn&eacute;&#8230;\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tL&#39;enqu&ecirc;te r&eacute;alis&eacute;e en 1979, dans le cadre du projet de restructuration d&eacute;velopp&eacute; par la Banque Mondiale et s&#39;appuyant sur le recensement de population de 1978, donne une population bidonvilloise de 72 019 habitants, soit 12 335 m&eacute;nages install&eacute;s sur 11 378 parcelles ou zribas couvrant une superficie totale de 85 hectares. La densit&eacute; de population est donc de 847,2 habitants &agrave; l&#39;hectare et la densit&eacute; du cadre b&acirc;ti (exprim&eacute; en zriba) est d&#39;environ 134 zribas &agrave; l&#39;hectare.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLe recensement du nombre de baraques existant sur chaque zriba, r&eacute;v&egrave;le que 4% des m&eacute;nages ont une baraque par zriba, 49% disposant de deux baraques par zriba, et 46% poss&egrave;dent trois baraques par zriba. Or, par ailleurs, il ressort que 81% des zribas sont occup&eacute;es par un seul m&eacute;nage. D&#39;apr&egrave;s les r&eacute;ponses obtenues, on peut se demander quel est le sens exact que recouvre le terme &quot;baraque(s)&quot; (<em>beraka \/ brarek<\/em> ); en fait, l&#39;&eacute;nonc&eacute; des enqu&ecirc;teurs concevait explicitement par &quot;baraque&quot; une unit&eacute; d&#39;habitation et les r&eacute;ponses entendent implicitement par ce terme une pi&egrave;ce d&#39;habitation (<em>bit <\/em>). Cette grossi&egrave;re erreur d&#39;interpr&eacute;tation peut fausser des r&eacute;sultats d&#39;enqu&ecirc;te, lorsqu&#39;il s&#39;agit par exemple d&#39;&eacute;valuer le nombre de personnes par baraque (entendez le taux d&#39;occupation par pi&egrave;ce d&#39;habitation) et le nombre de personne par unit&eacute; d&#39;habitation. Les zribas sont de taille variable, 43% couvrent une superficie de plus de 50 m&egrave;tres carr&eacute;s et 35% ont une superficie inf&eacute;rieure &agrave; 40 m&egrave;tres carr&eacute;s, 22% des zribas se situant entre 40 et 50 m&egrave;tres carr&eacute;s.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes fa&ccedil;ades, &agrave; l&#39;instar des zribas, ont diff&eacute;rentes longueurs. L&#39;enqu&ecirc;te de juin 1979 r&eacute;v&egrave;le que 46% des fa&ccedil;ades ont une longueur de plus de 6 m&egrave;tres, 44% entre 3 et 6 m&egrave;tres et 10% ont une fa&ccedil;ade inf&eacute;rieure &agrave; 3 m&egrave;tres.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tPour les mat&eacute;riaux de construction utilis&eacute;s dans la baraque, la t&ocirc;le et le bois pr&eacute;dominent tr&egrave;s largement en ce qui concernent les murs (respectivement 55% et 42%) et les plafonds (70% et 20%). Quant au sol, le ciment constitue l&#39;unique dallage (90% des baraques).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLe mode d&#39;&eacute;clairage dominant &agrave; Karyan Ben M&#39;sik en 1979 est la bougie (61% des zribas), viennent ensuite le butagaz (19%) et le p&eacute;trole (14%).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa localisation de la cuisine est en g&eacute;n&eacute;ral dans une pi&egrave;ce (70% des zribas), parfois dans un abri (19%), accessoirement dans la cour (9%). Par ailleurs et contrairement aux r&eacute;ponses fournies dans l&#39;enqu&ecirc;te de 1979, sur le terrain nous n&#39;avons jamais remarqu&eacute; une localisation de la cuisine ailleurs que dans une cour (mrah ) ou un &quot;abri&quot; (encore faudrait-il pr&eacute;ciser ce qu&#39;est en fait un &quot;abri&quot;, et si quelquefois il ne remplacerait pas ce que repr&eacute;sente par ailleurs la cour dans l&#39;unit&eacute; d&#39;habitation).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tEnfin, il faut pr&eacute;ciser que le cadre b&acirc;ti du grand bidonville de Ben M&#39;sik (Karyan Ben M&#39;sik et Karyan Khalifa Ahmed) comprenant 23 blocs se situait en 1979 sur deux types de terrain ; domanial pour Karyan Ben M&#39;sik (70 hectares), et priv&eacute; pour Karyan Khalifa Ahmed (15 hectares appartenant &agrave; la famille du Khalifa). A l&#39;origine, karyan Ben M&#39;sik regroupe quatre zones bidonvilloises : karyan Rhamna, karyan Wastani, karyan Jdid et karyan Sidi Mohamed (d&eacute;plac&eacute; &agrave; El Massira depuis la construction de l&#39;autoroute en 1976).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>2. Petit historique<\/strong><br \/>\n\t<strong>2.1. Du mot karyan <\/strong><br \/>\n\tKaryan signifie en dialecte marocain bidonville. Les deux noms ont d&#39;ailleurs les m&ecirc;mes date et lieu de naissance. C&#39;est dans les ann&eacute;es 20, &agrave; proximit&eacute; de la centrale thermique de Roches Noires &agrave; Casablanca, qu&#39;apparaissent les premi&egrave;res baraques construites &agrave; partir de mat&eacute;riaux des plus h&eacute;t&eacute;roclites. Leurs promoteurs sont des ouvriers du chantier de construction de la centrale thermique, ils choisiront la proximit&eacute; d&#39;une carri&egrave;re pour implanter leurs logements sommaires. D&#39;o&ugrave; le nom du premier &quot;bidonville&quot; : <em>Carri&egrave;res Centrales<\/em>. Ce nom sera en d&eacute;finitive &quot;marocanis&eacute;&quot; pour donner le nom Karyan Centra. A partir de l&agrave;, le mot Karyan (d&eacute;formation de &quot;carri&egrave;re&quot;) d&eacute;signera sur un mode g&eacute;n&eacute;rique cette forme particuli&egrave;re de quartier install&eacute; &agrave; proximit&eacute; de carri&egrave;res.<br \/>\n\tDe la m&ecirc;me mani&egrave;re, la baraque devient beraka (pluriel <em>brarek<\/em>) pour d&eacute;signer l&#39;unit&eacute; d&#39;habitation au sein du bidonville. L&#39;&eacute;tymologie du mot karyan (comme du mot bidonville) n&#39;est pas sans utilit&eacute;. Elle postule la proximit&eacute; constante de l&#39;environnement industriel dans l&#39;av&egrave;nement de cette forme de croissance. Si tous les sp&eacute;cialistes insistent sur l&#39;origine rurale de la population bidonvilloise, peu d&#39;entre eux expliquent le passage de la hutte (<em>nouala<\/em>) ou de l&#39;habitation rurale (<em>tenkira<\/em>) &agrave; la baraque. La baraque tout comme la hutte ne se construit pas, elle se monte et peut m&ecirc;me &agrave; l&#39;occasion &ecirc;tre d&eacute;plac&eacute;e &agrave; dos d&#39;homme. Mais &agrave; la diff&eacute;rence de la hutte, la baraque emprunte des mat&eacute;riaux sp&eacute;cifiques de l&#39;&eacute;poque industrielle ; morceaux de planches, plaques de zinc, t&ocirc;le ondul&eacute;e, bidons en plastique, etc.,&#8230; Tout ce qui forme un fragment pr&eacute;fabriqu&eacute; (de l&#39;industrie) et qui est jug&eacute; r&eacute;cup&eacute;rable (dans un chantier de construction) pourra alors facilement participer &agrave; la composition de la baraque.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tEn deuxi&egrave;me analyse, les fondateurs de bidonvilles du Casablanca des ann&eacute;es 20 et 30 ne sont pas seulement d&#39;anciens ruraux, mais d&#39;abord les premiers ouvriers qu&#39;embauche la jeune industrie. Ce n&#39;est qu&#39;une fois bien implant&eacute;s, que les bidonvilles accueillent de mani&egrave;re plus ou moins directe les populations migrantes. Et encore faut-il relativiser cette g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; par le constat de d&eacute;calage entre date d&#39;arriv&eacute;e en ville et date d&#39;installation dans le bidonville <strong><a href=\"\/reda\/#2%20%22Des\" name=\"2\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"2\">2<\/a><\/strong>. Dans le cadre de notre enqu&ecirc;te, nous avons m&ecirc;me rencontr&eacute; des cas d&#39;habitants venus au bidonville apr&egrave;s avoir habit&eacute; un logement en dur. Dans ce cas-l&agrave;, il faut y voir une r&eacute;gression socio-&eacute;conomique. Le chef de famille apr&egrave;s avoir vendu sa petite propri&eacute;t&eacute; s&#39;installe quelques temps dans un quartier populaire, puis d&eacute;cide d&#39;acheter une baraque en bidonville, seul moyen de s&#39;accorder avec son niveau de vie. Et m&ecirc;me apr&egrave;s vingt ann&eacute;es pass&eacute;es au bidonville, celui-ci s&#39;estimera n&#39;&ecirc;tre pas un vrai bidonvillois. La baraque est donc un habitat urbain dont les modes de construction et d&#39;organisation de l&#39;espace sont en rupture avec l&#39;habitat de type rural. Et s&#39;installer dans un bidonville, c&#39;est aussi une strat&eacute;gie pour devenir propri&eacute;taire de son logement.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>2.2. Du mot zriba <\/strong><br \/>\n\tZriba signifie parc ou enclos. Ce terme est de la m&ecirc;me famille que le mot zarb (plante &eacute;pineuse qui sert &agrave; cl&ocirc;turer l&#39;enclos). Le terme a fait son apparition dans le milieu bidonvillois d&egrave;s le d&eacute;but de la croissance urbaine de Casablanca. Il est rattach&eacute; aux anc&ecirc;tres premiers de la beraka : la tente (<em>kheima<\/em>) et la hutte (<em>nouala<\/em>), ceux-ci ayant besoin, &agrave; leur alentour, d&#39;un espace vital pour l&#39;&eacute;levage domestique. On peut en d&eacute;duire que lorsqu&#39;appara&icirc;t la forme sp&eacute;cifique de la baraque, cette terminaison de zriba fut alors utilis&eacute;e par ses habitants pour d&eacute;signer l&#39;unit&eacute; d&#39;habitation avec sa parcelle adjacente de terrain dans laquelle on garde des moutons ou une basse-cour, et o&ugrave; est entretenu un petit jardin potager. La zriba indique donc un espace parcellis&eacute; de type rural, elle implique donc une superficie, fut-elle minime, non construite au sein de l&#39;unit&eacute; d&#39;habitation. L&#39;emploi de ce terme par les habitants, puis par les autorit&eacute;s publiques, &eacute;tait pertinent &agrave; l&#39;&eacute;poque des premi&egrave;res implantations de bidonvilles &agrave; Casablanca, car les parcelles des baraques &eacute;taient assez grandes. Lorsque le bidonville arrivait &agrave; saturation sur un espace donn&eacute;, les superficies des zribas &eacute;taient diminu&eacute;es au fur et &agrave; mesure de la parcellisation int&eacute;rieure.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tActuellement la majorit&eacute; des parcelles de terrain sont inf&eacute;rieures &agrave; 50 m&egrave;tres carr&eacute;s (57% en 1979) ; et si nous partons d&#39;une densit&eacute; du cadre b&acirc;ti de 134 zriba &agrave; l&#39;hectare nous avons une surface moyenne de 74 m&egrave;tres carr&eacute;s par zriba : est-il pertinent d&#39;utiliser le terme de zriba pour des surfaces de cet ordre (surface b&acirc;tie comprise), alors qu&#39;il est cens&eacute;, &agrave; l&#39;origine, repr&eacute;senter un parc pour des animaux d&#39;&eacute;levage ? D&#39;autant que les habitants bidonvillois n&#39;utilisent plus ce mot ; il est employ&eacute; uniquement pour d&eacute;signer de vastes habitations (inexistantes &agrave; Karyan Ben M&#39;sik mais rep&eacute;rables dans la commune de Sidi Moumen) de type rural ou ce que repr&eacute;sentait une parcelle de terrain dans le Karyan des premiers temps. Sinon ils pr&eacute;f&egrave;rent utiliser les termes de num&eacute;ro (<em>nemra<\/em> ) ou de porte (<em>bab<\/em> ), ce qui traduit la perspicacit&eacute; des habitants pour d&eacute;signer un espace lui aussi en mutation. Alors que l&#39;Administration appelle aujourd&#39;hui zriba un espace minimal, la plupart du temps construit et couvert, issu de multiples parcellisations et en de&ccedil;&agrave; duquel un morcellement suppl&eacute;mentaire est impossible.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tPour nous la zriba est une mesure vague et inop&eacute;rante du cadre b&acirc;ti actuel en bidonville de Ben M&#39;sik car elle peut masquer un fait irr&eacute;cusable ; &quot;il y a 3 familles par zriba&quot; est une affirmation qui n&#39;indique pas grand-chose sur la densification des m&eacute;nages par rapport &agrave; l&#39;habitation, par contre d&eacute;clarer qu&#39;&quot;il y a 3 familles par porte ou num&eacute;ro de baraque&quot; indique d&eacute;j&agrave; mieux l&#39;&eacute;tat de promiscuit&eacute; des m&eacute;nages concern&eacute;s. Si nous insistons sur un probl&egrave;me de vocabulaire, c&#39;est qu&#39;il n&#39;est pas sans cons&eacute;quences. Cette question de d&eacute;finition proc&egrave;de de la part des autorit&eacute;s d&#39;une vision d&eacute;formante de la r&eacute;alit&eacute;, qui se fait jour lors des op&eacute;rations de recensement, &agrave; partir de laquelle sont con&ccedil;us des projets de recasements et qui permet de minimiser l&#39;espace social domestique pour renforcer l&#39;espace physique de l&#39;habitat. La zriba correspond &agrave; une sorte d&#39;&eacute;talon de mesure des programmes d&#39;habitat <strong><a href=\"\/reda\/#3%20%22A\" name=\"3\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"3\">3<\/a><\/strong>. D&#39;o&ugrave; les multiples probl&egrave;mes qui en d&eacute;coulent, ils sont d&#39;ailleurs abondamment &eacute;voqu&eacute;s dans les entretiens semi-directifs.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes int&eacute;rieurs de l&#39;habitat bidonvillois sont, &agrave; l&#39;image de ses habitants, diff&eacute;renci&eacute;s ; l&#39;organisation et l&#39;occupation de l&#39;espace domestique varie suivant le nombre de personnes et le statut socio-&eacute;conomique de la famille. N&eacute;anmoins, la sp&eacute;cificit&eacute; d&#39;un mode de vie en milieu bidonvillois fa&ccedil;onne un mod&egrave;le dominant d&#39;habitat auto-construit. Et le mode de vie bidonvillois se distingue des modes de vie rural et urbain en raison de conditions particuli&egrave;res d&#39;espace habit&eacute; : absence d&#39;&eacute;gouts, d&#39;eau courante et d&#39;&eacute;lectricit&eacute;, et une densit&eacute; de population variant entre 800 et 1000 habitants &agrave; l&#39;hectare.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>3. Anatomie de la baraque<\/strong><br \/>\n\tOn p&eacute;n&egrave;tre dans la baraque par une porte (en bois ou en t&ocirc;le, en g&eacute;n&eacute;ral ferm&eacute;e par un cadenas ou un syst&egrave;me de fil barbel&eacute;) et celle-ci d&eacute;bouche dans la plupart des cas sur une cour. Ce que l&#39;habitant d&eacute;signe par cour, m&ecirc;me lorsque cette derni&egrave;re n&#39;a plus la forme, les dimensions et l&#39;orientation significative de sa fonction architecturale, l&#39;observateur &eacute;tranger le d&eacute;signe comme &quot;hall&quot; ou &quot;couloir&quot;. Ici &agrave; l&#39;origine, la cour n&#39;&eacute;tait pas couverte d&#39;un toit, elle le devient quelquefois pour b&eacute;n&eacute;ficier d&#39;une pi&egrave;ce suppl&eacute;mentaire d&#39;habitation. Il peut arriver que dans un emplacement de la cour soit creus&eacute;e une fosse pour l&#39;am&eacute;nagement d&#39;un W. C., celui-ci &eacute;tant alors s&eacute;par&eacute; par des cloisons du reste de la maison. Ce qui rend pertinent la d&eacute;signation de la cour utilis&eacute;e par les habitants bidonvillois, c&#39;est lorsqu&#39;on en r&eacute;f&egrave;re &agrave; certaines fonctions d&#39;utilisation. Cet espace est utilis&eacute; pour des d&eacute;placements (entrer et sortir de la maison sans passer (pour le visiteur) par des pi&egrave;ces, pour circuler d&#39;une pi&egrave;ce &agrave; l&#39;autre), pour des t&acirc;ches domestiques (cuisiner, coudre &agrave; la machine, tisser un tapis), enfin pour le rangement (d&#39;ustensiles de cuisine, localisation d&#39;une commode, parcage de nuit d&#39;une motocyclette ou d&#39;un v&eacute;lo) et de mani&egrave;re accessoire pour le dormir (dans le cas d&#39;une famille nombreuse). Ainsi la cour, dans le cas de l&#39;habitat pr&eacute;caire, rev&ecirc;t une double signification : &#8211; celle relevant des architectures de l&#39;Islam d&eacute;finissant les fonctions symboliques et domestiques de cette pi&egrave;ce &agrave; ciel ouvert, &#8211; celle d&#39;une nouvelle interpr&eacute;tation, &agrave; partir d&#39;une occupation intensive, maximale, de l&#39;espace domestique.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa cour am&egrave;ne &agrave; des pi&egrave;ces qui g&eacute;n&eacute;ralement sont de l&#39;ordre de deux &agrave; trois. Ces pi&egrave;ces servent de chambres pour dormir, mais une d&#39;entre elles doit n&eacute;cessairement faire office de pi&egrave;ce de s&eacute;jour et de r&eacute;ception ; les repas y sont servis, on y regarde la t&eacute;l&eacute;vision (pour ceux qui en disposent), les visiteurs y sont re&ccedil;us, et de nuit elle est occup&eacute;e pour le dormir. Les pi&egrave;ces n&#39;ont g&eacute;n&eacute;ralement pas de fen&ecirc;tres, si elles existent, elles sont petites et sont situ&eacute;es en hauteur ; elles ne servent pas &agrave; &eacute;clairer de jour les pi&egrave;ces, mais plut&ocirc;t &agrave; les a&eacute;rer. De jour, les pi&egrave;ces restent sombres. Les murs des pi&egrave;ces int&eacute;rieures sont faits de bois ; ils sont peints d&#39;un bleu, d&#39;un vert, ou d&#39;un rose p&acirc;les, sinon calfeutr&eacute;s (avec du carton habilement agraf&eacute;, des feuilles de plastique color&eacute; ou du vieux papier peint).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes toits sont en bois recouvert de t&ocirc;le. Des objets h&eacute;t&eacute;roclites peuvent participer au renforcement et &agrave; l&#39;&eacute;tanch&eacute;it&eacute; de la toiture. Lorsqu&#39;il pleut, l&#39;eau p&eacute;n&egrave;tre dans la maison par le toit ; des r&eacute;cipients sont alors dispos&eacute;s aux endroits critiques pour recueillir les fuites d&#39;eau. La saison des pluies est l&#39;occasion pour les habitants d&#39;entretenir la toiture des baraques ; si la plaque de t&ocirc;le maintenant rouill&eacute;e n&#39;a pas &eacute;t&eacute; compl&egrave;tement remplac&eacute;e, le toit est recouvert d&#39;une feuille de plastique qui assurera l&#39;&eacute;tanch&eacute;it&eacute;. Mais celle-ci restera de courte dur&eacute;e, les chats install&eacute;s sur les toits ayant vite fait de d&eacute;chirer &agrave; maints endroits la couche plastique.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLe mobilier de base d&#39;une maison est constitu&eacute; essentiellement de banquettes, de nattes (en alfa ou en synth&eacute;tique) et de couvertures de laine, ainsi que d&#39;une batterie &eacute;l&eacute;mentaire de cuisine. A partir de ce minimum, le mobilier peut s&#39;enrichir, selon le statut &eacute;conomique des habitants, pour apporter un minimum de confort ; dans certaines baraques, les quelques meubles sont cass&eacute;s et l&#39;ensemble de l&#39;int&eacute;rieur t&eacute;moigne d&#39;un d&eacute;labrement prononc&eacute;, dans d&#39;autres cas, on trouve install&eacute; le mobilier complet de la maison citadine ; banquettes et matelas recouverts de tissu, tables, commode o&ugrave; est rang&eacute;e la vaisselle d&#39;apparat, armoire pour les habits, nattes voire tapis de laine, poste T. V., radio-cassette, bo&icirc;te &agrave; pharmacie&#8230;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>4. De quelques constituants de l&#39;espace bidonvillois<\/strong><br \/>\n\tDes premi&egrave;res journ&eacute;es pass&eacute;es &agrave; parcourir le bidonville, nous retiendrons beaucoup d&#39;impressions fortes, et quelquefois ambigu&euml;s. Concr&egrave;tement, les premi&egrave;res lectures &eacute;taient en rapport avec les sols foul&eacute;s, les odeurs qui d&eacute;limitaient l&#39;espace, les bruits qui le d&eacute;finissaient. Un peu plus tard, le boire et le manger venaient participer &agrave; cette lecture premi&egrave;re du Karyan. S&#39;il y eut un moment privil&eacute;gi&eacute; de lisibilit&eacute; et d&#39;intelligibilit&eacute; du terrain, ce fut bien celui-l&agrave;.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLe sol, jonch&eacute; la plupart du temps d&#39;immondices de toutes sortes, est d&#39;une grande &eacute;loquence ; tout ce qui fait objet de consommation dans le karyan se retrouve l&agrave;, quelque part, par fragments parfois, sous sa forme d&eacute;grad&eacute;e le plus souvent. Le terrain, selon des itin&eacute;raires de marche, est indicateur de quantit&eacute; de choses bidonvilloises datant de la saison derni&egrave;re, d&#39;hier ou d&#39;aujourd&#39;hui.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes odeurs sont constitutives de l&#39;espace habit&eacute;. Elles d&eacute;limitent l&#39;espace par fonctions domestiques : l&#39;alimentation, le blanchissage, les latrines, l&#39;&eacute;levage. Dans le cadre de promiscuit&eacute; sociale, les odeurs de cuisine, par exemple, distillent de l&#39;information. Toute la ruelle rep&egrave;re ainsi quand l&#39;un de ses membres travaille &agrave; la cuisson d&#39;un plat, mieux encore, elle peut conna&icirc;tre &agrave; distance et sans difficult&eacute; la nature du plat en question. De la sorte, les odeurs alimentaires constituent d&#39;ores et d&eacute;j&agrave; des indices de niveau de vie. Parfois les odeurs se m&ecirc;lent en intensit&eacute; et en genre : abondamment naus&eacute;abondes, elles signalent le caract&egrave;re &eacute;videmment concentrationnaire du karyan : pr&egrave;s de 1000 habitants &agrave; l&#39;hectare&#8230;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes bruits &eacute;galement font partie du domaine de d&eacute;finition du Karyan. La vari&eacute;t&eacute; du &quot;champ phonique&quot; bidonvillois reste propri&eacute;t&eacute; publique du voisinage. Le manque d&#39;intimit&eacute; se vit &eacute;galement par la collectivit&eacute; objective des bruits. Cette collectivit&eacute; des bruits n&#39;est pas uniquement n&eacute;gative, elle est aussi d&#39;utilit&eacute; publique. Tout en remontant sa ruelle, telle femme consulte une voisine invisible, elle lui demandera un peu d&#39;huile, de sel ou des allumettes. C&#39;est que les bruits participent &agrave; l&#39;identit&eacute; propre des habitants, ou plut&ocirc;t les bruits sont utilis&eacute;s par eux pour recr&eacute;er des rapports de type social et culturel. Arrif cite par exemple une commer&ccedil;ante qui se rappelle entendre parler le commer&ccedil;ant voisin, et il lui semble l&#39;entendre encore et lui tenir compagnie alors qu&#39;elle vit &agrave; Moulay Rachid. Un jeune de la cit&eacute; Moulay Rachid, quant &agrave; nous, a &eacute;mis le voeu de construire une beraka sur le toit de la maison familiale, simplement pour pouvoir entendre le bruit de la pluie sur le toit en zinc. Dans la cit&eacute; de recasement, les bruits du bidonville inspirent de la nostalgie&#8230; Les bruits concernent le logement en tant que tel, mais aussi la ruelle, le bloc ou le bidonville en g&eacute;n&eacute;ral. Au niveau du logement, ils t&eacute;moignent d&#39;une tr&egrave;s grande promiscuit&eacute; sociale. Au niveau de la ruelle, ils aident &agrave; rep&eacute;rer des acteurs : les femmes et les enfants. Au niveau du bloc, c&#39;est aux commer&ccedil;ants et aux groupes de jeunes adolescents qu&#39;ils en r&eacute;f&egrave;rent, enfin au niveau du bidonville, ils le sp&eacute;cifient par rapport aux autres composantes du tissu urbain.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tConcernant la pr&eacute;sence des forces de l&#39;ordre dans le bidonville, il est &agrave; remarquer qu&#39;elle est tr&egrave;s rare. Les agents de la s&eacute;curit&eacute; nationale ne p&eacute;n&egrave;trent pas dans le bidonville. On les retrouve seulement dans les axes de la circulation automobile, appr&eacute;hendant tel motocycliste ou tel charretier. Sinon ils n&#39;interviennent pas dans la vie interne du quartier <strong><a href=\"\/reda\/#4%20Durant\" name=\"4\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"4\">4<\/a><\/strong> , et cela, au regret m&ecirc;me des habitants bidonvillois interview&eacute;s qui se plaignent de ne pas b&eacute;n&eacute;ficier d&#39;une proximit&eacute; imm&eacute;diate d&#39;un arrondissement de police.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>5. Autre forme d&#39;habitat &quot;clandestin&quot; <\/strong><br \/>\n\tAu sein de la pr&eacute;fecture de Ben M&#39;sik-Sidi Othman, il y a des zones d&#39;habitations qui se confondent, &agrave; premi&egrave;re vue, facilement avec de l&#39;habitat pr&eacute;caire de type bidonville. Voisines de karyan Ben M&#39;sik ou situ&eacute;es &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie de la pr&eacute;fecture, ces zones d&#39;habitations, une fois observ&eacute;es de l&#39;int&eacute;rieur, montrent une diversit&eacute; qu&#39;on ne retrouve pas &agrave; karyan Ben M&#39;sik et karyan El Massira. Concr&egrave;tement, la vari&eacute;t&eacute; concerne en l&#39;occurrence la taille des parcelles, la forme, le mat&eacute;riau, la d&eacute;coration des habitations. M&ecirc;me l&#39;am&eacute;nagement d&#39;ensemble du quartier peut en &ecirc;tre radicalement affect&eacute;e.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tA c&ocirc;t&eacute; d&#39;une immense carri&egrave;re d&eacute;saffect&eacute;e, se trouve le bidonville de Sidi Moumen. De loin, ce sont les toits de zinc et les antennes &eacute;parses qui dominent l&#39;impressionnante &eacute;tendue du site. Au bas d&#39;une des falaises de la carri&egrave;re, des femmes lavent le linge dans ce qui fait un petit lac d&#39;une eau stagnante et verd&acirc;tre. Par la route principale menant au douar, l&#39;on passe devant une grande mosqu&eacute;e et un &quot;complexe&quot; qui lui est rattach&eacute; (comprenant entre autres hammam et caf&eacute;). La route est en dehors de la zone urbaine de Sidi Moumen et c&#39;est d&eacute;j&agrave; la campagne ici, au vu du type d&#39;habitation, des enclos de cactus d&eacute;limitant les petites propri&eacute;t&eacute;s et des troupeaux de moutons. A hauteur de la grande mosqu&eacute;e, il y a le terminus du bus et au virage, l&#39;on d&eacute;bouche imm&eacute;diatement sur le grand douar. Dans son environnement, et &agrave; y voir de plus pr&egrave;s, karyan Sidi Moumen rappelle plut&ocirc;t une agglom&eacute;ration villageoise, bient&ocirc;t rattrap&eacute;e par la ville. Le trac&eacute; des ruelles &eacute;troites et non pav&eacute;es est sinueux, au gr&eacute; des habitations qui se sont au fur et &agrave; mesure implant&eacute;es l&agrave;. Les habitations sont de type rural (murs en briques et toits de zinc), tr&egrave;s spacieuses. Les zribas font au minimum trois fois la superficie de celles de Karyan Ben M&#39;sik ou d&#39;El Massira. Nous p&eacute;n&eacute;trons dans l&#39;une d&#39;entre elles, vaste cour sur laquelle donnent trois grandes pi&egrave;ces. Nous entrons dans celle de gauche, au fond de celle-ci il y a la cuisine et &agrave; droite on d&eacute;bouche sur une chambre rectangulaire, c&#39;est le salon de r&eacute;ception o&ugrave; les banquettes et leurs matelas courent le long de tous les murs sans fen&ecirc;tre et peints d&#39;un bleu p&acirc;le. L&agrave; nous menons un entretien avec un fils et sa m&egrave;re qui nous expliquent que leur zriba couvrait, au d&eacute;but de leur installation dans ce douar, une superficie de 1600 m&egrave;tres carr&eacute;s. Mais &agrave; mesure que le douar grossissait, des parcelles de leur zriba &eacute;taient lou&eacute;es pour &ecirc;tre quelques ann&eacute;es plus tard c&eacute;d&eacute;es. Cette parcellisation intensive correspond d&#39;ailleurs &agrave; la forme de sp&eacute;culation du pauvre. De la sorte pour le nouvel arriv&eacute;, il y a possibilit&eacute; de loger &agrave; moindre frais, pour le propri&eacute;taire de zriba, il y possibilit&eacute; d&#39;accro&icirc;tre ses revenus, soit en louant une baraque soit en la vendant. A partir d&#39;un certain moment, le bidonville cro&icirc;t jusqu&#39;&agrave; saturation, il ne peut plus s&#39;&eacute;tendre sur le plan spatial. Les nouveaux venus trouveront n&eacute;anmoins encore la possibilit&eacute; de louer une pi&egrave;ce &agrave; l&#39;int&eacute;rieur d&#39;une baraque. Le bidonville cro&icirc;t alors de l&#39;int&eacute;rieur, et continue de se densifier. D&egrave;s lors que les autorit&eacute;s publiques interviennent dans le bidonville (dans le cadre d&#39;un recensement), les locataires cessent de payer toute forme de loyer .\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tStructurellement, le morcellement des parcelles ne se distingue pas tellement du ph&eacute;nom&egrave;ne g&eacute;n&eacute;ral de sp&eacute;culation fonci&egrave;re et immobili&egrave;re que l&#39;on retrouve dans les lotissements priv&eacute;s de Casablanca.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>6. Espace du bloc 3, karyan El Machakil<\/strong><br \/>\n\tLes premiers entretiens eurent lieu avec les habitants du bloc 3, ces derniers ont la particularit&eacute; d&#39;&ecirc;tre des refoul&eacute;s de l&#39;op&eacute;ration de recasement de Moulay Rachid <strong><a href=\"\/reda\/#5%20D%27apr%E8s\" name=\"5\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"5\">5<\/a><\/strong>. Le bloc 3 est entour&eacute; dans sa partie inf&eacute;rieure d&#39;un mur d&#39;enceinte. A une centaine de m&egrave;tres en face de l&#39;entr&eacute;e du bidonville, il y a un arrondissement de la s&ucirc;ret&eacute; nationale, &agrave; l&#39;entr&eacute;e du poste se trouve une cabine t&eacute;l&eacute;phonique juxtapos&eacute;e &agrave; une pharmacie et &agrave; un caf&eacute;. Entre l&#39;arrondissement de police et l&#39;entr&eacute;e du bloc 3, un terrain vague a &eacute;t&eacute; am&eacute;nag&eacute; en terrain de football par les jeunes bidonvillois. Face au terrain de jeu, une imposante demeure domine le site, c&#39;est celle du Khalifa Ahmed, personnage important dans l&#39;histoire de Karyan Ben M&#39;sik <strong><a href=\"\/reda\/#6%20A\" name=\"6\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"6\">6<\/a><\/strong>. La famille du Khalifa y r&eacute;side toujours.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tQuelques bandes de gamins en bas &acirc;ge jouent &agrave; l&#39;entr&eacute;e du bloc 3 sur les seules aires de jeux disponibles ; monticules de d&eacute;tritus, longs et sinueux cours d&#39;eaux us&eacute;es, sols parsem&eacute;s de rocaille agressive, verre bris&eacute;, excr&eacute;ments humains, gros rats en putr&eacute;faction&#8230;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes baraques actuelles du bloc 3 sont agenc&eacute;es de mani&egrave;re assez disparate, en tous cas pour la partie inf&eacute;rieure du bloc. Certains emplacements de baraques sont aujourd&#39;hui vides, on n&#39;y retrouve qu&#39;un dallage sommaire en ciment, t&eacute;moin d&#39;une ancienne occupation du sol. C&#39;est tout ce qui reste de l&#39;am&eacute;nagement pr&eacute;c&eacute;dent, celui des vrais habitants du bloc 3 qui se trouvent d&eacute;sormais recas&eacute;s &agrave; la cit&eacute; Moulay Rachid. Les ruelles, &agrave; l&#39;instar de celles du bloc 16, sont pav&eacute;es et au milieu de celles-ci passe une rigole transportant les eaux sales jusqu&#39;au bout du bloc 3, l&agrave; o&ugrave; le mur d&#39;enceinte s&eacute;pare le bidonville restant d&#39;un jardin public. La rigole &eacute;voque quelquefois un autre environnement ; c&#39;est ce qu&#39;a &eacute;voqu&eacute;, non sans humour et cynisme, l&#39;un des jeunes interview&eacute;s. Selon lui, le bruit des eaux sales descendant le long de la rigole recr&eacute;e une ambiance bucolique, rappelant selon lui celle d&#39;un petit <em>oued<\/em>. Ce fils illettr&eacute; de fquih reste la plupart du temps stationn&eacute; devant l&#39;entr&eacute;e de sa beraka, un poste radio-cassette de voiture (encastr&eacute; dans un beau cadre en bois et branch&eacute; &agrave; une vieille batterie automobile) tr&ocirc;ne &agrave; c&ocirc;t&eacute; de lui au milieu des quelques plantes vertes d&eacute;corant l&#39;entr&eacute;e de sa maison.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tAu bloc 3, les arbres ne sont pas nombreux et s&#39;ils existent, ils se situent dans l&#39;enceinte d&#39;une baraque ; pour le cas de l&#39;une d&#39;entre elles, par exemple, l&#39;arbre a constitu&eacute; le point central de la cour sur laquelle donnent deux autres baraques, c&#39;est-&agrave;-dire deux pi&egrave;ces, le tout serr&eacute; dans un espace domestique ne d&eacute;passant pas 20 m&egrave;tres carr&eacute;s. Il y a aussi quelques tentatives de d&eacute;coration v&eacute;g&eacute;tale; lierre, petits arbustes &agrave; fleurs, menthe et chiba n&eacute;cessaires &agrave; la confection du th&eacute;&#8230;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa partie sup&eacute;rieure du bloc 3, concomitante du bloc 16 o&ugrave; l&#39;implantation des habitants est maximale, est plus compacte que la partie inf&eacute;rieure o&ugrave; l&#39;am&eacute;nagement d&#39;ensemble est rare : &eacute;loignement des fontaines, des latrines et du lieu de ramassage des ordures m&eacute;nag&egrave;res, absence de peinture blanche sur la fa&ccedil;ade principale des baraques&#8230; La partie inf&eacute;rieure du bloc t&eacute;moigne d&#39;une sorte d&#39;abandon physique et moral de la part de ses habitants. Tout au bas du bloc, la derni&egrave;re baraque qui fait face au mur d&#39;enceinte est celle d&#39;un vieillard. Il y vend bougies, charbon, huile, sucre, cigarettes au d&eacute;tail et autres denr&eacute;es de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute; &agrave; la vie en bidonville. Le jour, il est vendeur et la nuit, il y dort tout seul. On le voit toujours au seuil de sa porte, entour&eacute; de quelques jeunes ch&ocirc;meurs qui aiment &agrave; le fr&eacute;quenter pour d&#39;interminables parties de dames.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tIci, l&#39;aspect ext&eacute;rieur de l&#39;habitat montre des raccords grossiers de grandes planches de bois ou de t&ocirc;le calfeutr&eacute;es par des mat&eacute;riaux annexes des plus h&eacute;t&eacute;roclites : fer blanc aplati de grosses boites de peinture, plastique de bidons d&#39;huile refa&ccedil;onn&eacute;&#8230; L&agrave;, c&#39;est un travail beaucoup plus achev&eacute;, plus syst&eacute;matique dans la fa&ccedil;on d&#39;assembler des plaques de t&ocirc;le qui rappelle celle des tuiles ; celui qui a construit cette baraque a fait manifestement preuve d&#39;un savoir-faire dans la construction. Pour les baraques qui donnent sur les ruelles pav&eacute;es (moins de 5 dans la partie inf&eacute;rieure du bloc 3), la plupart ont leur entr&eacute;e blanchie &agrave; la chaux. Dans cette partie du bidonville, les baraques &agrave; deux niveaux restent assez rares.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tDe mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, les baraques sont laides et d&eacute;labr&eacute;es. Apparemment leurs habitants ne veulent pas les entretenir ou les am&eacute;liorer. C&#39;est qu&#39;elles n&#39;ont pas &eacute;t&eacute; con&ccedil;ues par eux, d&#39;autant que les gens du bloc 3 sont en situation provisoire, m&ecirc;me si ce provisoire dure depuis pr&egrave;s de trois ans et qu&#39;il n&#39;est pas pr&ecirc;t de changer avant au minimum trois autres ann&eacute;es.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tSur la place principale du bloc 3, il y a une boutique en zinc qui fait office d&#39;&eacute;picerie. Tout pr&egrave;s de celle-ci, deux vendeurs ambulants ont leurs marques ; B&acirc; Boucha&iuml;b, cordonnier de son &eacute;tat, accessoirement vendeur de cigarettes, assis &agrave; l&#39;entr&eacute;e de sa baraque &#8211; la porte d&#39;entr&eacute;e savamment orn&eacute;e de lianes grimpantes, peinte en blanc, recouverte totalement de versets coraniques et surtout de devises en l&#39;honneur du Commandeur des croyants &#8211; et exposant un attirail des plus insolites, et un bossu qui vend sur &eacute;talage, cigarettes au d&eacute;tail et friandises.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tPas loin de l&agrave;, tout au bas du bloc 3, il y un grand jardin public. C&#39;est l&#39;ancienne zone bidonvilloise de Karyan Khalifa Ahmed d&#39;o&ugrave; les habitants ont d&eacute;m&eacute;nag&eacute; pour Moulay Rachid. Sur l&#39;ancien domaine du zinc, c&#39;est aujourd&#39;hui le r&egrave;gne des v&eacute;g&eacute;taux : arbustes divers et fleurs de toute sorte&#8230; Apparemment le geste des autorit&eacute;s publiques a &eacute;t&eacute; appr&eacute;ci&eacute;, vu qu&#39;ici la nostalgie des anciens bidonvillois est v&eacute;cue en harmonie avec l&#39;environnement actuel du site. Ainsi les anciens bidonvillois reviennent au jardin public, retrouvent l&#39;emplacement de leur baraque et &eacute;voquent des souvenirs. Quant &agrave; ceux qui restent en situation bidonvilloise, le jardin est per&ccedil;u comme un palliatif &agrave; l&#39;entassement dans les baraques. Plusieurs jeunes bidonvillois, interrog&eacute;s &agrave; propos du jardin public, affichent quelques notions de sp&eacute;culation fonci&egrave;re et immobili&egrave;re :&quot;quand le prix du terrain aura suffisamment augment&eacute;, le jardin public dispara&icirc;tra pour laisser la place aux immeubles&quot; entend-on assez souvent.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>7. El Massira <\/strong><br \/>\n\tApr&egrave;s un mois et demi d&#39;enqu&ecirc;te men&eacute;e &agrave; karyan Ben M&#39;sik, les entretiens semi-directifs furent poursuivis &agrave; karyan El Massira puis &agrave; hay Moulay Rachid. A El Massira, il y avait une particularit&eacute; ; trois des familles interview&eacute;es habitaient des logements en dur au sein du bidonville. L&#39;implantation de ces b&acirc;tisses &agrave; un ou deux niveaux, qui formait le quartier de Lahrawiyin, &eacute;tait ant&eacute;rieure &agrave; celle de Karyan El Massira. Le bidonville allait petit &agrave; petit entourer Lahrawiyin pour finalement l&#39;int&eacute;grer &agrave; son ensemble et d&eacute;sormais c&#39;&eacute;tait un seul et m&ecirc;me quartier. Tout comme leurs voisins des baraques, les habitants de Lahrawiyin ne b&eacute;n&eacute;ficient pas d&#39;&eacute;lectricit&eacute;, ni d&#39;eau courante (certains, &agrave; titre priv&eacute;, ont pu poser de sommaires installations). Tout comme les karyanistes, ils n&#39;ont pas de titre de propri&eacute;t&eacute; inscrit au registre foncier ; quelques-uns exhibent tout de m&ecirc;me un contrat coutumier (<em>&#39;urfi<\/em>), mais le terrain sur lequel est b&acirc;ti Lahrawiyin a &eacute;t&eacute; expropri&eacute; par l&#39;&Eacute;tat. Ce qui revient &agrave; classer Lahrawiyin comme un quartier d&#39;habitat &quot;clandestin&quot;.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes habitants de Lahrawiyin sont g&eacute;n&eacute;ralement propri&eacute;taires de leurs maisons, mais le syst&egrave;me locatif reste n&eacute;anmoins r&eacute;pandu ; on loue une pi&egrave;ce ou deux, voire un &eacute;tage de la maison &agrave; des personnes qui, pour la plupart, ont un commerce ou une activit&eacute; li&eacute;e au bidonville. Pour tenter de lutter contre certains de leurs probl&egrave;mes d&#39;habitat, les habitants de Lahrawiyin se sont regroup&eacute;s en une association d&#39;habitants : amener l&#39;eau courante et l&#39;&eacute;lectricit&eacute; et surtout faire &eacute;vacuer les d&eacute;tritus (provenant principalement des activit&eacute;s du march&eacute;) qui s&#39;amassent au-devant du seuil des maisons furent les principales revendications adress&eacute;es &agrave; la commune urbaine de Sidi Othman. Mais d&#39;apr&egrave;s ce qu&#39;en rapportent certains de ses membres, l&#39;association n&#39;a pas eu une vie tr&egrave;s active. Au bout de quelques temps, les habitants de Lahrawiyin se sont petit &agrave; petit d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;s de l&#39;association, &eacute;tant donn&eacute; qu&#39;ils avaient constat&eacute; certains abus de la part de ses principaux responsables. D&#39;autant que le probl&egrave;me des ordures engendr&eacute; par l&#39;activit&eacute; du march&eacute; reste entier. Avant l&#39;implantation du bidonville d&#39;El Massira, il y avait l&agrave; un vaste champ agricole o&ugrave; l&#39;on cultivait le ma&iuml;s, ce qui a fait dire plus tard aux habitants de Lahrawiyin, non sans humour que &quot;les graines de ma&iuml;s ont fait pousser le zinc &quot;.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tKaryan El Massira a lui aussi son projet de recasement, il est actuellement en voie d&#39;ach&egrave;vement. Les deux tranches du projet sont termin&eacute;es et les recas&eacute;s ont investi ces deux nouveaux quartiers, Massira I et II. Il reste &agrave; finir la r&eacute;alisation de la troisi&egrave;me et derni&egrave;re tranche du projet pour recaser la population bidonvilloise restante. Deux probl&egrave;mes restent pos&eacute;s ; qu&#39;en sera-t-il des habitants de Lahrawiyin et de la zone commerciale du Karyan ?\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tKaryan El Massira est entour&eacute; par la cit&eacute; Moulay Rachid (groupe 1 et 3) et un autre quartier en dur, Hay El Falah. La caract&eacute;ristique principale du bidonville est son grand souq et sa zone d&#39;activit&eacute;s. A ce propos, nous avons pu par nous-m&ecirc;mes constater l&#39;observation de Arrif selon laquelle &quot;la fr&eacute;quentation des commerces implant&eacute;s dans le bidonville d&eacute;passe largement les limites g&eacute;ographiques de celui-ci. Ils sont utilis&eacute;s, aussi par les riverains, habitant dans les quartiers en dur. Ce qui infirme l&#39;id&eacute;e d&#39;enclavement total du bidonville&quot; <strong><a href=\"\/reda\/#7%20Abdelmajid\" name=\"7\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"7\">7<\/a><\/strong>. La partie recouvrant les habitations ne b&eacute;n&eacute;ficie pas de ruelles pav&eacute;es ou d&#39;autres am&eacute;nagement de la sorte, les fontaines et les latrines sont encore plus rares que dans le grand bidonville de Ben M&#39;sik. Mais le probl&egrave;me qui est v&eacute;cu avec le plus d&#39;acuit&eacute; &agrave; El Massira, c&#39;est l&#39;&eacute;norme concentration de d&eacute;tritus engendr&eacute;s par le souq et la zone d&#39;activit&eacute;s ; des montagnes d&#39;immondices occupent parfois de grands espaces au sein du Karyan, des troupeaux de moutons y paissent, des enfants y jouent, les conditions les plus &eacute;l&eacute;mentaires de l&#39;hygi&egrave;ne publique y font cruellement d&eacute;faut&#8230;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>8. Moulay Rachid<\/strong><br \/>\n\tEntourant Karyan El Massira (de part et d&#39;autre de l&#39;avenue Driss Harti), se trouve la cit&eacute; Moulay Rachid qui couvre une superficie tr&egrave;s grande au sein de la commune urbaine de Sidi Othman. La cit&eacute; est actuellement divis&eacute;e en six groupes et l&#39;op&eacute;ration de recasement dite Moulay Rachid est loin d&#39;&ecirc;tre achev&eacute;e, &eacute;tant donn&eacute; que la troisi&egrave;me tranche du projet a &agrave; peine d&eacute;but&eacute; en 1989. Cette derni&egrave;re partie du programme Moulay Rachid viendra r&eacute;sorber le reste de la zone bidonvilloise de Karyan Ben M&#39;sik. Pour cette derni&egrave;re tranche de logements, l&#39;option des immeubles est d&eacute;finitivement retenue, ce qui ne va pas &ecirc;tre sans soulever d&#39;&eacute;normes probl&egrave;mes. En effet, les karyanistes interview&eacute;s se montrent tr&egrave;s r&eacute;ticents &agrave; l&#39;id&eacute;e du mode de vie en immeuble, fa&ccedil;on banlieue casablancaise.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tEn ce mois d&#39;ao&ucirc;t 1989, les travailleurs marocains &agrave; l&#39;&Eacute;tranger sont de retour, et le nombre de voitures en provenance de France, d&#39;Italie, de Belgique et d&#39;Hollande est impressionnant. Pas une rue de Moulay Rachid qui n&#39;accueille pas l&#39;une ou plusieurs d&#39;entre elles.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa cit&eacute; Moulay Rachid, bien que formellement construite, pr&eacute;sente les aspects d&eacute;sordonn&eacute;s d&#39;un chantier en perp&eacute;tuelle construction : c&#39;est une caract&eacute;ristique qui n&#39;est d&#39;ailleurs pas sp&eacute;cifique au milieu bidonvillois. Beaucoup de quartiers d&#39;habitat l&eacute;gal pr&eacute;sentent cet aspect d&#39;inachev&eacute; <strong><a href=\"\/reda\/#8%20%22\" name=\"8\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"8\">8<\/a><\/strong>.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tSi les &quot;logements embryonnaires&quot; <strong><a href=\"\/reda\/#9%20%22\" name=\"9\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"9\">9<\/a><\/strong> ont bien &eacute;t&eacute; fournis &agrave; la population concern&eacute;e, et que celle-ci s&#39;est h&acirc;t&eacute;e d&#39;en achever la finition (construction de l&#39;&eacute;tage), il n&#39;en reste pas moins que certains &eacute;quipements collectifs, qui &agrave; l&#39;origine devaient faire partie int&eacute;grante de la cit&eacute;, sont inexistants trois ans apr&egrave;s la deuxi&egrave;me tranche du recasement. De mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, ce sont les &eacute;quipements socioculturels (souq, hammam, four, mosqu&eacute;e, dispensaire,&#8230;) qui manquent aux habitants de la cit&eacute;. L&#39;&eacute;loignement de la cit&eacute;, cumul&eacute; au probl&egrave;me de l&#39;insuffisance des transports publics a mis &agrave; la marge de la ville et de la pr&eacute;fecture une population habituellement en contact avec d&#39;autres quartiers populaires de Casablanca. Il faut aller loin pour s&#39;approvisionner, cuire le pain au four, aller au hammam ou &agrave; la mosqu&eacute;e. Les concepteurs du projet Ben M&#39;sik viennent tout juste de construire des locaux pour magasins qu&#39;ils soumettent &agrave; des prix tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s (10.000 Dhs le m&egrave;tre carr&eacute; en 1989) pour pallier le manque de march&eacute;s d&#39;alimentation dans les diff&eacute;rents groupes de la cit&eacute;. Entre les groupes 5 et 3, une zone verte a &eacute;t&eacute; am&eacute;nag&eacute;e, et un stade de 25 000 places est actuellement en construction derri&egrave;re les facult&eacute;s de lettres et sciences.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLorsque l&#39;on parcourt la cit&eacute;, on remarque que la tr&egrave;s grande majorit&eacute; des maisons ont le premier niveau construit (pour un associ&eacute;, un locataire, une &eacute;cole ou un &quot;commerce&quot;, sinon pour le reste de la famille). Th&eacute;oriquement il &eacute;tait interdit d&#39;utiliser la terrasse ou d&#39;y amener un escalier, mais les habitants de la cit&eacute; ont manifestement contourn&eacute; cette directive jug&eacute;e irr&eacute;aliste pour non seulement investir le toit afin d&#39;y &eacute;tendre leur linge ou entreposer certains de leurs effets personnels, mais certains ne se sont pas g&ecirc;n&eacute;s outre mesure pour y am&eacute;nager une baraque en zinc.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>9. A la D&eacute;l&eacute;gation de l&#39;habitat, cellule Ben M&#39;sik <\/strong><br \/>\n\tLes bureaux de la d&eacute;l&eacute;gation r&eacute;gionale de l&#39;habitat se situent &agrave; l&#39;avenue Driss El Harti, en bordure du groupe 2 de Moulay Rachid, juste en face du bidonville El Massira. Contrastant nettement avec la facture luxueuse des b&acirc;timents de la pr&eacute;fecture situ&eacute;e pas tr&egrave;s loin de l&agrave;, ces sobres locaux administratifs accueillent l&#39;&eacute;quipe responsable du suivi des programmes d&#39;habitat de Moulay Rachid et El Massira. Des entretiens furent men&eacute;s avec deux responsables charg&eacute;s des deux op&eacute;rations en cours. Et durant les quinze derniers jours de l&#39;enqu&ecirc;te, nous pr&icirc;mes l&#39;habitude de nous rendre souvent &agrave; la cellule Ben M&#39;sik, chaque fois qu&#39;une complication administrative &eacute;tait soulev&eacute;e lors de nos entretiens avec les habitants. L&#39;amabilit&eacute;, la disponibilit&eacute; et la comp&eacute;tence des responsables de la cellule Ben M&#39;sik fut pour nous tr&egrave;s utile, surtout &agrave; la phase finale de notre enqu&ecirc;te. La pr&eacute;sentation des projets Ben M&#39;sik et El Massira est extraite des entretiens men&eacute;s avec deux responsables directement en contact avec les habitants bidonvillois.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>9.1 Le projet Ben M&#39;sik, un bilan d&#39;ores et d&eacute;j&agrave; contrast&eacute;<\/strong><br \/>\n\tC&#39;est &agrave; la cellule Ben M&#39;sik de suivre les diff&eacute;rentes op&eacute;rations en cours au sein de la pr&eacute;fecture. Pour le grand bidonville de Ben M&#39;sik, il avait &eacute;t&eacute; initialement pr&eacute;vu un projet de restructuration. A l&#39;origine de ce projet non abouti, il y eut une collaboration avec la Banque Mondiale. En 1979, cette institution d&eacute;p&ecirc;cha deux &eacute;missaires am&eacute;ricains charg&eacute;s de mener une enqu&ecirc;te pour &eacute;valuer les aspects techniques et sociaux d&#39;une restructuration de bidonville. Mais d&egrave;s le d&eacute;but du projet, les autorit&eacute;s marocaines se montr&egrave;rent r&eacute;ticentes quant au choix d&#39;une restructuration. Aussi, l&#39;occasion d&#39;un changement minist&eacute;riel survenu en 1982, le projet de restructuration est finalement abandonn&eacute; <strong><a href=\"\/reda\/#10%20Parmi\" name=\"10\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"10\">10<\/a><\/strong> pour laisser la place &agrave; un projet de recasement, motiv&eacute; essentiellement par des raisons d&#39;esth&eacute;tique architecturale. Le montage financier est alors assur&eacute; principalement par le C.I.H. et la C.D.G. <strong><a href=\"\/reda\/#11%20Ont\" name=\"11\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"11\">11<\/a><\/strong>. Cette derni&egrave;re devait &eacute;galement assurer le support comptable <strong><a href=\"\/reda\/#12%20En\" name=\"12\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"12\">12<\/a> <\/strong>de l&#39;op&eacute;ration Moulay Rachid.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tUne nouvelle enqu&ecirc;te est ordonn&eacute;e en 1982, et elle est men&eacute;e par la D&eacute;l&eacute;gation r&eacute;gionale de l&#39;habitat. Elle porte sur 12 056 familles bidonvilloises. A cette phase du projet, l&#39;ordre de priorit&eacute; dans l&#39;attribution des logements d&eacute;pend du paiement <strong><a href=\"\/reda\/#13%20Les\" name=\"13\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"13\">13<\/a><\/strong>. Cette fois-ci, il est d&eacute;fini comme imp&eacute;ratif de raser imm&eacute;diatement les blocs de baraques, une fois leurs habitants recas&eacute;s. La raison invoqu&eacute;e d&eacute;coule de l&#39;exp&eacute;rience men&eacute;e par exemple &agrave; Hay Mohammadi, o&ugrave; des baraques &eacute;tant rest&eacute;es sur les lieux malgr&eacute; un recasement de leurs habitants, elles furent &agrave; nouveau occup&eacute;es par d&#39;autres familles. L&#39;op&eacute;ration de recasement est supervis&eacute;e par un comit&eacute; de suivi, elle-m&ecirc;me pr&eacute;sid&eacute;e par le gouverneur de la pr&eacute;fecture (l&#39;un des principaux d&eacute;cideurs en l&#39;occurrence), la soci&eacute;t&eacute; semi-publique Tacharouk &eacute;tant charg&eacute;e en seconde phase de la construction de la cit&eacute;.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tConcernant la troisi&egrave;me et derni&egrave;re tranche de l&#39;op&eacute;ration Moulay Rachid (pr&eacute;vue pour fin 1992), il a &eacute;t&eacute; d&eacute;finitivement choisi la solution des immeubles de trois &eacute;tages. Et bien que la population concern&eacute;e ait clairement manifest&eacute; son refus pour une solution jug&eacute;e inadapt&eacute;e (esp&eacute;rant ainsi influer un changement d&#39;option), les d&eacute;cideurs, essentiellement localis&eacute;s &agrave; Rabat, ont malgr&eacute; tout maintenu leur choix. Les raisons avanc&eacute;es pour justifier la construction d&#39;immeubles invoquent une p&eacute;nurie de terrain au sein de la pr&eacute;fecture (un probl&egrave;me essentiellement foncier), conjugu&eacute;e avec un changement de donn&eacute;es du sch&eacute;ma directeur de la ville (d&#39;o&ugrave; un co&ucirc;t de construction plus &eacute;lev&eacute; que pr&eacute;vu). En dernier argument, on rappelle le fait que la premi&egrave;re tranche de Moulay Rachid n&#39;avait pas &eacute;t&eacute; une grande r&eacute;ussite au niveau architectural&#8230;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tPour les fonctionnaires de la d&eacute;l&eacute;gation r&eacute;gionale de l&#39;habitat, les aspects d&eacute;ficients des programmes d&#39;habitat prennent source en amont des projets; dans la sph&egrave;re des d&eacute;cideurs (&quot;il nous est difficile de savoir qui a pris la d&eacute;cision du choix des immeubles&quot; nous r&eacute;pond un responsable de la cellule Ben M&#39;sik <strong><a href=\"\/reda\/#14%20A\" name=\"14\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"14\">14<\/a><\/strong> <a name=\"14\" title=\"14\"><\/a>), mais aussi chez des concepteurs suffisamment &eacute;loign&eacute;s du terrain social pour multiplier les &eacute;checs <strong><a href=\"\/reda\/#15%20Ainsi\" name=\"15\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"15\">15<\/a><\/strong>: &quot;nous aspirons &agrave; ce qu&#39;un jour ce soit des Marocains qui con&ccedil;oivent les grands travaux d&#39;urbanisme au Maroc, de sorte que s&#39;il y ait des erreurs de projet, qu&#39;elles soient au moins les n&ocirc;tres, assum&eacute;es par notre propre subjectivit&eacute;&quot; sugg&egrave;re le m&ecirc;me responsable.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tSi, au niveau de la population, la pr&eacute;fecture de Ben M&#39;sik est la premi&egrave;re du pays, c&#39;est aussi la r&eacute;gion la plus d&eacute;favoris&eacute;e du point de vue du niveau de vie de ses habitants. La pr&eacute;fecture supporte ainsi beaucoup de charges (assainissement, adduction d&#39;eau) et ne per&ccedil;oit pas de recettes. D&#39;autant qu&#39;il a fallu embo&icirc;ter le pas aux changements d&#39;orientation du sch&eacute;ma directeur de Casablanca. C&#39;est ainsi qu&#39;il en a &eacute;t&eacute; des terrains destin&eacute;s aux bidonvillois qui ont, du coup, &eacute;t&eacute; r&eacute;serv&eacute;s en zone immeuble. Pour la derni&egrave;re tranche de Moulay Rachid, les karyanistes logeront en appartement. Le long de l&#39;avenue N et Driss El Harti, courra prochainement une cit&eacute; et un centre commercial, en fa&ccedil;ades des groupes 2, 3 et 4 de Moulay Rachid. C&#39;est-&agrave;-dire qu&#39;au moins trois groupes de Moulay Rachid n&#39;existeront probablement plus d&#39;ici une vingtaine d&#39;ann&eacute;es. A partir du nouveau projet immobilier, la sp&eacute;culation est pr&eacute;visible <strong><a href=\"\/reda\/#16%20Et%E9\" name=\"16\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"16\">16<\/a><\/strong>. Parce qu&#39;il s&#39;agit de financer la suite de l&#39;op&eacute;ration Moulay Rachid gr&acirc;ce &agrave; la vente des futurs appartements <strong><a href=\"\/reda\/#17...\" name=\"17\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"17\">17<\/a><\/strong> que va fournir la soci&eacute;t&eacute; Tacharouk, la combinaison de circonstance tient lieu de constante (choix entre maisons et immeubles, habitat du plus grand nombre et zone immeuble). De la sorte, il s&#39;agit de terminer la suite du projet Ben M&#39;sik (15 000 appartements pour quelques 6000 m&eacute;nages bidonvillois) et de mener en parall&egrave;le la suite des op&eacute;rations (avenues N et Driss El Harti) qui financeront le projet (les appartements de Moulay Rachid resteront toutefois propri&eacute;t&eacute; de Tacharouk).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLes enjeux urbanistiques de Ben M&#39;sik-Sidi Othman sont manifestes : de plus en plus &eacute;loign&eacute;s des conceptions de la population concern&eacute;e, ils sont le produit de besoins de plus en plus pr&eacute;cis, d&eacute;finis par une sph&egrave;re de concepteurs qui cr&eacute;e sa propre demande en mati&egrave;re d&#39;urbanisme. Parce qu&#39;au niveau du sch&eacute;ma directeur il a &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu une d&eacute;localisation du centre urbain, Ben M&#39;sik s&#39;urbanise (et rurbanise par empi&eacute;tement sur ses communes rurales), pour se transformer en un grand centre urbain. Son aspect artificiel reste patent, tant, jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent, les questions de niveau de vie et d&#39;emploi des habitants ont &eacute;t&eacute; minor&eacute;es par l&#39;urbanisme casablancais.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong>9.2. El Massira, op&eacute;ration r&eacute;ussie<\/strong><br \/>\n\tLe projet El Massira concerne quelques 4500 familles bidonvilloises. Il a consist&eacute; &agrave; recaser la population de karyan El Massira sur des terrains viabilis&eacute;s (un total de 4089 lots). Le projet a &eacute;t&eacute; programm&eacute; en trois temps. La premi&egrave;re tranche (Massira I) a &eacute;t&eacute; achev&eacute;e en octobre 1986, d&eacute;livrant 987 lots de terrains totalement attribu&eacute;s. La seconde tranche (Massira II) fut effective en f&eacute;vrier 1987, elle viabilisait 1519 lots de terrain eux aussi totalement attribu&eacute;s. En septembre 1989, la derni&egrave;re tranche &eacute;tait en cours de viabilisation, d&eacute;bouchant sur l&#39;octroi de 1983 lots. Elle devait &ecirc;tre pr&ecirc;te pour avril-mai 1990. Ici, le recasement a touch&eacute; deux zones du bidonville. La zone I, actuellement encombr&eacute;e de baraques, recouvrant deux types de zriba ; celles &agrave; usage d&#39;habitation, et celles &agrave; usage commercial. D&#39;o&ugrave; l&#39;un des deux grands probl&egrave;mes du projet El Massira : il n&#39;a rien &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu pour les 1600 commerces du bidonville, parce qu&#39;il y a p&eacute;nurie de terrain et qu&#39;aucun site n&#39;a &eacute;t&eacute; programm&eacute; &agrave; l&#39;intention des commer&ccedil;ants.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa zone II, quant &agrave; elle, a &eacute;t&eacute; &eacute;vacu&eacute;e pour mener les travaux d&#39;&eacute;quipement (assainissement, voirie, eau potable, &eacute;lectricit&eacute;). Une fois viabilis&eacute;e, la zone II accueillera les habitants de la zone I (b&eacute;n&eacute;ficiaires de 1222 lots, &agrave; l&#39;exception des propri&eacute;taires de baraques commerciales). Gr&acirc;ce &agrave; cette m&eacute;thode de viabilisation par roulement, la zone I sera par la suite &eacute;quip&eacute;e.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLe principal obstacle sur lequel bute le projet El Massira, c&#39;est l&#39;existence d&#39;un quartier en dur, dit Lahrawiyin, au sein de karyan El Massira. Sur l&#39;espace qu&#39;il recouvre, il a &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu 400 lots de terrains pour la troisi&egrave;me tranche de l&#39;op&eacute;ration. Et si ces terrains ne sont pas d&eacute;bloqu&eacute;s, l&#39;op&eacute;ration d&#39;El Massira risque de se trouver en d&eacute;ficit de lots. Certes, les propri&eacute;taires de Lahrawiyin poss&egrave;dent bien des contrats de propri&eacute;t&eacute; de type coutumier, ils ne sont toutefois pas d&eacute;tenteurs de titres fonciers individuels. D&#39;autre part, les terrains recouverts par les b&acirc;tisses de Lahrawiyin ont &eacute;t&eacute; expropri&eacute;s d&egrave;s 1975. D&#39;o&ugrave; la mont&eacute;e d&#39;un probl&egrave;me social qui risque de toucher directement plus de 280 m&eacute;nages sur quelques 170 logements <strong><a href=\"\/reda\/#18%20Lahrawiyin\" name=\"18\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"18\">18<\/a><\/strong>. Sur l&#39;ensemble d&#39;El Massira et Lahrawiyin<a href=\"\/reda\/#19%20Le\" name=\"19\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"19\"> <strong>19<\/strong> <\/a>, il faudra compter quelque cinq cents familles &quot;refoul&eacute;es&quot; de l&#39;op&eacute;ration. Mais contrairement &agrave; ce qui va se passer au bloc 3 de karyan Ben M&#39;sik, les familles b&eacute;n&eacute;ficieront tout de m&ecirc;me de lots de terrain. Compar&eacute; au projet Ben M&#39;sik qui lui n&#39;a rien pr&eacute;vu pour les familles exclues du recasement, voil&agrave; un des paradoxes entretenus par les concepteurs.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tLa seconde diff&eacute;rence, fondamentale, qui d&eacute;marque le quartier El Massira de celui de Moulay Rachid, c&#39;est l&#39;habitat lui-m&ecirc;me. Non pas tant par la superficie (60 m&egrave;tres carr&eacute;s), mais par sa r&eacute;partition (5 X 12 et 6 x 10 m&egrave;tres). A l&#39;instant de la cession des lots, l&#39;auto-construction d&eacute;marre: &agrave; partir d&#39;un plan (R + 1) d&eacute;livr&eacute; par la d&eacute;l&eacute;gation de l&#39;habitat, et b&eacute;n&eacute;ficiant d&#39;une simple assistance technique. Un d&eacute;lai de trois mois est impos&eacute; pour achever la construction du rez-de-chauss&eacute;e. Au niveau de l&#39;&eacute;tage, il a &eacute;t&eacute; autoris&eacute; d&#39;avoir acc&egrave;s &agrave; une terrasse, l&#39;&eacute;chec de Moulay Rachid en ce domaine ayant servi d&#39;exemple.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tPour les responsables de la d&eacute;l&eacute;gation, la r&eacute;ussite du projet d&#39;El Massira tient &agrave; un seul facteur : la part d&#39;auto-construction assur&eacute;e par les bidonvillois. Enfin, sur le plan esth&eacute;tique, Massira I et II sont totalement r&eacute;ussis.\n<\/p>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/div>\n<div align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/div>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\">\n\t<strong>Notes<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#1\" name=\"1 Rapport\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"1 Rapport\">1<\/a><\/strong> <em>Rapport pr&eacute;liminaire du projet de restructuration des bidonvilles de Ben M&#39;sik, Projet de restructuration des bidonvilles de Ben M&#39;sik,<\/em> Royaume du Maroc, minist&egrave;re de l&#39;habitat et de l&#39;am&eacute;nagement du territoire, D&eacute;l&eacute;gation R&eacute;gionale de Casablanca, juin 1979.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#2\" name=\"2 &quot;Des\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"2 &quot;Des\">2<\/a><\/strong> &quot;D&egrave;s que les circonstances s&#39;y pr&ecirc;tent, le chef de m&eacute;nage et sa famille quittent les fronti&egrave;res de la cit&eacute;, ces zones p&eacute;ri-urbaines mal desservies (&#8230;) pour s&#39;installer dans une baraque qui repr&eacute;sente le premier signe d&#39;une d&eacute;marche int&eacute;grationniste. Locataire ou propri&eacute;taire, l&#39;accession &agrave; la baraque et au bidonville repr&eacute;sente pour celui qui se pr&ecirc;te &agrave; cette &quot;ascension socioculturelle&quot; une promotion. Mais cette &eacute;tape risque d&#39;&ecirc;tre la derni&egrave;re de cette ascension, une impasse pour la majorit&eacute; des personnes.&quot; R. Escallier,<em> Citadins et espace urbain au Maroc,<\/em>C.N.R.S.-Universit&eacute; de Tours, fascicule de recherche n. 9, tome II, Tours, 1981, p. 271.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#3\" name=\"3 &quot;A\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"3 &quot;A\">3<\/a> <\/strong>&quot;A titre d&#39;exemple, l&#39;enqu&ecirc;te recensera les &quot;zribats&quot; et non les m&eacute;nages occupant celles-ci. (&#8230;) Les cons&eacute;quences d&#39;une telle d&eacute;marche sont dramatiques&quot;. Abdelmajid Arrif, <em>Le passage<\/em> <em>pr&eacute;caire&#8230; <\/em>, <em>op. cit&eacute;,<\/em> p. 120.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#4\" name=\"4 Durant\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"4 Durant\">4<\/a><\/strong> Durant le mois de septembre 1989, il y eut une &eacute;chauffour&eacute;e d&eacute;marr&eacute;e par une bagarre d&#39;adolescents, g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e entre les blocs 16 et 20. Ces deux blocs se trouvant face &agrave; face, s&eacute;par&eacute;s par une tr&egrave;s large avenue (anciennement zone de baraques) am&eacute;nag&eacute;e r&eacute;cemment. La circulation routi&egrave;re s&#39;y fait sur un c&ocirc;t&eacute; uniquement, l&#39;autre voie &eacute;tant constamment occup&eacute;e par les jeunes karyanistes pour des parties de football. La police essaya d&#39;intervenir, en vain. Et au tour d&#39;autres forces de la s&eacute;curit&eacute; de d&eacute;barquer en autobus, et l&agrave; ce furent des centaines de pav&eacute;s de la chauss&eacute;e lanc&eacute;s des deux c&ocirc;t&eacute;s de l&#39;avenue qui bombard&egrave;rent l&#39;autobus, ce qui le contraignit&agrave; quitter les lieux.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#5\" name=\"5 D'apr\u00e8s\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"5 D'apr\u00e8s\">5<\/a><\/strong> D&#39;apr&egrave;s les renseignements recueillis &agrave; la D&eacute;l&eacute;gation r&eacute;gionale de l&#39;habitat (cellule Ben M&#39;sik), les habitants regroup&eacute;s au bloc 3 repr&eacute;sentent au total 135 familles.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#6\" name=\"6 A\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"6 A\">6<\/a> <\/strong>A l&#39;&eacute;poque du protectorat fran&ccedil;ais, le khalifa Ahmed repr&eacute;sentait le principal interm&eacute;diaire entre les autorit&eacute;s fran&ccedil;aises et la population bidonvilloise. Une partie des habitants, install&eacute;e sur un vaste terrain lui appartenant, lui payait une taxe locative pour l&#39;emplacement des baraques. Par la suite, cette pratique fut abandonn&eacute;e, Khalifa Ahmed allant m&ecirc;me jusqu&#39;&agrave; construire une mosqu&eacute;e, un hammam et un cin&eacute;ma destin&eacute;s aux karyanistes. Le personnage, lorsqu&#39;il est &eacute;voqu&eacute; par les habitants, reste g&eacute;n&eacute;ralement respect&eacute;, m&ecirc;me si l&#39;on rappelle volontiers que durant la r&eacute;sistance arm&eacute;e, la suspicion de collaboration a longtemps pes&eacute; sur lui.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#7\" name=\"7 Abdelmajid\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"7 Abdelmajid\">7<\/a><\/strong> Abdelmajid Arrif, <em>Le passage pr&eacute;caire&#8230; op. cit&eacute;<\/em>, p.57.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#8\" name=\"8 &quot;\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"8 &quot;\">8<\/a> <\/strong>&quot;&#8230; le caract&egrave;re inachev&eacute; des quartiers l&eacute;gaux, de leurs infrastructures, et certains dysfonctionnements des services mettent clairement en &eacute;vidence la difficult&eacute; d&#39;atteindre certains objectifs jusque dans les secteurs les plus &quot;contr&ocirc;l&eacute;s&quot; de la ville&quot;. F. Navez-Bouchanine, <em>Mod&egrave;le d&#39;habiter et crise de l&#39;urbain : la situation vue &agrave; partir du Maroc in<\/em> Espaces et soci&eacute;t&eacute;s, n. 65, n. 2, Paris, l&#39;Harmattan, 1991, p. 87.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#9\" name=\"9 &quot;\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"9 &quot;\">9<\/a><\/strong> &quot;La surface des parcelles est de 60 m2 qui doivent recevoir une construction &agrave; deux niveaux, de 50 m2 de plancher chacun (&#8230;) Le logement r&eacute;alis&eacute; dans le cadre du projet est un logement embryonnaire d&#39;une superficie couverte de 28 m2 (2 pi&egrave;ces et d&#39;une salle d&#39;eau). L&#39;extension horizontale et verticale est laiss&eacute;e au soin de l&#39;acqu&eacute;reur.&quot; <em>Hay Moulay Rachid, une ville nouvelle pour la r&eacute;sorption du bidonville de Ben M&#39;sik, <\/em>Conf&eacute;rence donn&eacute;e par le Ministre de l&#39;Habitat et de l&#39;Am&eacute;nagement du territoire le 28 novembre 1983 &agrave; Ben M&#39;sik Sidi Othman, <em>op. cit&eacute;,<\/em> p. 10 et 11.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#10\" name=\"10 Parmi\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"10 Parmi\">10<\/a><\/strong> Parmi les quatre grands projets avanc&eacute;s pour la restructuration de bidonvilles au Maroc, seul celui de Ben M&#39;sik a &eacute;t&eacute; refus&eacute;. La Banque Mondiale avait n&eacute;anmoins maintenu ses propositions pour d&#39;autres villes : Rabat (Douar Doum), Kenitra (Saknia), Meknes (Bordj Moulay Omar). Dans la conception de la Banque Mondiale, les projets d&#39;habitat devaient assurer en tout premier lieu des projets d&#39;emploi, son but principal &eacute;tant de promouvoir le niveau de vie des habitants.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#11\" name=\"11 Ont\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"11 Ont\">11<\/a><\/strong> Ont &eacute;galement particip&eacute; au financement la C.B.M., le P.B.M. .\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#12\" name=\"12 En\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"12 En\">12<\/a> <\/strong>En 1982, le nouveau ministre de l&#39;habitat &eacute;tait en m&ecirc;me temps directeur de la C.D.G. .\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#13\" name=\"13 Les\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"13 Les\">13<\/a><\/strong> Les familles qui ne paient pas ne peuvent avoir droit au logement. D&#39;autre part, les familles ne pouvant pr&eacute;senter les divers documents demand&eacute;s par le C.I.H. et la conservation fonci&egrave;re (par exemple, dans le cas d&#39;un d&eacute;c&egrave;s du chef de famille) se voient alors suspendues de l&#39;op&eacute;ration de recasement. De la sorte, sur les deux tranches de l&#39;op&eacute;ration de recasement, 135 familles n&#39;ont pu &ecirc;tre recas&eacute;es et r&eacute;sident provisoirement au bloc 3 de karyan Ben M&#39;sik, tandis que 6885 familles ont emm&eacute;nag&eacute; dans la nouvelle cit&eacute;.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#14\" name=\"14 A\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"14 A\">14<\/a> <\/strong>A la question de savoir comment pourront loger deux familles associ&eacute;es dans un seul appartement, le m&ecirc;me responsable, quoique parfaitement conscient du probl&egrave;me, nous r&eacute;pond qu&#39;officiellement l&#39;op&eacute;ration Ben M&#39;sik est charg&eacute;e de fournir des logements, et en aucun cas de consid&eacute;rer le type de strat&eacute;gie qui permette l&#39;acc&egrave;s au logement. Cette aspect important du recasement, pr&eacute;cise-t-il, est du ressort de l&#39;organisme financier Cr&eacute;dit Immobilier et H&ocirc;telier (C.I.H.) charg&eacute; du paiement des nouveaux logements.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#15\" name=\"15 Ainsi\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"15 Ainsi\">15<\/a> <\/strong>Ainsi observ&eacute; en 1985 dans la commune de Sidi Moumen un boulevard ext&eacute;rieur &agrave; deux voies dont la construction est brusquement interrompue&#8230; Pour en saisir la raison il suffit de lever les yeux sur un grand pyl&ocirc;ne &agrave; haute tension plant&eacute; en plein axe du boulevard. Ainsi en d&eacute;finissant sur le sch&eacute;ma directeur cette voie de circulation menant &agrave; Tit Mellil, l&#39;&eacute;quipe de l&#39;architecte parisien Pinseau n&#39;avait pas connaissance de l&#39;existence &agrave; cet endroit d&#39;une ligne de haute tension. De m&ecirc;me, on peut d&eacute;plorer la faiblesse de l&#39;ordonnancement architectural des fa&ccedil;ades du boulevard principal menant &agrave; la pr&eacute;fecture, dans un style incertain (faussement traditionnel, faussement moderne).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#16\" name=\"16 Et\u00e9\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"16 Et\u00e9\">16<\/a><\/strong> &Eacute;t&eacute; 1989, on signalait une maison &agrave; Moulay Rachid dont le prix de vente atteignait 300 000 Dhs.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#17\" name=\"17...\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"17...\">17<\/a> <\/strong>&#8230;destin&eacute;s &agrave; des couches moyennes, et plus particuli&egrave;rement &agrave; une majorit&eacute; de locataires de Hay El Salama qui verra son quartier (proche de la pr&eacute;fecture) d&eacute;truit en bonne partie pour restructuration.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#18\" name=\"18 Lahrawiyin\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"18 Lahrawiyin\">18<\/a><\/strong> Lahrawiyin en 1988 ; 113 m&eacute;nages propri&eacute;taires, 165 m&eacute;nages locataires et 7 sous-locataires.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t<strong><a href=\"\/reda\/#19\" name=\"19 Le\" style=\"font-weight: bold; color: #4d6aba;\" title=\"19 Le\">19<\/a> <\/strong>Le projet El Massira comprend &eacute;galement la fourniture d&#39;&eacute;quipements socio-culturels&#8230; Four, hammam, mosqu&eacute;e et maison des jeunes.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"color: #000000; text-align: justify;\">\n\tExtraits de R&eacute;da Benkirane, <em>Bidonville et recasement, modes de vie &agrave; karyan Ben M&#39;sik (Casablanca), <\/em>Institut Universitaire d&#39;&Eacute;tudes du D&eacute;veloppement (IUED), Universit&eacute; de Gen&egrave;ve, 1993, 200 pages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bidonville et recasement, modes de vie &agrave; karyan Ben M&#39;sik (Casablanca) Enqu&ecirc;te &agrave; Karyan Ben M&#39;sik Chapitre premier &nbsp; 1. Une micro-g&eacute;ographie de l&#39;espace bidonvillois Les informations statistiques recueillies sur le milieu bidonvillois au Maroc sont, soit g&eacute;n&eacute;rales (les zones d&#39;habitat clandestin sur l&#39;ensemble du Maroc, couvrant &eacute;galement d&#39;autres formes &#8230; <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/reda.archipress.org\/?page_id=327\"> Continue reading<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":292,"menu_order":9,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-327","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/327","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=327"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/327\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/292"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/reda.archipress.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=327"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}